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CRITIQUES DE CONCERTS 15 juillet 2020

Nouvelle production de Fidelio de Beethoven mise en scène par Giuseppe Frigeni et sous la direction de Klaus Weise à l'Opéra de Bordeaux.

Pour un Florestan de rêve
© Fr√©d√©ric Desmesure

Klaus Florian Vogt (Florestan) et Cécile Perrin (Leonore).

Le Grand-Th√©√Ętre de Bordeaux s'offre Fidelio tous les vingt ans. Curieusement, c'√©tait d√©j√† Klaus Weise qui √©tait √† la baguette dans la production des ann√©es 1980, avec Carla Pohe dans le r√īle-titre. Revoici le maestro allemand au pupitre pour une nouvelle production qui vaut avant tout pour la r√©v√©lation du magnifique Florestan de Klaus Florian Vogt.
 

Grand-Th√©√Ętre, Bordeaux
Le 19/04/2007
Nicole DUAULT
 



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  • L'image finale sur le fond de sc√®ne est un ¬úil immense, celui d'√Čtienne Boul√©e, architecte-d√©corateur de l'√©poque des Lumi√®res. Cet ¬úil clos sur le ma√ęlstrom du monde se referme sur une passion intime et universelle, celle d'une femme amoureuse de son mari au point de tout risquer pour le sauver. C'est la seule r√©f√©rence au r√©cit de l'√©poque r√©volutionnaire dont Beethoven a tir√© son Fidelio.

    Curieux que l'Italien Giuseppe Frigeni, épigone de Bob Wilson, ait choisi cette image alors que sa mise en scène divague dans l'intemporalité, entre boiseries XVIIIe et cage cubique à barreaux. Les personnages, d'entrée de jeu tous en scène, vont chercher dans un coffre les vêtements sinistres dont ils s'accoutrent, puis commencent à marcher à reculons.

    Mouvements arrêtés, gestuelle lentissime, Frigeni a emprunté l'essentiel de son vocabulaire au metteur en scène américain, sans en avoir le génie. Difficile dans ces circonstances d'imposer au chef et à l'orchestre ces temps d'arrêt ingérables, instants de vide sapant l'énergie dramatique et lyrique du chef-d'oeuvre beethovénien. Car loin du drame à l'antique, Fidelio se situe dans le réalisme bourgeois, dans les idéaux de l'après-1789.

    En cette soir√©e de premi√®re, l'orchestre reste en-de√ß√† des possibilit√©s qu'on lui conna√ģt, comme g√™n√© par la ma√ģtrise du temps impos√©e par la mise en sc√®ne. Klaus Weise a beau agiter les manchettes blanches d√©passant de son frac, l'√©nergie dramatique ne suit pas. Gageons qu'au fil des repr√©sentations, la formation bordelaise saura reprendre ses esprits.

    © Frédéric Desmesure

    C√©cile Perrin, fig√©e dans un costume d'homme gu√®re seyant, est une Leonore trop nerveuse, manquant √† l'√©vidence d'ampleur et d'√©mission aussi difficile dans le m√©dium que dans les aigus, et de surcro√ģt sans ce charisme, cette passion int√©rieure dont est impr√©gn√© le r√īle-titre.

    La magie qui manque à cette incarnation tombe comme du ciel dès la première image du second acte, à l'apparition du corps replié de Florestan. Impérial de stature, immense, regard halluciné, Klaus Florian Vogt lance un Gott ! tétanisant, qui plonge dans l'effroi, l'angoisse, et tient en haleine la salle entière jusqu'à la fin de son air. Un personnage détonnant que ce jeune ténor qui fait de plus en plus parler de soi. Dans la vie quotidienne, on le voit arriver en chemisette rayée, cheveux longs, tel quelque écolo en vadrouille.

    Premier cor de la Philharmonie de Hambourg, il est devenu chanteur parce qu'il s'impatientait √† rester assis en fosse. Il s'est alors inscrit √† des cours de chant. Puis chemin faisant, James Levine √† New York, Jeffrey Tate √† Naples, James Conlon √† Los Angeles l'ont propuls√© h√©ros wagn√©rien. Il est d'une certaine mani√®re le Lohengrin id√©al, format juste assez large, jamais mastodonte, mais surtout physique et timbre id√©aux des premiers h√©ros wagn√©riens, avec cet air juv√©nile et adolescent, et une lumi√®re tant√īt immat√©rielle, tant√īt irradiante dans la voix, qu'on n'imaginait plus possible √† l'heure des Heldentenor vagissants, et qui font merveille dans la partie si haut perch√©e et endurante de Florestan.

    Une r√©v√©lation, qui fait oublier le reste du plateau, et qui vaut √† elle seule le d√©placement au Grand-Th√©√Ętre de Bordeaux.




    Grand-Th√©√Ętre, Bordeaux
    Le 19/04/2007
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de Fidelio de Beethoven mise en scène par Giuseppe Frigeni et sous la direction de Klaus Weise à l'Opéra de Bordeaux.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Fidelio, opéra en deux actes (1814)
    Livret de Joseph Sonnleither et Georg Friedrich Treitschke d'après le mélodrame de Jean-Nicolas Bouilly Léonore ou l'amour conjugal.

    Choeur de l'Opéra National de Bordeaux
    Orchestre National de Bordeaux Aquitaine
    direction : Klaus Weise
    mise en scène, décors et éclairages : Giuseppe Frigeni
    costumes : Amélie Haas

    Avec :
    Robert Pomakov (Don Fernando), David Pittman-Jennings (Don Pizzaro), Klaus Florian Vogt (Florestan), Cécile Perrin (Leonore), Arthur Korn (Rocco), Kimy McLaren (Marzeline), Colin Judson (Jaquino).

     



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