altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

Reprise de la Walkyrie de Wagner dans la mise en scène de Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2007.

Bayreuth 2007 (2) :
Mauvaises vibrations

© Bayreuther Festspiele GmbH / Jochen Quast

Premi√®re journ√©e d'une t√©tralogie bayreuthienne sous le signe de la morosit√©. Les lacunes dramatiques du spectacle se confirment avec une direction d'acteurs tr√®s faible, un orchestre toujours un peu trop contemplatif et un plateau discutable. Difficile d'√™tre emport√© par une production autant en mal de th√©√Ętre.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 10/08/2007
Thomas COUBRONNE
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Retour √† la vie moderne

  • Salzbourg 2020 (5) : R√©apprendre la coh√©sion

  • Salzbourg 2020 (4) : √Čvidence bruckn√©rienne

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • On esp√©rait un regain de vitalit√©, on craignait des tunnels ; on a √©t√© doublement exauc√©. Regain de vitalit√©, certes, si l'on se contente de quelques fulgurances dans la fosse, de pr√©ludes temp√©tueux, d'une chevauch√©e innerv√©e, de sonorit√©s moins rondes que dans l'Or du Rhin ¬Ė avec au passage une clarinette couinant √† profusion.

    Tunnels √©galement, si l'on s'en tient √† l'essentiel de la partition, s'oubliant dans une p√Ęte orchestrale onctueuse et d√©structur√©e, sans construction ni progression, o√Ļ l'on est frapp√© de plus entendre le bavardage d'une m√©lodie durchkomponiert, c'est-√†-dire informe, que la prodigieuse mobilit√© de cette musique continue, c'est-√†-dire cam√©l√©on.

    Tunnel aussi avec l'insupportable jeu t√©l√©phon√© des acteurs, car qui peut accepter en 2007 de voir √† Bayreuth le c√Ęlin de mammouths de Wotan et Br√ľnnhilde, entrepris une quarantaine de mesures plus t√īt par des bras grand √©cart√©s ; de voir le roi des Dieux explorer le plateau d'un pas mou quand il pr√©tend se lancer √† la poursuite de sa fille, et allumer enfin le cercle de flammes avec moins de conviction qu'un barbecue familial ?

    On sait que Dorst est plus dramaturge que metteur en sc√®ne, mais il y a un minimum technique dont on ne peut se passer : Br√ľnnhilde passe son temps √† tendre son bouclier √† Wotan pour qu'il la d√©sarme par surprise, Siegmund √† chercher du regard Notung avant que l'√©clairage ne l'ait r√©v√©l√©e, Fricka √† jouer l'outrance avant que son mari n'ait ouvert la bouche.

    C'est d'autant plus dommage que la conception dramatique ne manque pas de bonnes id√©es, √† commencer par le lever de rideau sur une maison abandonn√©e o√Ļ se sont r√©fugi√©s le temps de l'orage des figurants tr√®s ordinaires ; et si tous ces h√©ros n'√©taient que les fant√īmes d'une mythologie oubli√©e, ressassant √©ternellement leurs querelles d√©j√† jou√©es ?

    La Sieglinde rayonnante d'Adrianne Pieczonka

    Dans ce très beau climat, la Sieglinde rayonnante d'Adrianne Pieczonka compose un caractère très complet, vigoureux, non dépourvu de rêverie, mais d'une fragilité charnelle, concrète. Le Hunding de Kwangchul Youn la domine plus par sa mauvaise humeur que par une voix qui reste éteinte et que ne mettent en valeur ni sa petite taille ni sa neutralité musicale. Le Siegmund d'Endrik Wottrich est quant à lui rustre à souhait, avec son appui laryngé verrouillé, ses aigus arrachés et son physique de bodybuilder.

    Au-dessus de leur tête, les ficelles sont tirées par un Albert Dohmen dont certains défauts agacent, notamment une diction hachée parfois inintelligible, un grave d'intonation énigmatique, et à la scène une pesanteur çà et là difficile. Du moins assure-t-il non sans une certaine classe le périlleux début du II et les Adieux au III. Michelle Breedt fait ce qu'elle peut pour grogner avec élégance, mais on s'intéresse plus à ce figurant cycliste avec sa petite amie au fond du très beau décor du II : brumes éternelles, piton rocheux et cimetière de marbres inquiétants.

    Quant √† Linda Watson, elle arpente avec un port inexplicablement trivial la resuc√©e du rocher de Ch√©reau avant d'aller se poser sur une caisse pour s'y endormir sans gr√Ęce. Au fil de la soir√©e, on attend d√©sesp√©r√©ment qu'elle fasse plus que les notes, qu'au demeurant elle ne chante pas toujours bien ¬Ė le troisi√®me registre reste peu gratifiant, le m√©dium parfois tr√®s nasal et le vibrato inidentifiable.

    Justement, vibrer, c'est bien de quoi il s'agit, on n'attend que cela ; mais encore faut-il une occasion, qu'à un moment aussi bref soit-il, les artistes se donnent les moyens de porter le spectateur. C'est sans doute ce qui péchait ce soir.




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 10/08/2007
    Thomas COUBRONNE

    Reprise de la Walkyrie de Wagner dans la mise en scène de Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2007.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Walk√ľre, premi√®re journ√©e du festival sc√©nique Der Ring des Nibelungen (1870)
    Livret du compositeur

    Orchester der Bayreuther Festspiele
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Tankred Dorst
    décors : Frank Philipp Schlößmann
    costumes : Bernd Skodzig
    éclairages : Ulrich Niepel

    Avec :
    Endrik Wottrich (Siegmund), Kwangchul Youn (Hunding), Albert Dohmen (Wotan), Adrianne Pieczonka (Sieglinde), Linda Watson (Br√ľnnhilde), Michelle Breedt (Fricka), Sonja M√ľhleck (Gerhilde), Anna Gabler (Ortlinde), Martina Dike (Waltraute), Simone Schr√∂der (Schwertleite), Edith Haller (Helmwige), Wilke te Brummelstroete (Siegrune), Annette K√ľttenbaum (Grimgerde), Alexandra Petersamer (Rossweisse).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com