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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Récital du pianiste Nelson Goerner dans le cadre du Verbier Festival 2007.

Verbier 2007 :
Tour de force pianistique

© Mark Shapiro

Habitué des alpes valaisannes, le pianiste argentin Nelson Goerner offre un récital-fleuve faisant la part belle au répertoire romantique allemand. C'est avec un bonheur inégal qu'il parcourt un programme exigeant, lequel oscille entre virtuosité brute et réflexion intimiste, tour de force pianistique plus que véritable leçon de musique.
 

Église, Verbier
Le 03/08/2007
Renaud LORANGER
 



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  • D'emblée, on admire chez l'artiste une technique sûre et aboutie, un toucher très physique et incarné lui permettant de produire un son qui demeure plein et rond sur toute une palette de nuances dynamiques. Son travail n'en est pas moins quelque peu desservi par l'acoustique souvent ingrate du lieu, le niveau de saturation sonore étant vite atteint alors qu'on lui souhaiterait le luxe d'un plus ample vaisseau. Du coup, certaines gradations et relations en paraissent faussées ou à tout le moins exagérément marquées, le rendu sonore semble trop souvent flou, la juxtaposition dosée des plans sonores demeurant essentielle chez Schumann et Janáček.

    De ce dernier, la Sonate 1905 constitue un choix audacieux pour tout interprète. Ici, chute vertigineuse vers l'inéluctable et pétrie d'une impétuosité qui occulte toute résignation, elle rate sa cible. Là où un Planès sonde par touches les profondeurs de cette musique de l'âme, manifeste quasi pré-scient de l'infinie douleur du monde et de sa beauté inexplicable, Nelson Goerner refuse le clair-obscur et privilégie l'expression dramatique crue sur les parfums impressionnistes du langage, le refus déchaîné de la fatalité l'emportant au final sur le renoncement et l'acceptation du destin humain.

    Déjà, l'Humoreske de Schumann le trouve plus à l'aise, à cheval entre humour grinçant et second degré d'abstraction, effleurant un niveau d'unification de la pensée qui, complètement intégré, rendrait pleine justice à une oeuvre d'une complexité intellectuelle assommante. Ici encore, et assurément de manière plus criante que chez Janáček, ce sont deux conceptions ontologiques du monde, deux approches exclusives de l'existence qui s'opposent, s'observent, se commentent et s'absorbent mutuellement.

    Le verdict est cependant moins évident : qui, de Florestan ou d'Eusébius, gagne la partie ? Goerner semble vouloir laisser la question en suspens, esquissant à peine un début de réponse ? laissant finalement à l'auditeur la liberté de choisir.

    C'est plutôt chez Liszt que le musicien et le pianiste rayonnent, trouvent enfin leurs marques. Entre des Feux follets admirables de tactilité et des Harmonies du soir touchantes d'évocation poétique et chatoyantes de coloration des timbres, un Mazeppa brillamment dompté et une Mépĥisto-Valse assumée crânement réconcilient le commentateur, autrement sceptique, avec un jeu pianistique spectaculaire et justement hédoniste, peinture superbe et début de réponse, peut-être, d'un compositeur inclassable aux interrogations autrement plus pessimistes de ses contemporains.




    Église, Verbier
    Le 03/08/2007
    Renaud LORANGER

    Récital du pianiste Nelson Goerner dans le cadre du Verbier Festival 2007.
    Leo? Janáček (1854-1928)
    Sonate pour piano en mi bémol mineur, « 1.X.1905 »

    Robert Schumann (1810-1856)
    Humoreske en si bémol majeur op. 20

    Franz Liszt (1811-1886)
    Études d'exécution transcendantes S 139 :
    Feux Follets
    Harmonies du soir
    Mazeppa

    Méphisto-Valse no. 1 S 514, « Der Tanz in der Dorfschenke »

    Nelson Goerner, piano

     


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