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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2020

La Walkyrie de Richard Wagner au Grand Théâtre de Genève

Wotan tout de hargne et de faiblesse
© Carole Parodi

La nouvelle production du Ring déployée sur quatre ans tient ses promesses. Le deuxième volet de la Tétralogie mise en scène par le tandem Moshe Leiser-Patrice Caurier et dirigée par Armin Jordan fait la part belle à une humanité remise à nu.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 06/05/2000
Sylvie BONIER
 



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  • Après les magnifiques envolées baroquisantes de la dernière scène de l'Or du Rhin lors de la saison passée, le Ring genevois aborde aujourd'hui sa première journée en se recentrant sur les personnages et sur les projections intimes d'une histoire où le symbole règne en maître. Personne ne pourra reprocher au couple de metteurs en scène de s'être ainsi penché sur les résonances intérieures d'un sujet si vaste. Pierre Strosser l'a fait avant eux, et de façon bien plus radicale. Ici, on pénètre dans l'âme humaine en s'appuyant sur les formidables décors de Christian Fenouillat, qui tend des ponts entre les mythes et l'actualité. Du hangar désaffecté dévoré par la guerre, à l'immense table de banquet de Dieux en tenue de soirée pour finir sur un plateau rocheux entouré d'un vide vertigineux, la suggestion des différents mondes est très maîtrisée. Dans cet environnement où l'action peut aisément évoluer entre onirisme et réalité, c'est l'exceptionnel Wotan d'Albert Dohmen qui domine une distribution de grande tenue. Rarement ce rôle aura été assumé avec tant de hargne et de faiblesse, réunies dans un tel abattage théâtral. Chaque mot prend sens dans un rapport idéal entre le " sprechgesang "(parlé-chanté) et le chant, de façon aussi concrète qu'une figure de Janus. Il semble difficile d'aller plus au fond des affres affectifs, plus près des limites de la raison. Le baryton- basse allemand crache son impuissance et sa solitude sur une voix d'une incroyable noirceur, minérale et métallique tout à la fois. La Fricka tyrannique de Sally Burgess se range du même côté. Implacable, elle manie l'aigu comme une arme, mais elle sait en tempérer le tranchant par le charme de son médium. Il s'ensuit que la mezzo britannique est une saisissante déesse autant qu'une bourgeoise infernale. Le beau couple Siegmund-Sieglinde de Poul Elming et Tina Kiberg, la Brünnhilde fière et émotive de Janice Baird, le Hunding sépulcral de Aage Hauglang et les dynamiques Walkyries sont portés par un OSR qu'Armin Jordan dirige dans un souci de fluidité et de légèreté qui confirme les intentions de la mise en scène. On reste là, définitivement, entre humains.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 06/05/2000
    Sylvie BONIER

    La Walkyrie de Richard Wagner au Grand Théâtre de Genève
    La Walkyrie de Richard Wagner
    Direction musicale : Armin Jordan.
    Mise en scène : Patrice Caurier et Moshe Leiser.
    Avec Brünnhilde : Janice Baird et Karen Huffstodt. Siegliende : Tina Kiberg. Fricka : Sally Burgess. Helmwige : Valérie Millot. Gerthilde : Sylvie Pons. Ortlinde : Penelope Thorn. Waltraude : Hanna Schaer. Schwertleite : Sondra Kelly. Siegrunde : Christiane Hiemsch. Grimgerde : Sibyl Zanganelli. Rossweisse : Viktoria Vizin. Siegmund : Poul Elming. Wotan : Albert Dohmen. Hundig : Aage Haugland.

     


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