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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoűt 2019

Reprise de la Périchole d'Offenbach dans la mise en scène de Jérôme Savary à l'Opéra-Comique, Paris.

Savary's folies
© S. Alvarez

L'opérette est décidément tendance. Après le piètre Chanteur de Mexico et un discutable Candide au Châtelet, revoici la délirante Périchole de Savary. Présentée en 2000, elle aurait, aux dires du maître des lieux, sauvé l'Opéra-Comique de la faillite. Offenbach semble à nouveau parti pour le succès si on en juge par l'applaudimètre de la première.
 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 27/01/2007
Nicole DUAULT
 



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  • L'opĂ©rette d'Offenbach la PĂ©richole, sous-titrĂ©e « la chanteuse et le dictateur Â» est une adaptation très libre, fantasque, anti-conformiste, dĂ©bridĂ©e et sans autre prĂ©tention que d'amuser. Elle est signĂ©e par un JĂ©rĂ´me Savary qui dĂ©montre que le Grand Magic Circus, quarante ans après, n'est pas mort. Pas de relecture cinĂ©matographique ou vidĂ©o tellement Ă  la mode aujourd'hui. Savary utilise le bon vieux carton-pâte, un grand escalier style Folies Bergère et situe l'action dans une dictature sud-amĂ©ricaine de fantaisie.

    Le Caudillo (Patrick Rocca) ressemble Ă  un Hitler matinĂ© de Charlot et de Groucho Marx. Piquillo, le chanteur des rues, est une copie conforme d'Elvis. Le rock, le jazz, et mĂŞme le rap se mĂŞlent en un dĂ©tonnant pot-pourri Ă  la partition d'Offenbach. MalgrĂ© le dynamisme de GĂ©rard Daguerre – auteur de ce melting pot –, l'orchestre, formĂ©, dit-on, de musiciens venus de bonnes formations parisiennes et baptisĂ© le « Poco Â», est en effet bien peu de chose. La PĂ©richole (Marie-StĂ©phane Bernard) a une voix charmante mais assez mal placĂ©e que la sonorisation, trop forte, n'embellit guère. Une interprète en revanche brĂ»le les planches, Sabine Jeangeorges, Ă©patante aussi bien vocalement que scĂ©niquement en Guadalena, la première des trois cousines.

    Malgré certains défauts, voici un divertissement plus music-hall et cabaret qu'opérette, mais où du moins il se passe quelque chose. On sent frémir la magie d'un spectacle avec des ensembles parfaitement rodés, des danseuses de cancan époustouflantes et un enthousiasme communicatif. On sent la patte d'un metteur en scène qui sait faire bouger et vivre ses interprètes à un rythme d'enfer. Pour sa dernière saison au Comique, Savary poursuit son festival de succès.

    Le prochain spectacle en avril sera une autre reprise, celle de Joséphine. L'hommage à Josephine Baker sur fond d'inondations en Louisiane est certainement l'une des plus poétiques évocations qu'ait inventées Savary. Le final, l'été venu, devrait avoir les couleurs de Carmen. Pas une Carmen habituelle, mais Carmen 2 : Savary a imaginé une suite à l'histoire de la cigarière qui, raconte-t-il, a feint d'être poignardée par Don José et poursuit en réalité une nouvelle existence... encore plus rocambolesque, sur la musique authentique et sans adaptation de Bizet. Une manière rigolote de célébrer, dans la salle où il fut créé voilà cent trente-deux ans, l'opéra le plus joué au monde.

    Dans les belles sixties, il était bon de répéter que l'imagination était au pouvoir. Savary en déborde, toujours accompagné par un public qui a vécu les mêmes enthousiasmes humoristiques que lui. Après le départ de Savary, que deviendra l'an prochain ce public qui a redonné vie à la salle Favart et au quartier ?




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 27/01/2007
    Nicole DUAULT

    Reprise de la Périchole d'Offenbach dans la mise en scène de Jérôme Savary à l'Opéra-Comique, Paris.
    Jacques Offenbach (1819-1880)
    La Périchole, ou la chanteuse et le dictateur, opéra-bouffe en trois actes (1874)
    Livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy d'après Prosper Mérimée
    Adaptation de JĂ©rĂ´me Savary et GĂ©rard Daguerre

    Orchestre Poco
    direction : GĂ©rard Daguerre
    mise en scène et décors : Jérôme Savary
    costumes : Michel Dussarrat

    Avec :
    Marie-Stéphane Bernard (la Périchole), Martial Defontaine (Piquillo), Patrick Rocca (Don Andrès), Frédéric Longbois (Panatellas), Denis Brandon (Don Pedro), Sabine Jeangeorges (Guadalena), Nina Savary (Berginella), Ariane Pirie (Mastrilla).

     



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