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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

9e symphonie de Mahler par l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Daniel Harding au Théâtre des Champs-Élysées, Paris

Mahler chauffé à blanc

Plus proche du cataclysme que du lyrisme à fleur de peau, la 9e symphonie de Mahler défendue par la baguette de Daniel Harding à la tête de l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde au Théâtre des Champs-Élysées n'en offre pas moins une vision impressionnante de réalisme exacerbé.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 16/01/2007
Michel LE NAOUR
 



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  • Le chef britannique Daniel Harding a l'art de faire souffler le chaud et le froid, et ses concerts peuvent être tantôt la meilleure tantôt la pire des choses bien qu'il soit précédé depuis une dizaine d'années d'une réputation flatteuse liée à la fréquentation d'Abbado et de Rattle dont il fut l'assistant. On l'attendait donc au tournant dans la 9e symphonie de Mahler, face à une partition d'une dimension expressionniste où tout faux pas peut faire sombrer l'édifice.

    Il y eut Bruno Walter qui créa l'oeuvre à Vienne le 26 juin 1912, un an après la mort du compositeur ; il y eut aussi Otto Klemperer, autre disciple de Mahler mais également John Barbirolli, Jascha Horenstein, Leonard Bernstein, Herbert von Karajan, Carlo-Maria Giulini, et quelques rares autres qui ont montré les voies à suivre. Harding allait-il tracer son sillon face à de tels devanciers, véritables figures de Commandeur ?

    À vrai dire, sans convaincre toujours, il réussit une prouesse qui lui est facilitée par la pâte sonore, la densité de son et l'aération des pupitres d'une Staatskapelle de Dresde portée à l'incandescence virtuose. Plus soucieuse de démonstration orchestrale que d'intériorité, la direction d'Harding se fait un peu hésitante dans l'Andante commodo initial où les ruptures de ton accusent une difficulté à souder la grande arche, à unir, comme dans le premier mouvement de la 9e de Beethoven, des éléments en apparence disparates mais bien plus homogènes qu'il n'y paraît.

    Beaucoup plus à son aise dans le Scherzo, le jeune chef impressionne par sa capacité à animer, avec un sens narratif qui trouve encore mieux à s'exprimer dans un Rondo-Burleske fouetté à vif et creusé au burin comme une eau-forte de Goya, avec d'impitoyables accents assénés tels des coups de gong qui prennent à la gorge et ne vous lâchent plus, comme une danse de mort. L'extrême vélocité des Dresdois, aux cordes sombres, à la plénitude sonore intense, tendue jusqu'au bord de la rupture, est un atout indéniable.

    En revanche, l'Adagio terminal, parfait de ligne et de sonorité, demeure très extérieur et n'atteint pas sa cible. Plus pensé que vécu ? sans doute les années apporteront ces sentiments de douleur et de poésie raréfiée qui manquent ici ?, il ne réussit pas à envoûter et captiver jusqu'au silence hors du temps qui conclut l'oeuvre. Il n'en reste pas moins un grand moment d'orchestre qui convainc par sa vision emportée et sarcastique, plus que par sa capacité à toucher au plus profond de l'âme.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 16/01/2007
    Michel LE NAOUR

    9e symphonie de Mahler par l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Daniel Harding au Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 9 en ré majeur (1909)

    Orchestre de la Staatskapelle de Dresde
    direction : Daniel Harding

     


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