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CRITIQUES DE CONCERTS 16 août 2018

Intégrale de la musique de chambre de Ravel autour des frères Renaud et Gautier Capuçon à la salle Pleyel, Paris.

Pas assez simple, mes frères

© Ana Bloom

Renaud et Gautier Capuçon

En trois concerts, la salle Pleyel résonne de l'intégrale de la musique de chambre de Maurice Ravel. Maîtres d'oeuvres du projet, les frères Capuçon, accompagnés de musiciens aussi prestigieux que Sandrine Piau ou Michel Dalberto, y déploient finesse et virtuosité mais manquent de la clarté, de l'acuité et de la tendresse propres au compositeur.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 12/05/2007
Laurent VILAREM
 



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  • Écouter l'intégrale de la musique de chambre de Ravel, c'est avoir les jours qui suivent une foule de mélodies qui vous trottent dans la tête. Celles du Quatuor en fa se mêlent à celles des sonates et il faut bien le délicieux Pantoum du Trio pour oublier ces airs déchirants de tristesse. Car c'est un univers miroitant de paradoxes : aussi sec que tendre, Ravel nécessite des interprètes qui sachent conjuguer la pudeur et le show, la candeur et la mélancolie. Osons-le dire, Renaud Capuçon est un admirable violoniste, à l'instrument riche de mille nuances, mais ses couleurs sont rarement celles de Ravel. Pour cette intégrale en trois concerts à la salle Pleyel, la déception aura souvent été de mise tant les interprétations des frères Capuçon manquent de simplicité.

    Si la courte Berceuse sur le nom de Fauré permet d'apprécier la sonorité d'un splendide Guarnerius, Tzigane selon Renaud Capuçon frôle la vulgarité. Liant les notes jusqu'au quasi glissando, on se dit qu'un tel archet serait plus à son aise dans l'opulent concerto de Szymanowski. Une même préciosité entache la Sonate pour violon et piano de 1927 ; il y a pourtant une belle envie de prendre à bras-le corps une oeuvre, ? un blues rageur notamment dont le piano fantasque de Frank Braley accentue les dissonances ? mais ce n'est que dans les passages de haute virtuosité et dans la Sonate posthume de 1897, plus romantique, que le jeu très lyrique de Renaud Capuçon s'adapte mieux au compositeur de Montfort l'Amaury.

    À de nombreux égards, le Trio et le Quatuor sont révélateurs de l'ensemble. On prend plaisir dans le premier à regarder jouer des interprètes qui ont déjà gravé l'oeuvre au disque. Mais c'est avant tout le violoncelle de Gautier qui retient l'attention : lui-seul trouve instinctivement le « son Ravel ». Frais et sec comme un verre de rosé, c'est son instrument clair et chantant qui bouleverse dans le mouvement lent de la Sonate pour violon et violoncelle.

    Un Quatuor d'un ennui prodigieux

    Échec en revanche à peu près total pour le Quatuor : cette pièce enchanteresse de 1905 se voile sous la houlette du Quatuor Capuçon ? les Brothers, Aki Saulière au violon, Béatrice Muthelet à l'alto ? d'un ennui prodigieux. Soignant chaque fin de mouvement jusqu'à l'afféterie, le groupe brusque des élans musicaux à l'évidence plus légers et plus souples. Une trop grande attention accordée aux nuances et transitions désarticulent le mouvement lent. Plus grave, le Vif et agité final enferme Ravel dans la vision binaire ? et monochrome ? d'un compositeur oscillant entre un extrême raffinement et une extrême violence.

    Pour le dernier concert, les Capuçon partagent la scène avec des musiciens aussi magnifiques que la flûtiste Magali Mosnier et le clarinettiste Pascal Moraguès. Prenantes Chansons madécasses par la soprano Elsa Maurus, et malgré une prononciation pâteuse, Sandrine Piau régale par de classieux Poèmes de Mallarmé, d'une élégance hypnotique.

    Les meilleurs moments de cette intégrale ? Pas forcément là où on les aurait attendus : une fraîche Introduction et allegro emmenée par la harpiste solo du Philharmonique de Berlin, Marie-Pierre Langlamet, et surtout Ma mère l'oye pour piano à quatre mains, quand Frank Braley et Michel Dalberto ressuscitent la poésie ravélienne et retrouvent une simplicité qui aura tant manqué à cette intégrale décevante.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 12/05/2007
    Laurent VILAREM

    Intégrale de la musique de chambre de Ravel autour des frères Renaud et Gautier Capuçon à la salle Pleyel, Paris.
    Intégrale de la Musique de chambre de Maurice Ravel (1875-1937)

    Vendredi 11 mai, 20 h
    2e sonate pour violon et piano
    Berceuse sur le nom de Fauré
    Tzigane, rapsodie de concert pour violon et piano
    1re sonate pour violon et piano, op. posthume
    Trio pour violon, violoncelle et piano

    Renaud Capuçon, violon
    Gautier Capuçon, violoncelle
    Franck Braley, piano

    Samedi 12 mai, 17 h
    Sonate pour violon et violoncelle
    Renaud Capuçon, violon I
    Gautier Capuçon, violoncelle

    Quatuor à cordes en fa
    Quatuor Capuçon
    Renaud Capuçon, violon I
    Aki Saulière, violon II
    Béatrice Muthelet, alto
    Gautier Capuçon, violoncelle

    Samedi 12 mai, 20 h
    Ma mère l'oye
    Michel Dalberto, piano
    Frank Braley, piano

    Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé
    Sandrine Piau, soprano
    Trois chansons madécasses
    Elsa Maurus, mezzo-soprano
    Quatuor Capuçon
    Magali Mosnier, flûte
    Pascal Moraguès, clarinette
    Michel Dalberto, piano
    Franck Braley, piano

    Introduction et Allegro pour harpe
    Marie-Pierre Langlamet, harpe

     


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