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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2020

Reprise de Siegfried de Wagner dans la mise en scène de Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2007.

Bayreuth 2007 (3) :
Le réveil de Siegfried

© Bayreuther Festspiele GmbH / Jochen Quast

Premiers frissons pour la deuxième journée du Ring de Dorst à Bayreuth, avec deux premiers actes très réussis et un engagement dramatique et musical enfin à la hauteur. Le Siegfried juvénile de Stephen Gould et le Mime hargneux de Gerhard Siegel dominent la distribution tandis que le geste toujours narcissique de Thielemann prodigue quelques très beaux moments.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 12/08/2007
Thomas COUBRONNE
 



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  • Il √©tait temps ! Apr√®s un Or du Rhin et une Walkyrie laborieux, la production de Tankred Dorst trouve enfin son rythme de croisi√®re gr√Ęce √† une distribution engag√©e et une bonne construction dramatique. La salle de classe du premier acte est le lieu de l'instruction de Siegfried ¬Ė mais l'enfant exub√©rant que campe Stephen Gould avec une justesse inattendue peut-il apprendre quoi que ce soit sur les bancs de l'√©cole, hors de la vraie vie ?

    Le Mime tr√®s ¬ę fort t√©nor ¬Ľ de Gerhard Siegel n'a pas assez de sa voix percutante et d'une √©blouissante pr√©sence th√©√Ętrale pour lui enseigner la peur. Quelques trouvailles visuelles ¬Ė la t√©l√©portation du Wanderer, le microscope du nain ¬Ė ach√®vent de rendre captivant un acte il est vrai plut√īt facile √† r√©ussir.

    Dans la for√™t, une autoroute en construction ne laisse debout que quelques souches ou quelques arbres √©loign√©s, et lorsque des enfants viennent y jouer ¬Ė promenons-nous dans les bois
    ¬Ė on voit o√Ļ m√®ne cette confrontation des mondes des Dieux et des hommes : il n'est peut-√™tre besoin d'aucun cr√©puscule des Dieux pour que les hommes d√©peuplent la terre de ses for√™ts, de ses l√©gendes, de ses dragons, de ses ombres, de ses myst√®res.

    C'est dans ce décor amer que l'Alberich décidément très convaincant d'Andrew Shore, toujours dans l'outrance vocale mais visuellement si bien conçu, se meut entre l'écureuil et le batracien, agile et rampant. Le Wanderer d'Albert Dohmen le contrecarre avec un superbe ascendant, tandis que, timbre un peu éteint comme une ombre de Windgassen et innocence touchante, le héros pour une fois réellement juvénile appelle sa mère dans une scène de pure rêverie.

    Christian Thielemann y trouve un ton parfaitement juste, et, apr√®s deux pr√©ludes tr√®s √©vocateurs et un premier acte o√Ļ la stabilit√© de l'agogique √©vitait de fait l'√©cueil du manque de structuration, sa direction toujours fouill√©e et fondue culmine dans des Murmures de la for√™t de toute beaut√©. Point ici de ces affreux ralentis aux cadences comme dans la Sc√®ne de la forge, ni de ces mollesses du duo final √† venir, rien que d√©tails et d√©lices.

    Même le combat avec Fafner, l'excellent Hans-Peter König, plus noble que noir et d'une belle nostalgie au moment de mourir, semble particulièrement innervé dans ce Ring en mal de fougue. Il n'est plus qu'à l'Oiseau aigrelet de Robin Johannsen de faire quelques tours d'un gosier bien étroit sur un orchestre à tomber pour obtenir l'un des actes les plus inspirés depuis le début du cycle.

    Un troisième acte nettement en-deçà

    Il y a malheureusement un troisième acte, dans lequel la première scène est ici un long tunnel sans relief ni caractère, avec l'Erda vraiment trop légère de Mihoko Fujimura, pourtant toujours adulée du public, et un Wanderer qui passe son temps à lui cacher les projecteurs. Maladresse ou métaphore de la déesse du savoir perdant sa clairvoyance ?

    La deuxi√®me sc√®ne montre les limites d'un Siegfried dont le sib aigu s'√©chappe avec fracas d'un troisi√®me registre p√©rilleux ¬Ė mais pourrait-il en √™tre autrement avec ce m√©dium large et blanc, expressif au demeurant, d'une douceur rare chez un Heldentenor ?

    Puis la sc√®ne finale, qui pourrait √™tre passionnante parce que le h√©ros est si jeune, et que l'on voit enfin non pas un duo d'amour classique, mais une relation audacieuse entre cet enfant immature et cette femme vieille et sage, incestueuse et ¬údipienne, est malheureusement plomb√©e par la mollesse de l'orchestre et le jeu pataud et prosa√Įque de la Br√ľnnhilde de Linda Watson.

    Douleurs articulaires, √©tirements voluptueux, fin de nuit trop courte ne tirent pas vers le haut une composition d√©j√† un peu grossi√®re et affubl√©e d'une voix en mal de gr√Ęces, aux aigus courts ¬Ė un contre-ut p√©niblement hiss√© un demi-ton trop bas. Et dire qu'on croyait tenir le bon bout




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 12/08/2007
    Thomas COUBRONNE

    Reprise de Siegfried de Wagner dans la mise en scène de Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2007.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Siegfried, deuxième journée du festival scénique Der Ring des Nibelungen (1876)
    Livret du compositeur

    Orchester der Bayreuther Festspiele
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Tankred Dorst
    décors : Frank Philipp Schlößmann
    costumes : Bernd Skodzig
    éclairages : Ulrich Niepel

    Avec :
    Stephen Gould (Siegfried), Gerhard Siegel (Mime), Albert Dohmen (Der Wanderer), Andrew Shore (Alberich), Hans-Peter K√∂nig (Fafner), Linda Watson (Br√ľnnhilde), Mihoko Fujimura (Erda), Robin Johannsen (Waldvogel).

     



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