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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Récital du ténor Roberto Alagna dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Roberto entre amis
© Studio Harcourt

Loin des polémiques et des médisances, c'est un Roberto Alagna tel qu'en lui-même qu'un public parisien euphorique a pu retrouver. En toute décontraction et avec un art vocal à clouer le bec à ses détracteurs, le grand ténor a donné un récital parfaitement réussi et original dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/05/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Pour se démarquer des grandes célébrations lyriques traditionnelles un peu pompeuses, Roberto Alagna ne pouvait mieux faire. Une première partie, d'abord, vouée au seul opéra français, avec certains airs que beaucoup entendaient sans aucun doute pour la première fois. Si Iphigénie en Tauride, Mignon et désormais la Juive sont aujourd'hui assez familiers, il n'en va pas de même du Joseph de Méhul, des Abencérages de Cherubini, d'Hérodiade de Massenet ni de l'Amant jaloux de Grétry.

    Vêtu du frac de circonstance, accompagné au piano par un Jeff Cohen subtil, raffiné, Alagna donne envie d'en savoir plus sur ces pages tellement oubliées de notre patrimoine musical. Diction absolument parfaite ? quel bonheur de ne pas perdre une syllabe du texte ! ? sens des différents styles, maîtrise absolue de la voix y compris dans de hardis passages en registre de tête que très peu oseraient, vaillance des aigus, capacité de passer du déclamatoire au joliment sentimental et au tragique, voilà non seulement une démonstration de beau chant, mais aussi une véritable leçon de musique.

    Après tout, ce répertoire tant décrié pourrait tout simplement manquer d'artistes qui sachent le chanter. Il en existe désormais au moins un. Et tout cela avec un comportement scénique libre, naturel, chaleureux, une façon magistrale de prendre son public en main
    et de ne plus le lâcher.

    Car, arrivant en tenue de crooner, veste bleue et chemise ouverte, entouré d'un groupe de remarquables instrumentistes, c'est un autre Roberto qui apparaît après l'entracte pour une belle et copieuse série de chansons siciliennes. Et là, le contact avec un auditoire totalement en adoration se fait encore plus proche, plus direct, plus naturel, l'artiste se prêtant volontiers mais non sans ironie au jeu des photos prises de la salle, malgré l'interdiction faite en début de soirée. Une impression de fête de famille, de concert qu'on donnerait dans son salon.

    Le texte de chaque chanson dûment expliqué avec son talent de comédien et beaucoup de gentillesse, Alagna nous promène d'histoires d'amour en contes paysans avec autant d'aisance et de conviction que dans les légendes historiques de la première partie. Voix de soleil, gestuelle jouant cette fois, grâce à un physique d'éternel jeune premier, le jeu du music-hall sans se prendre totalement au sérieux, quel autre chanteur de ce niveau unique peut se permettre cela ? Il faut avoir non seulement la voix et l'abattage spontané, mais aussi la générosité d'aller si près des gens, de leur faire plaisir, quitte à casser l'image habituelle de la superstar intouchable.

    Bouquets de fleurs donnés de la main à la main, flashs crépitant de partout, public heureux, au septième ciel, c'était un peu le grand retour de Roberto à la maison, à Paris, chez lui, devant un public que les plus grands artistes du monde ont toujours cherché et parfois en vain à conquérir. Mission accomplie pour Alagna, dont rarement la vraie et riche nature est apparue aussi clairement sous toutes ses facettes.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/05/2007
    Gérard MANNONI

    Récital du ténor Roberto Alagna dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Airs d'opéras français et chansons siciliennes
    Roberto Alagna, ténor
    Jeff Cohen, piano
    Claude Engel, guitares
    Robert Le Gall, guitares, mandolines et violon
    Nicolas Montazeaud , percussions
    Lionel Suarez, accordéon et bandonéon
    Laurent Vernerey, contrebasse
    Yvan Cassar, arrangements, piano et direction musicale

     


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