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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Reprise de Simon Boccanegra mis en scène par Johan Simons, sous la direction de James Conlon à l'Opéra de Paris.

Une reprise de circonstance
© Eric Mahoudeau

Violemment contestée lors de sa création, la production de Simon Boccanegra signée Johan Simons revient opportunément à l'affiche en pleine période électorale. Mais cette reprise, marquée par le retour de James Conlon dans la fosse de l'Opéra de Paris, pèche par une distribution disparate, qui fait le plus souvent regretter la précédente.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 13/04/2007
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Créée au lendemain de la vague de manifestations anti-CPE, cette production ultra-politisée de Simon Boccanegra s'en faisait opportunément l'écho, tant sur scène que par les réactions virulentes et répétées du public. Alors que les candidats à l'élection présidentielle entament la dernière ligne droite avant le premier tour, sa reprise, emblématique de la volonté de Gerard Mortier d'inscrire l'opéra dans la vie de la cité, ne se trouve pas moins dans le feu de l'actualité.

    Cela suffit-il pour autant à enflammer la mise en scène de Johan Simons ? À l'exception des costumes de Nina von Mechow, avantageusement remplacés par les tenues plus élégantes de Philippe de Saint Mart Guilet ? les infâmes débardeurs blancs de Simon et Gabriele ont disparu ?, les modifications annoncées n'apparaissent guère à l'?il nu.

    Massés à l'avant-scène, les choeurs ont toute latitude pour faire valoir une puissance sonore grisante, tandis que les protagonistes, toujours livrés à eux-mêmes, composent avec leur répertoire de gestes plus ou moins conventionnels : l'Amelia tout en jambe d'Olga Guryokova passe définitivement pour une héroïne de série B américaine en mousselines et soies affriolantes, et le Fiesco de Franz Josef Selig serait sans doute moins emprunté en version de concert.

    Très en-deçà de la précédente sur le plan de l'italianità, la distribution n'apporte que peu de consolation. Olga Guryokova, dont l'instrument brut se heurte avec violence à la ligne verdienne, signe même une vraie contre-performance. Irrésistible dans le répertoire slave, la soprano russe révèle en effet une intonation fluctuante, des voyelles indéfinissables, et une émission générique réfractaire au legato comme à la nuance, parfaitement inadaptée en somme au répertoire italien.

    Un Simon de sombre égalité du timbre

    Musicien toujours scrupuleux, souvent émouvant, jamais indifférent, Franz Josef Selig n'est guère plus à sa place, et surtout prématurément usé. Si le grave, d'une couleur authentiquement germanique, demeure de toute beauté, le médium se décolore et l'aigu est affecté d'un vibrato de vétéran. Sans en posséder vraiment le métal, ni la ligne ? plus figée que tenue, du fait d'une émission vocale se refusant à la clarté ?, Dmitri Hvorostovsky est un Simon Boccanegra d'une stature, d'une autorité, et même d'une séduction incontestables, tant par le physique que par la sombre égalité du timbre.

    Diable ? involontairement ? boiteux, le Paolo de Franck Ferrari conserve le mordant caractéristique d'un vibrato serré et de voyelles latérales, bien que l'engorgement ambiant le guette, jetant sur l'aigu un voile grisonnant. Percutant, jeune, clair, italien surtout, le ténor de Stefano Secco constitue dès lors un véritable baume. Et son Gabriele apparaît d'autant plus ardent que son aigu s'est épanoui, sans que le phrasé ne se relâche.

    Ceux qui avaient reproché à Sylvain Cambreling d'être bien peu verdien seront sans doute ravis du retour de James Conlon dans un ouvrage qu'il n'avait jamais dirigé à l'Opéra de Paris. S'il n'évite pas les décalages dont il est coutumier, principalement avec les choeurs, l'ancien chef permanent de la maison fait rugir l'orchestre avec un plaisir manifeste, tout en soignant les textures impalpables des préludes, mais l'élan dramatique de sa direction ne peut suffire à conférer une cohérence à un plateau décidément bien peu idiomatique.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 13/04/2007
    Mehdi MAHDAVI

    Reprise de Simon Boccanegra mis en scène par Johan Simons, sous la direction de James Conlon à l'Opéra de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Simon Boccanegra, melodramma en un prologue et trois actes (1857)
    Livret de Francesco Maria Piave et Arrigo Boito d'après la pièce d'Antonio Garcia Guttiérrez
    Version révisée de 1881

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : James Conlon
    mise en scène : Johan Simons
    décors : Bert Neumann
    costumes : Nina von Mechow et Philippe de Saint Mart Guilet
    éclairages : Lothar Baumgarte
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Dmitri Hvorostovsky (Simon Boccanegra), Franz Josef Selig (Jacopo Fiesco), Olga Guryakova (Maria Boccanegra, aka Amelia Grimaldi), Stefano Secco (Gabriele Adorno), Franck Ferrari (Paolo Albiani), Nicolas Testé (Pietro), Jason Bridges (un araldo).

     



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