altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Nouvelle production d'Armida de Haydn mise en scène par Cristof Loy et sous la direction d'Ivor Bolton au festival de Salzbourg 2007.

Salzbourg 2007 (1) :
P√Ęles sortil√®ges

© Monika Rittershaus

Annette Dasch (Armida)

C'est avec un opus peu fr√©quent√©, cadeau d'adieux de Haydn √† la cour d'Esterhaza, que le nouvel intendant de Salzbourg, J√ľrgen Flimm, a choisi d'inaugurer son r√®gne. Si les valeurs musicales trouvent en Ivor Bolton un h√©raut ardent, ni la direction bouillante du Britannique ni la mise en sc√®ne sombre de l'Allemand Cristof Loy ne hissent le spectacle √† un niveau probant.
 

Felsenreitschule, Salzburg
Le 15/08/2007
Renaud LORANGER
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • R√©ouverture

  • Des t√©n√®bres √† la lumi√®re

  • R√©chauffement climatique

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Rencontre difficile d'une partition in√©gale et d'un livret recelant une mati√®re th√©√Ętrale somme toute bien mince, la production sc√©nique d'Armida n'√©claire que d'une lumi√®re trop crue les faiblesses d'une oeuvre pour laquelle le concert est essentiellement plus cl√©ment. La perspective retenue par le metteur en sc√®ne Christof Loy et son √©quipe, du meilleur int√©r√™t sur le papier, p√®che dans la mati√®re par absence de coh√©sion, √©chouant √† donner une r√©elle impulsion au drame.

    La guerre, ici, avant d'opposer Orient et Occident ¬Ė v√©hicule id√©al de pr√©occupations politiques contemporaines largement exploit√© sur nos sc√®nes ¬Ė est celle des sexes, jou√©e et rejou√©e sur tous les tons mais n√©anmoins vibrante de naturalisme conjugal, sans pour autant verser dans la caricature domestique. D√©j√† terriblement contraint par le statisme mortifiant du premier acte, et bien qu'il tente d'en transformer les passages √† vide en v√©ritables modus operandi dramaturgiques, Loy peine malheureusement √† rendre lisibles les motivations de ses personnages, √† exprimer leurs tourments intimes, leurs craintes et leurs fantasmes √©rotiques dans un climat lourd et trop souvent vierge de toute tension.

    La pi√®ce elle-m√™me, il faut bien l'admettre, est par moments d√©cousue ¬Ė ou du moins parle-t-elle peu √† des sensibilit√©s musicales trouvant en un long et sans cesse renouvel√© culte mozartien leur raison d'√™tre et leur source. Il faut attendre les deux derniers actes, les interventions hallucin√©es de Michael Schade, le d√©sespoir touchant de la sorci√®re vuln√©rable d'Annette Dasch, les appels √† la raison de l'Ubaldo de Richard Croft, sulfureux objecteur de conscience, pour que le spectacle trouve son rythme, sa pertinence.

    © Monika Rittershaus

    Au surplus et malgré quelques réserves, les ressources vocales à disposition sont plus souvent qu'autrement à la hauteur des attentes. Le timbre noir de Vito Priante convient à un Idreno veule parmi les veules et comble de méchanceté, bien que le baryton-basse ne soit pas toujours franc d'émission et occasionnellement frustre de legato.

    Michael Schade, acteur-chanteur dont le public salzbourgeois n'est pas pr√™t d'oublier la composition psychologiquement fouill√©e du Titus mozartien, traite le mat√©riau qui lui est d√©volu avec beaucoup de perspicacit√© et d'instinct, peignant d'un r√īle relativement ingrat un portrait sensible rachetant les asp√©rit√©s d'une voix h√©ro√Įque peu s√©duisante et avare en couleurs.

    On pardonne l'absence de Patricia Petitbon, initialement annoncée en Zelmira et forfaite pour cause de maternité, alors que la débutante Mojca Erdmann, touchante présence scénique et solide de virtuosité dans quelques vocalises stratosphériques, se révèle la grande triomphatrice de la soirée. Bernard Richter ne démérite pas en amant anecdotique et Annette Dasch, quant à elle, plastique superlative et investissement physique total nonobstant, touche aux limites d'un instrument autrement apte à des emplois moins dramatiques.




    Felsenreitschule, Salzburg
    Le 15/08/2007
    Renaud LORANGER

    Nouvelle production d'Armida de Haydn mise en scène par Cristof Loy et sous la direction d'Ivor Bolton au festival de Salzbourg 2007.
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Armida, Hob. XXVIII : 12, dramma eroico en trois actes (1784)
    Livret de Nunziato Porta d'après Antonio Tozzi et Torquato Tasso

    Orchestre du Mozarteum de Salzbourg
    direction : Ivor Bolton
    mise en scène : Cristof Loy
    décors : Dirk Becker
    costumes : Bettina Walter
    éclairages : Olaf Winter
    dramaturgie : Annika Haller
    chorégraphie : Jochen Heckmann

    Avec :
    Annette Dasch (Armida), Michael Schade (Rinaldo), Mojca Erdmann (Zelmira), Vito Priante (Idreno), Richard Croft (Ubaldo), Bernard Richter (Clotarco).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com