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CRITIQUES DE CONCERTS 17 décembre 2018

Deuxième Symphonie de Mahler par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Sir Simon Rattle à la salle Pleyel, Paris.

Le grand retour des Berliner
© Emi Classics

Absents de la scène parisienne depuis 2002, date de fermeture de Pleyel pour travaux, les Berliner Philharmoniker et Rattle font leur grand retour dans l'unique salle de la capitale ayant leurs faveurs, avec une Résurrection de Mahler de premier ordre, terminée par une péroraison parmi les plus transcendantes qui se puissent imaginer.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 04/03/2007
Yannick MILLON
 



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  • Enfin, les mythiques Berliner Philharmoniker de retour à Paris, dans la nouvelle salle Pleyel ! L'événement est tel que jusqu'à l'avenue Hoche, les cartons « cherche une place » fleurissent et que règne dès le trottoir de la rue du Faubourg Saint-Honoré une atmosphère particulière, entre attente impatiente et électricité. Sir Simon Rattle avait pris congé des Parisiens sur la Cinquième de Mahler en octobre 2002, il fait cette fois son come-back dans la même salle avec la monumentale Deuxième Symphonie.

    Premier constat : plus les années passent, plus le Philharmonique de Berlin semble avoir définitivement rompu avec le son Karajan, déjà entamé sous le règne d'Abbado. Si les tutti restent impressionnants, si les basses peuvent sporadiquement ronfler à la manière d'antan, le grave de l'orchestre est devenu aussi clair et nettement défini que les aigus, traité avec le même soin et la même finesse. Exeunt les noires secousses tectoniques karajanesques, Rattle a visiblement finalisé un lifting spectaculaire. Chacun appréciera selon ses goûts la disparition de cette spécificité berlinoise si marquante jusqu'à la fin des années 1980.

    Cela dit, même si les sonorités de l'orchestre ont tendance à se standardiser – seuls Amsterdam et Vienne sont restés imperméables à une manière d'uniformisation mondiale –, la formation allemande reste un modèle. Ces cordes à l'électricité, à la densité et à la tension incomparables, entre acier trempé et lave en fusion, ces cuivres amples et pénétrants laissent toujours pantois. Pour autant, les Berliner ne sont pas des machines, et affichent humainement ce soir quelques couacs et un cymbalier peu précis.

    Mais revenons à la Deuxième Symphonie de Mahler, à laquelle Rattle confère une largeur, une lenteur globale dans les volets extrêmes que traversent de soudains élans. Très analytique, nerveuse sans contredire l'assise du tempo, cette lecture attentive à faire entendre un maximum de détails parvient dans le même temps à maîtriser la grande arche d'une partition fleuve d'une heure et demie, de la mort à la résurrection.

    On appréciera plus ou moins les phrasés indolents des cordes dans l'Andante et le Scherzo tout en admirant la légèreté chambriste de la texture orchestrale, mais jamais la conception d'ensemble ne souffre du pointillisme de la battue, fruit d'une conception sophistiquée visant à contrôler chaque inflexion aux dépens du naturel, mais qui trouve ici presque le même aboutissement que dans la Huitième Symphonie, que Rattle réussit aujourd'hui comme peu d'autres.

    De même, on sait gré à Sir Simon de privilégier un Urlicht allant et aéré qui permet à Bernarda Fink, malgré l'usure du timbre, d'opérer des miracles de sobriété à la Janet Baker, aux cuivres de phraser avec un art subtil les épisodes en choral. Mais surtout, relayé par une Dorothea Röschmann d'une fiévreuse expressivité, le patron des Berliner triomphe du Finale, prenant à bras le corps un Chœur de Radio France qui se surpasse, projetant les aigus des sopranos d'un geste conquérant, maintenant une tension continue, nourrie par une masse orchestrale proprement incandescente.

    Coup dur cette fois encore pour l'acoustique de Pleyel qui croule sous la saturation, mais sommet musical bouleversant, transcendant, qui laisse sonné pendant de longues minutes, et déclenche autant d'acclamations frénétiques.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 04/03/2007
    Yannick MILLON

    Deuxième Symphonie de Mahler par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Sir Simon Rattle à la salle Pleyel, Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 2 en ut mineur, « Résurrection »
    Dorothea Röschmann, soprano
    Bernarda Fink, mezzo-soprano
    Chœur de Radio France
    Berliner Philharmoniker
    direction : Sir Simon Rattle

     


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