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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Reprise de Carmen de Bizet dans la mise en scène de Nicolas Joel, sous la direction de Günter Neuhold au Théâtre du Capitole, Toulouse.

La voix de soleil d'Alvarez
© Patrick Riou

Béatrice Uria-Monzon (Carmen) et Marcelo Alvarez (Don José).

Cette prise de rôle de Don José arrive à point pour rappeler que Marcelo Alvarez est bien l'un des deux ou trois plus grands ténors lyriques du moment, avec un timbre d'une qualité exceptionnelle. Belle distribution d'ensemble pour cette reprise de la production Nicolas Joel au Théâtre du Capitole de Toulouse.
 

Théâtre du Capitole, Toulouse
Le 15/04/2007
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Il est tout de mĂŞme gratifiant que revoir un opĂ©ra dont l'action se situe dans le cadre voulu par ses auteurs, et dont les personnages ont des comportements conformes Ă  ce qu'ils sont raisonnablement censĂ©s ĂŞtre. Et fatalement, on ne peut que penser Ă  nouveau qu'il est plus difficile de rĂ©ussir un spectacle en tenant compte des donnĂ©es originales de l'oeuvre qu'en les ignorant au bĂ©nĂ©fice de la seule imagination sans limite de mise de nos jours. On connaĂ®t certes des rĂ©ussites fracassantes en ce domaine aussi, mais face Ă  combien de tristes mascarades ?

    Cette Carmen, que Nicolas Joel a mise en scène au Capitole il y a une dizaine d'années, est une réussite complète grâce à la brillante intelligence du travail d'acteur, à l'art d'utiliser les masses chorales dans l'espace assez limité du plateau de ce lieu historique entre tous, au goût et à l'efficacité des décors et des costumes. On est dans des choix figuratifs mais totalement originaux, dans une cohérence qui complète action et musique sans pléonasme ni effets faciles.

    On a rarement vu les personnages de Carmen et Don José se comportant de manière aussi évolutive et complexe, avec leur coups de colères, de coeur, voire de folie, leurs hésitations, leurs angoisses, une sensibilité exacerbée qui les pousse, souvent malgré eux, vers l'issue du drame, comme part à-coups. La scène finale en particulier est d'une subtilité et d'une richesse dramatique exceptionnelle, car on y voit chaque personnage passer par les multiples états d'âme contradictoires que la musique suggère, dans une sorte de logique bouleversante tant elle génère de souffrance chez les deux héros.

    Et puis, face à la toujours excellente et si convaincante Carmen de Béatrice Uria-Monzon, on découvre les splendeurs du Don José de Marcelo Alvarez. Le ténor argentin qui débuta ici également dans plusieurs autres opéras comme Lucia di Lammermoor ou l'Élixir d'amour, a pu déployer la puissance et la richesse d'un timbre dont le rayonnement et la couleur sont tout simplement splendides. Instinctif autant que raisonné, toujours musical, toujours juste dans ses choix de nuances et d'expression, Alvarez est vraiment chez lui dans ce rôle.

    Angel Odena est un Escamillo de bel prestance qui a, et c'est rare, à la fois les aigus et les graves de ce rôle piège entre tous. Très bonnes interventions aussi d'Ivan Ludlow en Moralès, belle allure et voix bien menée, et de Jérôme Varnier, Zuniga que l'on peut évoquer avec les mêmes qualificatifs. Francis Dudziak, Philippe Do, Sophie Graf et Patricia Fernandez complètent la bande des contrebandiers avec esprit et de belles qualités vocales et théâtrales. Petit déception cependant avec la Micaëla de Barbara Haveman, un peu encombrée d'une voix à l'émission inégale, souvent basse et ne parvenant guère à donner un relief à son personnage.

    La direction musicale de Günter Neuhold a du dynamisme, de belles couleurs aussi, malgré parfois une gestion discutable des plans sonores et de leur progression, comme dans le début du deuxième acte. Comme toujours au Capitole, choeurs et maîtrise sont des modèles. Et encore une fois, c'est une impression bien rassérénante que de voir et entendre la Carmen de Bizet et pas celle issue des fantasmes érotico-psychanalytiques de Monsieur X, dans une production aux images fortes et qui ne ressemble à aucune autre, bien que la partition reste l'un des opéras les plus joués de par le monde.




    Théâtre du Capitole, Toulouse
    Le 15/04/2007
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise de Carmen de Bizet dans la mise en scène de Nicolas Joel, sous la direction de Günter Neuhold au Théâtre du Capitole, Toulouse.
    Georges Bizet (1838-1875)
    Carmen, opéra-comique en quatre actes (1875)
    Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy

    Ballet du Capitole
    Choeur et maîtrise du Capitole
    Orchestre national du Capitole
    direction : GĂĽnter Neuhold
    mise en scène : Nicolas Joel
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino
    Ă©clairages : Vinicio Cheli
    chorégraphie : Patrick Ségot

    Avec :
    Béatrice Uria-Monzon (Carmen), Marcelo Alvarez (Don José), Angel Odena (Escamillo), Barbara Haveman (Micaëla), Jérôme Varnier (Zuniga), Ivan Ludlow (Moralès), Francis Dudziak (Le Dancaïre), Philippe Do (Le Remendado), Sophie Graf (Frasquita), Patricia Fernandez (Mercédès).

     



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