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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Récital du pianiste Lang Lang dans le cadre de Piano**** au Théâtre du Châtelet, Paris.

Le chaud et le froid
© Kasskara / DG

Tout comme au printemps 2006, Lang Lang, à nouveau invité de Piano**** au Théâtre du Châtelet, séduit et contrarie, alternant moments superbes et erreurs de parcours. Si le tempérament et la technique demeurent hors du commun, les choix d'interprétations demeurent souvent pour le moins discutables. Un récital qui souffle le chaud et le froid.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 31/03/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Exactement comme l'année passée, le récital de Lang Lang débute une sonate de Mozart, cette fois la 13e en lab majeur, K. 333, totalement miraculeuse. Toucher lumineux, intelligence du phrasé, sensibilité ouverte aux moindres intentions de la partition, tout y est. Il n'est pas fréquent chez un jeune pianiste, même ancien enfant prodige, de toucher à ce point l'essentiel du propos d'un compositeur complexe entre tous sous ses apparences de simplicité.

    Vient ensuite la Fantaisie de Schumann, l'une des pièces maîtresses du répertoire romantique. Et là, quelques nuages commencent à assombrir l'horizon. Avec beaucoup de générosité et beaucoup de son, Lang Lang se lance dans cette vaste épopée intérieure en privilégiant trop souvent ce qu'elle de plus extérieur, c'est-à-dire la richesse sonore d'une écriture très sophistiquée où les plans se superposent diaboliquement, pour laisser par instants émerger un thème dans une sorte de pureté immaculée. Mettre ces contrastes en relief en les accentuant, richesse du son d'un côté, ralentis trop alanguis de l'autre, n'apparaît pas comme la meilleure approche de ces pages tourmentées, si profondément ancrées dans tous les tumultes philosophiques et littéraires de l'époque.

    D'ailleurs, dans la suite du concert, Lang Lang accentue encore cette tendance à opposer dynamique et ralentis, passant trop volontiers d'une précipitation presque trop bruyante à une sorte de rubato excessif faisant attendre indéfiniment certaines notes, au point de briser les lignes mélodiques.

    Une technique ahurissante

    Cela est notamment très sensible dans les pages Liszt concluant le récital, la transcription de la Mort d'Isolde de Wagner et même la 6e Rhapsodie hongroise. Mais dans ces deux pièces, on ne peut toutefois qu'être fasciné par le déploiement d'une technique toujours aussi ahurissante, exceptionnelle, même en ces temps où la virtuosité est reine.

    Mais que dire de la Goyesca los Requiebos de Granados, bousculée, sans style, bien trop frénétique. Quant aux cinq pièces chinoises traditionnelles, initiative sympathique, présentées et expliquées avec charme et gentillesse par l'interprète, elles ne semblent avoir de chinois que leur titre et de traditionnel que le recours à l'extrême virtuosité.

    Déception ? On n'ira sans doute pas jusque-là, mais il faut bien reconnaître que devant un musicien pourvu de dons aussi rares et multiples, il faut être exigeant. Lang Lang a un avenir somptueux devant lui s'il parvient à canaliser son excès de tempérament, sa générosité trop bouillonnante et à se livrer à une approche plus sereine de certaines partitions. Il reste, en tout cas, une personnalité particulièrement remarquable de sa génération.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 31/03/2007
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Lang Lang dans le cadre de Piano**** au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Mozart, Schumann, Granados, Liszt, pièces traditionnelles chinoises
    Lang Lang, piano

     


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