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CRITIQUES DE CONCERTS 09 juillet 2020

Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Michel Plasson, avec la participation de l'organiste Thierry Escaich à la salle Pleyel, Paris.

Demi-teintes
© M. N. Robert

Prestation en demi-teintes de l'Orchestre de Paris sous la baguette de Michel Plasson, le chef fran√ßais ne parvenant √† embraser ni la Valse, ni la 3e symphonie de Saint-Sa√ęns, ni les plus secrets Shadows of Time de Dutilleux. Un concert o√Ļ l'orchestre brille au prix de quelques impr√©cisions.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 22/03/2007
Laurent VILAREM
 



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  • Il est des concerts de qualit√© dont on ressort pourtant avec une impression mitig√©e : excellent orchestre, chef renomm√©, programme all√©chant, mais pourtant, certains soirs, rien √† faire, la sauce ne prend pas. Assez rare dans les salles, la Symphonie avec orgue de Camille Saint-Sa√ęns promettait pourtant d'√©branler les balcons de la nouvelle salle Pleyel, tant elle d√©ploie un orchestre gigantesque que les sonorit√©s de l'orgue viennent encore renforcer.

    La lecture de Michel Plasson se r√©v√®le √©tonnamment peu spectaculaire, tandis que l'orgue ¬Ė √©lectronique ¬Ė de Thierry Escaich dispense un certain raffinement, au milieu de tempi plut√īt allants mais ne parvenant jamais √† enflammer le discours ¬Ė le Finale. L'Orchestre de Paris fait montre de belles qualit√©s individuelles, mais les tutti, souvent pr√©cipit√©s, ne trouvent une coh√©sion et un souffle po√©tique que dans un Adagio du plus bel effet.

    Viennent ensuite The Shadows of time d'Henri Dutilleux, pi√®ce de 1997 semblant avoir trouv√© sa place dans le r√©pertoire au m√™me titre que les pr√©c√©dentes pages symphoniques du g√©nial nonag√©naire. Devenue c√©l√®bre en faisant appel √† un choeur d'enfants en hommage √† Anne Frank et aux enfants victimes de la guerre, l'oeuvre affiche notamment un Interlude o√Ļ le compositeur amorce une audacieuse √©tude sonore, avec des techniques instrumentales d√©rivant tout droit de la musique spectrale. Reste que tant de parcimonie et de retenue peuvent √™tre per√ßues comme de la ti√©deur, voire de l'acad√©misme.

    L'épisode terminal Dominante bleue ? est à cet égard révélateur : on y retrouve aux cordes une mélodie proche de celles des concertos pour violon et pour violoncelle mais comme assourdie, comme étouffée par les ombres qui la hantent. Attachants, ces Shadows of time méritent un chef enflammé ; Plasson curieusement ne réussit pas à faire sonner l'orchestre admirablement clair de Dutilleux et l'Orchestre de Paris se perd parfois dans ces Vagues de lumière.

    Il en va de même de la Valse de Ravel qui conclut le concert, au tempo à nouveau relativement enlevé, mais dont le fracas, le tourbillon fantastique et fatal laissent ce soir un peu sceptique, en raison d'interprètes trop rarement transcendés, qui auraient pu se livrer nettement plus.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 22/03/2007
    Laurent VILAREM

    Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Michel Plasson, avec la participation de l'organiste Thierry Escaich à la salle Pleyel, Paris.
    Camille Saint-Sa√ęns (1835-1921)
    Symphonie n¬į 3 avec orgue en ut mineur op. 78
    Thierry Escaich, orgue

    Henri Dutilleux (*1916)
    The shadows of time
    Solistes de la Ma√ģtrise de Paris

    Maurice Ravel (1875-1937)
    La Valse

    Orchestre de Paris
    direction: Michel Plasson

     


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