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CRITIQUES DE CONCERTS 07 juillet 2020

Reprise de Tannhäuser de Wagner dans la mise en scène de Philippe Arlaud, sous la direction de Christoph Ulrich Meier au festival de Bayreuth 2007.

Bayreuth 2007 (5) :
Match nul au tournoi des chanteurs

© Bayreuther Festspiele GmbH / Jochen Quast

Reprise toujours bien terne du Tannhäuser de Philippe Arlaud placé dans l'urgence sous la direction de Christoph Ulrich Meier. Si la scénographie est affaire de goût, l'inconsistance de la conception dramatique est en revanche à l'image d'une partie musicale faible et d'un chant globalement bien malmené.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 15/08/2007
Thomas COUBRONNE
 



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  • Le plus rĂ©ussi dans ce Tannhäuser de Philippe Arlaud est certainement la scĂ©nographie, les costumes plutĂ´t classiques mais Ă©lĂ©gants de Carin Bartels, et surtout les dĂ©cors du metteur en scène, notamment la cĂ©lèbre prairie saturĂ©e d'Âśillets rouges des premier et troisième actes.

    Il faut certes goûter la convention de ce décor stylisé et naïf – comme l'est toujours en un sens la musique de Wagner quand elle est comme ici nourrie de cet angélisme innocent et de cette piété enfantine chers à la culture germanique – pour pouvoir apprécier quelques belles images, le tableau du pâtre ou l'ensemble de l'acte III.

    La forme choisie pour ces tableaux, qui rappelle un œil divin observant tous les événements et vers quoi convergent toutes les aspirations, est également assez pertinente. Pour le reste, le II est dans la plus pure tradition du Nouveau Bayreuth, et le Venusberg pas très enthousiasmant malgré la bonne idée du jeu de cadres gigognes.

    Hélas, toute réflexion sur l'oeuvre s'arrête là, et finalement, plus qu'aux amateurs de kitsch ou d'imagerie de contes de fées, on recommandera cette production aux déçus des mises en scène contemporaines ou cérébrales. Rien de tel ici, on nage en plein premier degré du début à la fin sans qu'affleure la moindre amorce de questionnement d'une oeuvre pourtant originale et très riche en significations et en options de lecture, infiniment plus par exemple que Lohengrin.

    À cela s'ajoute la direction sans grand intérêt de Christoph Ulrich Meier, ancien assistant de la production, qui n'est monté au pupitre que début juillet lorsque Fabio Luisi a déclaré forfait dans des circonstances obscures ; ici ou là énervée, parfois habile à mettre en relief les cors bouchés ou la petite harmonie, mais généralement bien impersonnelle et parsemée de scories et de mollesses, elle laisse l'opéra s'enliser dans une bande son conventionnelle et monotone.

    Quant au plateau, il ne brille que de quelques feux momentanés, lorsque Ricarda Merbeth abandonne la nuance fortissimo et le vibrato invraisemblablement inexpressif qui accompagne son Elisabeth pour délivrer quelques médiums d'un timbre délicat et quelques accents musicaux, ou quand Clemens Bieber tient avec Walther le haut du panier dans les ensembles du II ou étale dans son couplet un chant délicat et phrasé, malgré un timbre un rien plaintif.

    Pour le reste, entre le Tannhäuser poussif de Frank van Aken, qui a par ailleurs la présence et l'intelligence du rôle, mais une voix ni gracieuse ni bien conduite, la Venus Walkyrie de Judit Nemeth, criant du plus gros qu'elle peut des aigus vilains à souhait, sans moelleux, phrasé, déclamation ni on s'en serait douté séduction vocale, le Hermann de Guido Jentjens dont l'élégance et la ligne de chant sont complètement fabriquées par une émission nasale et coincée, le Biterolf urlando de Thomas Jesatko en mal d'une seule tenue qui ne tremblerait pas sous la pression laryngée, on est loin du succès. Mention spéciale à Robin Johannsen toutefois, qui nous avait tant déplu en Waldvogel de Siegfried mais trouve ici un rôle d'enfant convenant parfaitement à ses aigus blancs et clairs.

    Un Wolfram au timbre étranglé

    Quant à la star de la soirée, l'omniprésent et révéré aux quatre coins du monde Roman Trekel, on restera circonspect sur une Romance à l'étoile sans effusion, sans chaleur, et plus généralement un timbre étranglé, nasillard, avalé, que d'ailleurs l'orchestre couvre complètement dans une bonne moitié du rôle.

    Reste une présence en scène indéniable, bien que d'une maigreur qu'on peut juger effrayante, et un incontestable sens du texte. Mais enfin, en nos temps d'autosatisfaction et de rejet de toutes les traditions, il faut écouter Fischer-Dieskau ou même Hampson pour se souvenir que Wolfram est un rôle magnifique, et relativiser le talent de certaines idoles d'aujourd'hui.




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 15/08/2007
    Thomas COUBRONNE

    Reprise de Tannhäuser de Wagner dans la mise en scène de Philippe Arlaud, sous la direction de Christoph Ulrich Meier au festival de Bayreuth 2007.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Tannhäuser, order der Sängerkrieg auf Wartburg, opéra romantique en trois actes (1845)
    Livret du compositeur
    Version de Dresde

    Chor und Orchester der Bayreuther Festspiele
    direction : Christoph Ulrich Meier
    mise en scène et décors : Philippe Arlaud
    costumes : Carin Bartels
    Ă©clairages : Ulrich Niepel
    préparation des choeurs : Eberhard Friedrich

    Avec :
    Guido Jentjens (Hermann), Frank van Aken (Tannhäuser), Roman Trekel (Wolfram von Eschenbach), Clemens Bieber (Walther von der Vogelweide), Thomas Jesatko (Biterolf), Arnold Bezuyen (Heinrich der Schreiber), Samuel Youn (Reinmar von Zweter), Ricarda Merbeth (Elisabeth), Judit Nemeth (Venus), Robin Johannsen (Ein junger Hirt), Gabriele Salzbacher, Susanna Martin, Camilla Singh, Constance Heller (Vier Edelknaben).

     



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