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CRITIQUES DE CONCERTS 06 juillet 2020

Nouvelle production de Benvenuto Cellini de Berlioz mise en scène par Philip Stölzl et sous la direction de Valery Gergiev au festival de Salzbourg 2007.

Salzbourg 2007 (6) :
Cellini Ă  Gotham City

© Clärchen Baus-Mattar & Matthias Baus

Kate Aldrich (Ascanio)

Production faramineuse que ce Benvenuto Cellini salzbourgeois de Philip Stölzl, roi des clips et des publicités pour le petit écran, d'une débauche d'effets cinématographiques à donner le tournis. Un spectacle en soi assurément réussi, entre humour et parodie, mais l'opéra fétiche de Berlioz y gagne-t-il vraiment ses galons d'ouvrage respectable ?
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 21/08/2007
Yannick MILLON
 



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  • Le public exulte, applaudit chaleureusement car il s'est beaucoup amusĂ© Ă  ce Benvenuto Cellini. Nous aussi du reste, après un Eugène OnĂ©guine dĂ©sabusĂ© et un FreischĂĽtz pour le moins questionnant et entĂŞtant. Car voilĂ  une production vraiment divertissante, qui en met plein la vue, avec tous les effets de grand spectacle possibles et imaginables.

    On se croirait en pleine production cinématographique à gros budget, dans une Rome futuriste en images de synthèse. Le premier tableau, sur les toits d'une Gotham City aux décors époustouflants, donne le ton, de l'arrivée de Cellini en hélico aux petits robots qui épilent les aisselles d'une Teresa aux allures de fée clochette, avant de tenter de s'épiler eux-mêmes.

    On aura droit aussi à un Ascanio en forme de Z6PO, qui chantera son air du II la tête séparée du tronc. Beaucoup d'humour et d'options percutantes, comme ce Pape habillé de fuchsia, débarquant dans une berline de luxe flanqué de deux mignons à paillettes, copain comme cochon – la poignée de mains lycéenne – avec un Cellini très bad boy.

    © Clärchen Baus-Mattar & Matthias Baus

    On nage constamment entre Batman et Walt Disney – la représentation de théâtre dans le théâtre dans la gueule d'un immense Nemo, les masques de carnaval – et les scènes de foule pharaoniques comme la gigantesque fonderie du dernier tableau laissent hébété par leur démesure, sans que l'on perde un instant le fil d'une intrigue pourtant relativement emberlificotée.

    Reste toutefois une question primordiale : pareille débauche, aussi réussie soit-elle, donne-t-elle ses lettres de noblesse à un opéra beaucoup plus souvent donné en concert qu'en version scénique ? Car si, très logiquement, les scènes comiques sont drôles, les scènes plus sérieuses virent à la parodie pure et simple. Ceux qui voient en Benvenuto Cellini un immense chef-d'oeuvre du répertoire resteront sceptiques, ceux qui le considèrent comme un ouvrage marginal et excentrique ne s'en plaindront pas outre mesure.

    Car quoi qu'il en soit, Philip Stölzl, auteur de clips pour Mick Jagger et Madonna, a imposé une direction d'acteurs très vivante, sans temps mort, à une époque où tant de metteurs en scène spécialisés dans l'opéra ne savent rien faire d'autre que du soporifique.

    © Clärchen Baus-Mattar & Matthias Baus

    Avec un visuel aussi détonnant, Valery Gergiev peut se livrer lui aussi à son exercice de fosse favori : la bacchanale, avec une frénésie, une hystérie qui servent parfaitement le grand délire sonore berliozien, notamment dans des épisodes choraux absolument transcendants. Le romantisme échevelé, les excès en tout genre tant reprochés au compositeur de son vivant comme par la postérité frappent ainsi en plein visage.

    La seule vraie crainte qu'on pouvait avoir concernant le chef ossète, en l'occurrence un manque de travail qui se serait avéré désastreux pour cette partition d'une virtuosité phénoménale, s'évanouit devant la qualité de mise en place de l'ensemble et une conception qui balaie tout sur son passage.

    Dommage, cent fois dommage alors que le plateau – à l'exception de Fieramosca – chante dans le plus désespérant des espérantos. Même si Benvenuto n'est pas Pelléas – loin s'en faut – , le préjudice est de poids, d'autant que le cast, sans être renversant – re-loin s'en faut – est plutôt homogène.

    Le très beau Cellini de Burkhard Fritz

    En un sens le moins accablant d'élocution des non-francophones, le Cellini de Burkhard Fritz se tire avec les honneurs d'une partie redoutable, très belle voix lyrique avec le nécessaire de suavité, aux aigus bien projetés et dont seuls le suraigu – l'ut notamment – et une manière de bousculer parfois le legato par de vilains coups de glotte pourraient appeler quelques réserves.

    Laurent Naouri est un Fieramosca idéal, excellent comédien, morigénant, glapissant à souhait, véritable mouche du coche. Maija Kovalevska, possible nouvelle icône de Salzbourg – la jeune femme est ravissante –, est une Teresa lyrique et légère à la fois, qui ne s'en laisse jamais compter, dotée d'un timbre d'une très belle qualité.

    Kate Aldrich offre quant à elle un Ascanio fiévreux, d'un mezzo en pleine santé, bien conduit, triomphant de ses séries insensées d'aigus avec tout l'abattage possible. Enfin, si Mikhail Petrenko est un Pape honorable, au beau grave, le Balducci de Brindley Sherratt, en plus d'une voix toute rentrée, remporte le trophée du français le plus massacré.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 21/08/2007
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Benvenuto Cellini de Berlioz mise en scène par Philip Stölzl et sous la direction de Valery Gergiev au festival de Salzbourg 2007.
    Hector Berlioz (1803-1969)
    Benvenuto Cellini, opéra en deux actes (1838)
    Livret de Léon de Wailly et Henri Auguste Barbier d'après les mémoires de Benvenuto Cellini
    Version originale

    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    Wiener Philharmoniker
    direction : Valery Gergiev
    mise en scène et décors : Philip Stölzl
    costumes : Kathi Maurer
    Ă©clairages : Duane Schuler
    vidéo : Stefan Kessner & Max Stolzenberg
    préparation des choeurs : Andreas Schüller

    Avec :
    Burkhard Fritz (Benvenuto Cellini), Laurent Naouri (Fieramosca), Brindley Sherratt (Giacomo Balducci), Mikhail Petrenko (le Pape Clément VII), Maija Kovalevska (Teresa), Kate Aldrich (Ascanio), Xavier Mas (Francesco), Roberto Tagliavini (Bernardino), Sung-Keun Park (le cabaretier), Adam Plachetka (Pompeo).

     



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