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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Daniel Harding au festival de Salzbourg 2007.

Salzbourg 2007 (2) :
Une éblouissante matinée d'orchestre

© Simon Fowler / Virgin classics

Concert symphonique de onze heures comme Salzbourg en a le secret, ce grisant programme postromantique des Wiener Philharmoniker sous la direction tour à tour caressante et diabolique de Daniel Harding s'inscrit dans la lignée des grandes heures d'orchestre de la manifestation. Une matinée de rêve seulement ternie par une Renée Fleming en très petite forme.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 19/08/2007
Yannick MILLON
 



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  • Pourquoi jamais autant qu'en fin de matinĂ©e les week-ends Ă  Salzbourg le Philharmonique de Vienne ne dĂ©livre-t-il pareils sortilèges sonores ? La question reste posĂ©e. Ce concert sous la houlette de Daniel Harding, pour le troisième des cinq programmes symphoniques proposĂ©s cet Ă©tĂ©, ne dĂ©roge pas Ă  la règle, et sans doute n'avait-on pas vĂ©cu de prestation aussi Ă©blouissante depuis le programme Prokofiev-Schnittke-Stravinski de 2000 avec Gergiev. Le jeune prodige britannique, souvent dĂ©criĂ© pour ses accords taillĂ©s Ă  la serpe et son dĂ©capage corrosif des grands classiques du rĂ©pertoire, apparaĂ®t mĂ©connaissable.

    Pour preuve, un Siegfried-Idyll apaisé, tendre, tout en souplesse des transitions, ralentissant jusqu'à atteindre en sa coda une véritable apesanteur, cherchant à faire durer éternellement un divin mi majeur, à abolir le temps en des suspensions magnifiquement expressives entre les derniers accords. Les Viennois emplissent délicatement la salle de leurs sonorités inimitables – la suavité des cordes, la délicatesse infinie de la flûte, du hautbois, le cor bouleversant de finesse de Wolfgang Tomböck. Pas l'ombre d'une brusquerie dans cette exécution lumineuse, rien que douceur et sérénité.

    © Eccles

    On redescend sur terre avec les Quatre derniers Lieder qui suivent, desservis par une Renée Fleming dont on cherche le timbre miraculeux, dont le médium est complètement absorbé par une masse orchestrale pourtant aussi claire que possible, dont l'aigu affiche quelques stridences, dont le souffle s'avère laborieux.

    Et lorsque l'on perçoit la voix, c'est pour sacrifier à des mélismes opératiques, ceux de Rusalka, de Daphné, mais en rien ceux de l'univers crépusculaire du dernier Strauss. Des minauderies – qu'on n'entende plus jamais parler de la prétendue préciosité de Schwarzkopf dans ces pages –, un allemand en compote portent le coup de grâce à une interprétation basée sur le seul son, loin de toute narration. Le public applaudit respectueusement, mais aucun triomphe à l'horizon ; il y a tout de même une justice.

    Retour à l'orfèvrerie après l'entracte, avec les Six pièces pour orchestre op. 6 de Webern, qui laissent toujours l'auditoire de marbre, alors que Harding en donne une lecture à tomber, réussissant l'improbable pari d'une conception ultra analytique et ultra expressive, poussant chaque note à son potentiel optimal, servie par le raffinement inouï des timbres viennois – le sfumato de la cinquième pièce ; les contrastes dynamiques ahurissants de la marche funèbre, dont les clashs de timbre lacèrent comme le plus aiguisé des poignards.

    Déchaînements convulsifs

    Clou de la matinée enfin, une exécution de Mort et Transfiguration qui laisse sans voix, par l'individualisation de chaque climat, du statisme mortifère initial aux déchaînements convulsifs des assauts de la faucheuse, des accalmies soudaines à la longue montée au ciel de la transfiguration, comme par l'absolue continuité dramatique du discours.

    Pièce descriptive s'il en est, nourrie ici d'un saisissant réalisme cinématographique – mais jamais hollywoodien –, donnant l'impression de voir le corps secoué de spasmes, le visage défiguré par la douleur, les mains agrippées aux draps. Précisons aussi que tant dans le cantabile – le hautbois de Martin Gabriel – que dans les déchaînements de violence – des trombones et des cors chauffés à blanc, des timbales d'une férocité phénoménale – les Wiener se surpassent, poussés dans leurs derniers retranchements par une battue diabolique. Et dire qu'après tout cela, il est l'heure d'aller déjeuner !




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 19/08/2007
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Daniel Harding au festival de Salzbourg 2007.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Siegfried-Idyll (1870)

    Richard Strauss (1864-1949)
    Vier letzte Lieder (1948)
    Renée Fleming, soprano

    Anton Webern (1883-1945)
    Sechs StĂĽcke fĂĽr Orchester, op. 6 (1913)

    Richard Strauss (1864-1949)
    Tod und Verklärung, poème symphonique pour grand orchestre (1890)

    Wiener Philharmoniker
    direction : Daniel Harding

     


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