altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 24 octobre 2020

Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Nikolaus Harnoncourt au festival de Salzbourg 2007.

Salzbourg 2007 (9) :
Chemins de croix

© Marco Borgreve / Sony BMG

Chaque apparition du vétéran du baroque Nikolaus Harnoncourt à la tête des Wiener Philharmoniker est attendue comme un événement, avec l'espérance d'une nouvelle remise en cause. Centré sur une 7e symphonie de Bruckner déjà abordée il y a huit ans, ce concert salzbourgeois dévolu aussi à Schubert apparaît comme une succession de chemins de croix.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 25/08/2007
Yannick MILLON
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Saint François SDF

  • Chamboule-tout

  • En attendant Görge…

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Toujours surprenant, parfois rĂ©volutionnaire, souvent dĂ©rangeant, Nikolaus Harnoncourt demeure fidèle Ă  lui-mĂŞme malgrĂ© les ans. L'alchimie de ce perpĂ©tuel questionneur de la tradition avec les Wiener Philharmoniker fait de chacune de ses apparitions dans la capitale autrichienne ou Ă  Salzbourg un Ă©vĂ©nement incontournable. D'autant que ses interprĂ©tations connaissent parfois des revirements inattendus entre deux exĂ©cutions rapprochĂ©es.

    Ainsi, la 5e symphonie de Bruckner donnée et enregistrée à Vienne en juin 2004 et celle du festival de Salzbourg 2005 ont-elles arboré des visages sensiblement différents. On pouvait donc en espérer autant pour la 7e symphonie, gravée au disque il y a huit ans.

    Décidément imprévisible, Harnoncourt se sera tenu cette fois à sa révolution d'une petite décennie en arrière, avec une impressionnante similitude de tempi et d'accents. On connaît cette 7e, dégraissée à l'extrême, déromantisée au possible, qui paraîtrait même pour cette reprise plus austère encore – la manière impitoyablement abrupte de couper, d'étouffer toute résonance à la fin des mouvements rapides ; l'absence de toute percussion au sommet du mouvement lent, privé de son coup de cymbale mais aussi des traditionnels roulements de timbales.

    Les deux premiers mouvements, notamment, bousculeront toujours autant les amateurs d'un Bruckner de cathédrale par leur mobilité, leur avancée, leurs ruptures de ton, leur travail sur les masses, sur une sensation allégée du choral. Ce Bruckner pénitent, le ventre vide, sans l'ombre d'un sourire, tout entier tourné vers l'essentielle rigueur de la foi catholique, en ferait presque oublier l'hommage wagnérien – la présence ténue de tuben certainement pas emphatiques.

    Recadrage salutaire

    Si cette conception occultant tout lyrisme peut s'avérer frustrante jusqu'à mi-symphonie, elle offre du moins un recadrage salutaire de l'ensemble de l'oeuvre grâce à une tension jamais relâchée dans ses deux derniers mouvements, entre un Scherzo lapidaire et obsessionnel et un Finale prestissime, sur le fil du rasoir, tout en cassures, aiguisé jusqu'à en magnifier le langage disloqué. Ce n'était sans doute pas le plus mauvais service à rendre à une partition trop souvent traitée comme un diptyque initial superbement inspiré suivi de deux mouvements sans âme. Une conception au bénéfice du tout, qui exige forcément des concessions dans le détail.

    Si Harnoncourt a tendance à schubertiser Bruckner, il se plait aussi à brucknériser Schubert, comme en témoignait en fin de première partie un Chant des esprits sur les eaux d'une rare lenteur, décanté, faisant un sort à chaque note, à chaque syllabe, servi par les voix masculines d'un Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor magnifiquement lisible et équilibré. D'une orchestration limitée aux seules cordes – et encore sans violons –, le chef autrichien exalte l'étrangeté, les frottements harmoniques et l'inquiétante pulsation des contrebasses.

    Du grand art, à l'image de l'offertoire Intende voci qui ouvrait le concert, comptant parmi les derniers ouvrages achevés du compositeur en 1828, d'une sérénité absolue, seul moment un peu en marge des chemins de croix d'un programme superbement construit, avec ses délicates volutes de hautbois mêlées au ténor d'oratorio idéal de Michael Schade.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 25/08/2007
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Nikolaus Harnoncourt au festival de Salzbourg 2007.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Intende voci, offertoire D. 963
    Michael Schade, ténor
    Gesang der Geister ĂĽber den Wassern, D. 714
    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    préparation : Andreas Schüller

    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 7 en mi majeur

    Wiener Philharmoniker
    direction : Nikolaus Harnoncourt

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com