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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Concert de l'Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg sous la direction de Yuri Temirkanov, avec la participation de la violoniste Sayaka Shoji à la salle Pleyel, Paris.

Savoir-faire symphonique
© Jaydie Putterman

Maître de l'Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg depuis 1988, le chef russe Yuri Temirkanov apporte à la salle Pleyel la preuve de son immense savoir-faire dans une 1re symphonie de Mahler proche de l'esprit de Chostakovitch, mais aussi quand il accompagne la violoniste japonaise Sayaka Shoji, plus technicienne que lyrique, dans le 1er concerto de Prokofiev.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 20/02/2007
Michel LE NAOUR
 



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  • La venue à Paris de l'Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg et de son chef Yuri Temirkanov est toujours un événement. Leur prestation, salle Pleyel, est à l'image de ce que l'on attendait. La Symphonie classique de Prokofiev n'a plus aucun secret pour eux tant la connivence préside à une interprétation souple qui se permet même de légers rubato dans la Gavotte, avec une virtuosité dans le Finale à couper le souffle ? perfection des archets, justesse absolue, profondeur des basses, ironie des bois et des cuivres.

    Il en va de même de l'écrin fourni à la jeune violoniste Sayaka Shoji, 24 ans et victorieuse du Concours Paganini de Gênes en 1999, dans le 1er concerto pour violon du même compositeur. Attentif à ne jamais gêner la soliste par une présence trop insistante, débridant l'orchestre dans les tutti, Temirkanov ne peut toutefois éviter une certaine brutalité, des attaques râpeuses et trop mordantes (Scherzo) de la soliste qu'accentue notre proximité ? quatrième rang d'orchestre ? par rapport à la scène.

    Incontestablement, cette interprète non dénuée de talent et souvent invitée à jouer à Saint-Pétersbourg ne manque ni de puissance d'intonation, ni de technique ? le bis consacré au 2e prélude de Reger le confirme ?, ni même parfois de fulgurance (Finale et Molto vivace) mais ne laisse pas une trace indélébile sur cette oeuvre.

    On était très curieux en revanche d'entendre, une fois pris de la hauteur, au premier balcon, ce que Temirkanov ferait de la 1re symphonie de Mahler, qui n'appartient pas à son arbre généalogique. Confronté à une partition qui mélange les styles au mépris des règles de la convention, des habitudes, et qui réalise une synthèse idéale de rêve, de drame, de veine populaire, le chef néglige la dimension viennoise transmise entre autres par Bruno Walter au profit d'une vision brillante et tendue où l'esprit de Chostakovitch souffle parfois.

    Un Mahler très architecturé

    Unies comme un seul homme, les forces de la Philharmonie de Saint-Pétersbourg, au complet, avec des basses ronflantes, des bois rustiques, des cuivres à soulever les montagnes, imposent une lecture sans concession, très architecturée (forme sonate du premier mouvement) mais pourtant bruissante de vie (l'esprit de la Nature), de causticité (Kräftig, Bewegt), de lenteur calculée (troisième mouvement avec une contrebasse ample entonnant la chanson populaire Frère Jacques) et de déploiement de puissance.

    Dans une certaine mesure, Chostakovitch se substitue à l'héritage du Berlioz de la Symphonie fantastique. Sans posséder toujours la même authenticité typiquement slave que l'on a connue jadis, l'Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg conserve cette qualité de son sui generis qui le différencie des phalanges plus standardisées.

    Pour conclure, l'extrait (Nimrod) des Variations Enigma d'Elgar apporte cette touche de poésie à fleur de peau qui, dans la péroraison, fait frémir par l'intensité du geste. On est bien conscient que le chef, sans démonstration outrancière et à mains nues, modèle avec sensualité la pâte dont est constituée la texture de cette formation légendaire.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 20/02/2007
    Michel LE NAOUR

    Concert de l'Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg sous la direction de Yuri Temirkanov, avec la participation de la violoniste Sayaka Shoji à la salle Pleyel, Paris.
    Sergueï Prokofiev (1891-1953)
    Symphonie n° 1 en ré majeur op. 25 « classique » (1918)

    Concerto pour violon et orchestre n° 1 en ré majeur, op. 19 (1917)
    Sayaka Shoji, violon

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 1 en ré majeur « Titan » (1888)

    Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg
    direction : Yuri Temirkanov

     


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