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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert du Melbourne Symphony Orchestra sous la direction d'Oleg Caetani, avec la participation de la violoniste Sarah Chang au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L'orchestre des antipodes

Oleg Caetani

On attendait avec impatience et une certaine curiosité cette première apparition du Melbourne Symphony Orchestra en France, réputation flatteuse aidant. Bilan très positif à l'arrivée, grâce notamment à la direction du fils de l'illustre Igor Markevitch et dans un programme russe mettant parfaitement en valeur les qualités de cet orchestre des antipodes.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 20/01/2007
Yutha TEP
 



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  • La venue du Melbourne Symphony Orchestra avait de quoi réduire à néant quelques préjugés et secouer utilement tout ethnocentrisme européen mal placé. Le fait historique tout d'abord : le MSO fête cette année son centenaire et a vu défiler à la baguette des chefs illustres tels que Mariss Jansons, Charles Mackerras ou Marcello Viotti. Son chef permanent et directeur artistique actuel n'est pas non plus un inconnu, Oleg Caetani n'étant autre que le fils d'Igor Markevitch. L'ombre de ce père illustre ne plane que modérément sur ce chef dont la manière, racée et élégante, cultive précision et lisibilité, plus que bourrasque et fracas ? ce qui n'exclut pas une vivacité toujours parfaitement tenue.

    La formation australienne est, à cet égard, un outil idéal. Discipline d'une solidité évidente, définition limpide des timbres et luminosité générale des sonorités ? les vents, en particulier, ne méritent que des éloges ?, elle montre tout au long de la soirée qu'elle peut sans crainte se mesurer aux orchestres européens ou américains.

    Dans Amphiteatre de l'Australien Brett Dean, né en 1961 et ancien altiste de l'orchestre, ses textures limpides trouvent à s'employer efficacement. La composition en elle-même ne recèle pas de fulgurances particulières, mais témoigne d'un solide métier et de cette tradition symphonique propre aux pays anglo-saxons.

    Cette transparence et cette précision conviennent parfaitement à la manière de Sarah Chang dans le 1er concerto pour violon de Chostakovitch. La violoniste a gravé cette oeuvre honorable avec Simon Rattle et Berlin chez EMI mais ce que le disque parvient à masquer, l'épreuve du concert l'expose : dans cette pièce créée par David Oïstrakh en 1955, c'est tout simplement l'impact physique de l'archet qui fait défaut, notamment dans l'immense cadence de la Passacaille.

    On sait cependant gré à cette belle artiste de ne jamais chercher à tricher, affrontant avec ses armes propres une page dont elle parvient, in extremis, à restituer la puissance expressive. Oleg Caetani n'a pas tenté, à bon escient, de diriger à l'encontre de sa soliste, soignant le détail, retenant la dynamique de son orchestre pour ne pas nuire au violon solo.

    Articulations cinglantes et raffinement sonore

    Dans le Sacre du Printemps, l'échelle dynamique se développe soudainement, sans cependant déployer les paroxysmes des chefs les plus virulents, y compris Igor Markevitch. La cohésion du MSO permet des articulations cinglantes qui ne nuisent jamais à la mise en place des plans sonores, les difficultés rythmiques étant surmontées avec une aisance remarquable.

    La gestique est à la hauteur du raffinement sonore, avec un bras droit d'une stabilité absolue. Si Oleg Caetani ne déjoue pas tout à fait le piège que représente le début de la Danse sacrale et sa placidité difficile à animer ? d'autres baguettes prestigieuses s'y sont égarées ?, on ne peut que louer la clarté d'un discours musical toujours intéressant et limpide.

    Grand succès public à l'arrivée et belle leçon d'orchestre qui pourrait servir de modèle à bien des formations du Vieux Monde.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 20/01/2007
    Yutha TEP

    Concert du Melbourne Symphony Orchestra sous la direction d'Oleg Caetani, avec la participation de la violoniste Sarah Chang au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Brett Dean (*1961)
    Amphitheatre

    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Concerto pour violon et orchestre n° 1 op. 77
    Sarah Chang, violon

    Igor Stravinsky (1882-1971)
    Le Sacre du printemps

    Melbourne Symphony Orchestra
    direction : Oleg Caetani

     


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