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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2019

Reprise de la Flûte enchantée de Mozart mise en scène par Nicolas Joel à la Halle aux Grains de Toulouse.

L'orchestre enchanté
© Patrick Riou

Pour relever avec un certain brio technique le défi d'une salle peu adaptée aux exigences théâtrales, la Flûte enchantée créée à la Halle aux Grains durant les travaux du Théâtre du Capitole n'échappe pas à la convention. C'est donc à la direction de Claus Peter Flor que revient le soin d'insuffler la vie à une distribution manquant d'éclat.
 

Halle aux Grains, Toulouse
Le 28/06/2007
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Oui, la FlĂ»te enchantĂ©e reprise par Nicolas Joel Ă  la Halle aux Grains de Toulouse, oĂą elle fut crĂ©Ă©e en 2003 durant les travaux du Théâtre du Capitole, est un beau spectacle, idĂ©al pour clore la saison. Mais hantĂ© depuis la veille par les tĂ©nèbres sordides de la Traviata signĂ©e Christoph Marthaler Ă  l'OpĂ©ra de Paris, nous n'avons pu nous laisser envahir par sa lumière innocemment immaculĂ©e – risque d'un mĂ©tier oĂą les grands Ă©carts stylistiques, esthĂ©tiques sont inĂ©vitables –, d'autant que la configuration singulière du lieu nous a souvent contraint Ă  nous pencher inconfortablement par-dessus une rambarde pour voir autre chose que des crânes de chanteurs entre trois barres de fer.

    Saluons néanmoins comme il se doit l'exploit technique consistant à présenter une production d'opéra dans une salle hexagonale, sans tenter de rétablir un rapport frontal entre la scène et le public. Prenant ses racines tel l'arbre de vie dans une fosse d'orchestre circulaire, en partie recouverte et entourée de praticables mouvants, le dispositif scénique d'Emmanuel Favre, double escalier hélicoïdal formant une chaîne ADN, n'a pas pour moindre mérite de créer un équilibre acoustique constant.

    Saluons également la finesse avec laquelle Nicolas Joel tend la main aux arts du cirque – ces animaux acrobates qui font rire les enfants aux éclats –, et jette la passerelle de la fraternité entre l'Extrême-Occident d'un Papageno amérindien et l'Extrême-Orient de Sarastro, grand-prêtre de l'empire du Soleil levant, dans ce non-lieu cosmique dont la blancheur symbolise l'harmonie universelle.

    Regrettons en revanche que la caractérisation des personnages soit le seul fait des costumes de Gérard Audier. Car en dépit de la réjouissante conversion des esclaves aux travaux d'aiguille au son du carillon de Papageno, la direction d'acteurs n'évite pas la convention, voire même la facilité dans les scènes de comédie, et demeure impuissante face aux ruptures entre les numéros musicaux et les dialogues, dont le rythme se fige dès que le ton se solennise.

    Daniel Kirch (Tamino) / © Patrick Riou

    Ainsi, malgré sa stature et la beauté d'une voix de basse plus chantante que profonde, et de ce fait plus stable, plus épanouie dans In diesen heil'gen Hallen que dans O Isis und Osiris, le Sarastro d'Arutjun Kotchinian manque d'autorité. De même, la Reine de la Nuit d'Anna-Kristiina Kaappola, dont la voix s'est étoffée au détriment de la souplesse et de la transparence du suraigu, peine à rendre la métamorphose de la mère digne et blessée en mégère hirsute que suggère l'ébouriffement de sa perruque, à force d'arpenter le plateau en tous sens.

    Papageno encore très récemment, Detlef Roth est un Orateur par trop juvénile, tandis que le Monostatos de Colin Judson ne donne guère de relief à son air. Et si Daniel Kirch est de ces Tamino préwagnériens qui, par défaut de délicatesse, ne convainquent pas au-delà de Zu Hilfe !, le soprano toujours frémissant, mais jamais éthéré de Henriette Bonde-Hansen fait merveille dans Pamina.

    Mi-autruche décapitée, mi-yéti, la petite vieille tremblotante à souhait de Céline Scheen se transforme en la plus svelte, la plus lumineuse, et surtout la mieux chantante des Papagena, qui vient justement récompenser le Papageno superbement cuivré de Thomas Oliemans, dont les réjouissants clins d'œil sont l'antidote à un traitement qui peut frôler la caricature.

    Mais à l'instar du Così fan tutte de la saison passée, c'est d'abord à la direction de Claus Peter Flor que cette Flûte enchantée doit de prendre vie. Bien qu'il adopte une rhétorique moins baroquisante, le chef allemand impose une agogique et une dynamique d'une constante mobilité, auxquelles l'Orchestre du Capitole se plie avec entrain, abandonnant tout vibrato au profit d'une sonorité d'une vivacité enchanteresse, que couronne un choeur somptueusement tenu.




    Halle aux Grains, Toulouse
    Le 28/06/2007
    Mehdi MAHDAVI

    Reprise de la Flûte enchantée de Mozart mise en scène par Nicolas Joel à la Halle aux Grains de Toulouse.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Zauberflöte, Singspiel en deux actes K. 620 (1791)
    Livret d'Emanuel Schikaneder

    Choeur et Orchestre National du Capitole
    direction : Claus Peter Flor
    mise en scène : Nicolas Joel
    décors : Emmanuel Favre
    costumes : GĂ©rard Audier
    Ă©clairages : Vinicio Cheli

    Avec :
    Arutjun Kotchinian (Sarastro), Daniel Kirch (Tamino), Detlef Roth (Sprecher), Anna-Kristiina Kaappola (Königin der Nacht), Henriette Bonde-Hansen (Pamina), Brigitte Hool (Erste Dame), Blandine Staskiewicz (Zweite Dame), Qiu Lin Zhang (Dritte Dame), Solistes de la Maîtrise des Hauts-de-Seine (Drei Knaben), Céline Scheen (Papagena), Thomas Oliemans (Papageno), Colin Judson (Monostatos), Philippe Do (Erster geharnischte Mann / Zweiter Priester), Patrick Simper (Zweiter geharnischte Mann), Hector Guedes (Erster Priester).

     



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