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CRITIQUES DE CONCERTS 20 juillet 2018

Nouvelle production d'Ariodante de Haendel mise en scène par Lukas Hemleb et sous la direction de Christophe Rousset au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Ariodante en petites voix

Vivica Genaux (Polinesso) et Olivier Lallouette (le Roi).

Après un très médiocre Jules César en début de saison, le Théâtre des Champs-Élysées poursuit son cycle des opéras de Haendel avec une nouvelle production d'Ariodante. Si Christophe Rousset et ses Talens Lyriques prennent une juste revanche, subtilement accordés à la mise en scène épurée de Lukas Hemleb, la distribution laisse de nouveau à désirer.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 14/03/2007
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Si Anne Sofie von Otter avait réussi sa métamorphose de Quinquin en Ariodante avec un chic inimitable, ? sans toutefois que le miracle capté à Poissy par les micros d'Archiv ne se reproduise sur la scène du Palais Garnier quatre ans plus tard ? Angelika Kirchschlager tente à son tour l'aventure, et s'y fourvoie.

    Il est vrai que ni la couleur, ni l'ambitus ne prédisposaient la mezzo autrichienne à endosser une cuirasse taillée aux mesures surhumaines du castrat Carestini, mais il était permis d'espérer que la musicienne donnerait le change dans un rôle qui ne manque ni d'occasions de briller, ni d'émouvoir. Las, la palette expressive se heurte aux limites d'une voix qui se cherche une assise, trébuche sur l'ornementation, et compte ses doubles-croches sans le moindre zeste de jubilation : Scherza infida détonne, Dopo notte tourne à vide, et l'indifférence s'impose.

    Pourtant spécialiste des travestis haendéliens, Vivica Genaux ne suscite guère plus d'enthousiasme. Retranchée dans la zone la plus ingrate de sa voix par les abysses de l'infâme Polinesso, elle égrène une colorature parfaitement calibrée, mais oubliée sitôt entendue, sans parvenir à faire exister l'ombre d'un personnage. L'inverse en somme de Danielle de Niese, au bel cantisme parfois fragile, mais dont les aigreurs s'épicent en rondeur passé le premier acte, Ginevra rayonnante de beauté, et captivante dans la douleur, imposant dans Il mio crudel martoro un silence habité et bouleversant.

    Que ce soit sur le plan du phrasé, de l'agilité, ou de la tessiture, Jaël Azzaretti se révèle en tous points irréprochable, mais sa Dalinda est handicapée par une émission pincée, caricaturalement française, et en définitive peu adaptée à ce répertoire. S'il peine désormais dans la vocalise, Topi Lehtipuu n'en possède pas moins l'exact profil de Lurcanio, son timbre de tendre vigueur s'étoffant de reflets cuivrés rappelant Anthony Rolfe Johnson, sans doute le plus grand ténor haendélien du siècle dernier, tandis que du Roi, Olivier Lallouette a la fragile prestance, mais ni la ligne ? heurtée ?, ni la voix ? laborieuse, fuyante.

    Christophe Rousset, sondeur d'âmes

    Si l'ensemble paraît pourtant plus convaincant que dans le Jules César qui avait bien tristement ouvert la saison, c'est que Christophe Rousset n'est jamais meilleur que lorsqu'il s'agit de sonder les âmes. Sa direction serrée, aussi bien en termes de tempi que de dynamique et de texture, s'attache à ciseler les contours psychologiques, variant les reprises avec subtilité. Face aux absences de chair des deux rôles travestis, les Talens Lyriques ont dès lors toute latitude pour faire valoir leur précision et leur sensibilité.

    Lukas Hemleb joue d'ailleurs sur le même registre, car rien dans l'intrigue de cet opéra, prétexte à peindre des portraits d'une infinie noblesse, n'appelle le spectaculaire. Dans un décor immaculé de parois mobiles, permettant de varier les espaces avec justesse ? l'isolement de Ginevra ?, le metteur en scène joue de l'alternance entre ombre et lumière, insinuant la jalousie, le doute par petites touches, dans un Moyen Âge chevaleresque esquissé, pour ainsi dire rêvé, où même les costumes ne sont que trompes-l'?il peints sur des tulles blancs, allégeant le mouvement, l'embrumant presque.

    À peine la chorégraphie d'Andrew George, étudiée mais inscrite dans une temporalité en porte-à-faux, rompt-elle parfois le charme discret de cette production finement ouvragée.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 14/03/2007
    Mehdi MAHDAVI

    Nouvelle production d'Ariodante de Haendel mise en scène par Lukas Hemleb et sous la direction de Christophe Rousset au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    Ariodante, dramma per musica en trois actes HWV 33 (1735)
    Livret anonyme d'après Ginevra, principessa di Scozia d'Antonio Salvi, inspiré de l'Orlando furioso de l'Arioste.

    Choeur des Théâtre des Champs-Élysées
    Les Talens Lyriques
    direction : Christophe Rousset
    mise en scène et décors : Lukas Hemleb
    costumes : Marc Audibet
    chorégraphie : Andrew George
    éclairages : Dominique Bruguière

    Avec :
    Angelika Kirchschlager (Ariodante), Vivica Genaux (Polinesso), Danielle De Niese (Ginevra), Jaël Azzaretti (Dalinda), Topi Lehtipuu (Lurcanio), Olivier Lallouette (Il Re), Nicolas Maier (Odoardo).

     



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