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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

Nouvelle production de Jules César de Haendel mise en scène par Yannick Kokkos et sous la direction de Kenneth Montgomery à l'Opéra national de Lorraine.

Lauriers vocaux pour un CĂ©sar en mal d'orchestre
© Ville de Nancy

Pour la nouvelle production de Jules César de Haendel à l'Opéra national de Lorraine, Laurent Spielmann a réuni une distribution dont la jeunesse n'entame en rien le prestige. Mais plus que la mise en scène tautologique de Yannis Kokkos, c'est l'Orchestre symphonique et lyrique de Nancy qui menace le succès de cette campagne haendélienne.
 

Opéra de Lorraine, Nancy
Le 06/03/2007
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Comme chez Irina Brook au Théâtre des Champs-ÉlysĂ©es, Jules CĂ©sar s'installe sitĂ´t sur scène dans un fauteuil club. Comme chez Nicholas Hytner au Palais Garnier, et plus rĂ©cemment David McVicar au Festival de Glyndebourne, les casques coloniaux sont lĂ©gion. Comme chez Cesare Lievi Ă  Zurich, les pyramides scintillent de feux hollywoodo-vegasiens.

    Comme chez Yannis Kokkos, car c'est lui qui, malgré tout, signe la mise en scène, quatre escaliers n'en finissent plus de s'emmêler pour, la plupart du temps, ne mener nulle part. Rien de nouveau, donc, sous le ciel souvent sombre d'Égypte, à peine éclairci par la lisibilité de l'action, qu'encombre pourtant une armée de figurants hiéroglyphiques censée, bien tristement d'ailleurs, y ajouter un zeste de music-hall.

    Mais plus triste encore est ce qui sort de la fosse, malgré un continuo de bonne tenue. Et Kenneth Montgomery, chef de bonne volonté sans doute mais en rien un spécialiste, n'y peut pas grand-chose. Car l'Orchestre symphonique et lyrique de Nancy est tout simplement inadapté à ce répertoire, audiblement et visiblement bien peu désireux de faire des efforts. Articulation, dynamique, phrasé sont aux abonnés absents, et jamais les musiciens ne semblent à l'écoute du plateau, ni à même de concéder ne serait-ce qu'un rien de rubato pour faire rebondir une cadence, comme sourds aux exigences du bel canto.

    Livrée à elle-même, la belle distribution réunie par Laurent Spielmann – qui avait, pour Vénus et Adonis de Desmarest, fait le choix autrement plus judicieux de Christophe Rousset et de ses Talens Lyriques – sauve plus que les meubles, mais ne peut empêcher de faire regretter l'absence d'un chef et d'un orchestre plus concernés par la rhétorique haendélienne, d'autant que les prises de rôles étaient nombreuses.

    © Ville de Nancy

    À commencer par celle de Marie-Nicole Lemieux, qui porte déjà le redoutable travesti de César avec fougue et conviction, sinon cette incroyable aisance qui caractérisait d'emblée son Orlando vivaldien. Il ne manque à vrai dire qu'un souffle un peu plus long à la contralto québécoise pour ne pas morceler la vocalise, et ne point flotter, parfois, sur le legato, car du grave, extrême et sonore, à l'aigu, plantureux, la tessiture est vaillamment maîtrisée, la colorature précise, et le chant habité.

    Si elle n'a pas le timbre le plus séduisant qui soit – l'aigu est même un peu agressif, mais ses royales ambitions s'en accommodent –, Ingrid Perruche varie sa Cléopâtre à merveille, superbe dans la déploration – un Se pietà et surtout un da capo de Piangerò en apesanteur – et confondante d'abattage dans Da tempeste.

    Dans une tessiture qui, à l'instar de sa très belle Hélène strasbourgeoise, flatte son mezzo velouté, Stéphanie d'Oustrac fait un Sesto ravageur à l'élan irrésistible, qui n'en gagnerait pas moins à être parfois plus profondément musical qu'explosivement théâtral.

    Parfaitement appariée à son fils par les reflets d'un timbre chaleureux, la Cornelia d'Élodie Méchain peine à passer l'obstacle orchestral autrement que par intermittence, ce qui ne manque pas de la réduire à une certaine placidité, tandis que le Tolomeo déchaîné de Philippe Jaroussky s'en donne à coeur joie dans la félonie, injectant ce qu'il faut de venin dans son timbre exquisément juvénile.

    Enfin, l'Achilla de Riccardo Novaro, à l'émission franche, saine, colorée, et aux mots savoureux, complète luxueusement une distribution qui méritait décidément mieux qu'un orchestre réfractaire aux galbes haendéliens.




    Opéra de Lorraine, Nancy
    Le 06/03/2007
    Mehdi MAHDAVI

    Nouvelle production de Jules César de Haendel mise en scène par Yannick Kokkos et sous la direction de Kenneth Montgomery à l'Opéra national de Lorraine.
    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    Giulio Cesare in Egitto, opera seria en trois actes (1724)
    Livret de Nicola Francesco Haym, d'après Giacomo Francesco Bussani

    Orchestre symphonique et lyrique de Nancy
    direction musicale : Kenneth Montgomery
    mise en scène, décors et costumes : Yannis Kokkos
    dramaturgie : Anne Blancard
    mouvements chorégraphiés : Richild Springer
    Ă©clairages : Patrice Trottier

    Avec :
    Marie-Nicole Lemieux (Giulio Cesare), Ingrid Perruche (Cleopatra), Élodie Méchain (Cornelia), Stéphanie d'Oustrac (Sesto), Philippe Jaroussky (Tolomeo), Riccardo Novaro (Achilla), Artur Stefanowicz (Nireno), Xavier Szymczak (Curio).

     



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