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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2024

Version de concert Katerina Isma√Įlova de Dimitri Chostakovitch sous la direction de Tugan Sokhiev au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.

L'envol de Tugan Sokhiev

Il fallait oser donner Katerina Isma√Įlova de Chostakovitch en version de concert. Seule une interpr√©tation musicale de premier ordre pouvait permettre de relever ce d√©fi, ce qui a √©t√© admirablement le cas au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, gr√Ęce en grande partie, √† la direction du jeune directeur musical de l'Orchestre du Capitole de Toulouse Tugan Sokhiev.
 

Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
Le 10/03/2007
Gérard MANNONI
 



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  • On pouvait l√©gitimement s'interroger sur l'int√©r√™t de donner en version de concert une oeuvre au contenu dramatique et th√©√Ętral aussi permanent et aussi riche. M√™me l√©g√®rement √©dulcor√©e pour satisfaire aux exigences d√©biles et castratrices de la censure sovi√©tique, la partition de Lady Macbeth de Mzensk devenue Katerina Isma√Įlova reste une oeuvre d'une exceptionnelle puissance et d'une intensit√© peu commune.

    Les personnages, en admettant que certains d'entre eux, comme certaines situations, sont trait√©s de fa√ßon un peu outr√©e ou lin√©aire, ont tous une v√©ritable dimension th√©√Ętrale, indissociable de la musique. L'action n√©cessite en outre des images pour rester totalement lisible. On songe en particulier √† la sc√®ne finale, o√Ļ il n'est pas √©vident dans le seul texte que les deux femmes p√©rissent noy√©es, √† moins de lire les indications sc√©niques du livret.

    Et pourtant, quelle somptueuse soir√©e d'op√©ra propose le Ch√Ętelet, avec ces solistes de tr√®s haut niveau et un Orchestre national de France galvanis√© par l'enthousiasme, la clairvoyance et le talent flamboyant du jeune Tugan Sokhiev, que Nicolas Joel a eu le flair d'attacher √† l'Orchestre du Capitole !

    Car cette partition est un pi√®ge permanent. Son opulence, tant dans le domaine des couleurs que de la dynamique ou de la th√©matique, doit √™tre ma√ģtris√©e sans √™tre appauvrie. Il faut d√©celer tout ce qui rel√®ve de l'illustration factuelle, anecdotique, et tout ce qui contient une dimension psychologique, psychanalytique, sociale, le tout se superposant parfois. Mais aussi, il faut trouver la large p√Ęte sonore qui √©vite le clinquant ou le bruyant, notamment lors des massives interventions des cuivres, le tout sans oublier de ne pas forcer les chanteurs au-del√† de limites raisonnables.

    Tugan Sokhiev tient tous ces param√®tres de fa√ßon magistrale, donnant de surcro√ģt un vrai mouvement d'ensemble √† la partition, une logique interne, dans une progression constante et inexorable vers la catastrophe finale. Le National r√©pond avec un investissement total de tous les pupitres. Le Choeur de Radio France √©galement, dont la partie est fondamentale comme dans tout op√©ra russe, presque autant que celle des solistes.

    Une Katerina idéale

    Chez ces derniers justement, aucune erreur de distribution, m√™me si certains d'entre eux s'imposent avec plus d'√©clat que d'autres. Ainsi, la tr√®s belle Solveig Kringelborn, chantant par coeur, parvient √† donner une vie non seulement vocale mais th√©√Ętrale √† Katerina, avec une vraie √©conomie de geste, mais avec une force int√©rieure fabuleuse. La voix est id√©ale pour le r√īle, men√©e avec beaucoup d'intelligence et de sensibilit√©. Elle sait notamment tr√®s bien caract√©riser les nuances contradictoires du caract√®re de Katerina, √† la fois victime et coupable, tour √† tour path√©tique et exasp√©rante.

    Le Sergue√Į de Vladimir Grishko, pourtant dot√© des moyens ad√©quats, para√ģt un peu trop monolithique face √† cette tornade de sentiments et de sensualit√©. En revanche, le jeune baryton bi√©lorusse Alexe√Į Tanovitski impressionne en Boris par la qualit√© d'un timbre bien noir, plus basse que baryton √† cet √©gard, et par la qualit√© d'une √©mission stable et efficace. Tous les autres interpr√®tes sont ad√©quats.

    Ce concert, que son décalage par rapport à l'année Chostakovitch met mieux en valeur, prouve une fois de plus que la réussite d'un opéra, en spectacle ou en concert, est d'abord l'affaire d'un chef.




    Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
    Le 10/03/2007
    Gérard MANNONI

    Version de concert Katerina Isma√Įlova de Dimitri Chostakovitch sous la direction de Tugan Sokhiev au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.
    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Katerina Isma√Įlova, op√©ra en quatre actes (1963)

    Version de concert

    Choeur de Radio France
    Orchestre national de France
    direction : Tugan Sokhiev
    préparation des choeurs : Matthias Brauer

    Avec :
    Solveig Kringeborn (Katerina), Alexe√Į Tanovitski (Boris), Evgeny Akimov (Zinovi), Vladimir Grishko (Sergue√Į), Ludmilla Dudinova (Askinia), Vassili Gorushkov (le balourd miteux).

     


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