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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Récital de la soprano Barbara Hendricks accompagnée au piano par Love Derwinger au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

La voix du ciel redescendue sur terre
© Mats Bäcker

Quel plaisir que de retrouver Barbara Hendricks, vedette très médiatique de la musique classique depuis trente ans qui a su attirer le public le plus large dans les salles de concert ! Aujourd'hui, la très originale récitaliste impose limpidité et clarté. Elle y ajoute une intelligence, une sensibilité et un esprit d'ouverture étonnants dans le choix du programme.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 12/05/2007
Nicole DUAULT
 



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  • Elle est le charme et incarne une certaine idée de l'élégance et de la beauté. Souvenons-nous d'elle chantant la Comtesse des Noces de Figaro mais aussi le Temps des cerises lors de l'hommage à François Mitterrand, place de la Bastille ; souvenons-nous d'elle à Dubrovnik, aux côtés de Bernard Kouchner ; souvenons nous d'elle, ambassadeur du Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés, chantant pour les plus démunis. Souvenons-nous d'elle encore à l'apogée du succès avec ce disque où elle avait été qualifiée de « voix du ciel ».

    Toutes ces images défilent quand elle arrive sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées. Veste scintillante, jupe longue bleu marine, cheveux tirés en arrière dégageant ce front bombé qui affirme sa ténacité, elle n'a de préoccupation que pour son pianiste ? le Suédois Love Derwinger ? et pour son public qui lui réclamera quatre bis. Pas le moindre détail ne lui échappe : elle demande qu'une porte de la salle, laissée entrouverte, soit refermée.

    Le public est en haleine devant un programme qui commence par cinq lieder de Schumann sur des textes de Goethe (Wilhlem Meister). Dans ces mélodies romantiques où le doute et l'espoir, l'amour toujours malheureux et la passion sont en partage, Hendricks trouve le ton d'une intimité exacerbée, d'une émotion pudique. Cette sensibilité à fleur de peau s'épanouit dans une diction impeccable.

    Belle diction également, délicatesse encore plus tendre dans les Rückert-Lieder de Mahler. Puis elle est chanteuse-diseuse idéale pour de légères piécettes de cabaret, les Brettl-Lieder de Schoenberg. Barbara Hendricks a moins de chance avec les textes en français de Fauré, Poulenc ou encore Kurt Weill que l'on comprend mal. Le murmure d'Au bord de l'eau de Sully Prudhomme, les Roses d'Ispahan de Leconte de Lisle mises en mélodie par Fauré offrent cependant un parfum désuet.

    Les neuf ravissants poèmes d'Éluard, Tel jour, telle nuit, ciselés par Francis Poulenc, sont de petits joyaux. Trop peu souvent donnés en concert, Hendricks a le mérite de montrer la beauté d'un texte et d'une musique si merveilleusement imbriqués. Peu connues également, les chansons écrites par Kurt Weill : lors de son bref exil en France avant de se rendre aux États-Unis, le compositeur allemand écrivit des mélodies sur le roman Marie Galante de Jacques Deval. Tout un monde interlope affleure dans ces textes et surtout dans cette musique où l'on trouve des accents de l'Opéra de quat'sous.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 12/05/2007
    Nicole DUAULT

    Récital de la soprano Barbara Hendricks accompagnée au piano par Love Derwinger au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Mélodies de Schumann, Mahler, Fauré, Poulenc, Schoenberg et Weill
    Barbara Hendricks, soprano
    Love Derwinger, piano

     


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