altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2019

9e symphonie de Mahler par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Sir Simon Rattle au festival de Salzbourg 2007.

Salzbourg 2007 (10) :
L'essentiel de Mahler

© Sheila Rock / Emi

Quand sonne l'heure de l'entr√©e en sc√®ne des Berliner √† Salzbourg, c'est que le festival n'est pas loin de toucher √† sa fin. Pr√©sents chaque ann√©e dans les derniers jours de la manifestation pour deux programmes diff√©rents, les autres Philharmoniker font honneur √† leur r√©putation dans une 9e de Mahler o√Ļ Rattle fait montre d'une hauteur de vue impressionnante.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 27/08/2007
Yannick MILLON
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Mort et transfiguration

  • A√Įda entre deux eaux

  • Quatre sur Six

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Pour le festivalier salzbourgeois, qui entend chaque √©t√© plusieurs fois les Wiener en fosse puis sur sc√®ne dans du r√©pertoire symphonique, √©couter les Berliner n√©cessite de tout autres dispositions, ainsi qu'un certain temps d'adaptation. En effet, les deux formations, de niveau similaire dans l'excellence, n'ont vraiment pas le m√™me cachet sonore.

    Bernard Haitink affirmait √† l'occasion d'un documentaire sur l'art de diriger Mahler qu'autant le Philharmonique de Berlin est un orchestre masculin, autant celui de Vienne ¬Ė pourtant connu encore r√©cemment pour n'employer que des hommes ¬Ė est un orchestre f√©minin : la gravit√©, la noirceur, l'assise, contre la tendresse, la lumi√®re, le soyeux ; la puissance monochrome contre la subtilit√© des timbres ; aussi la stabilit√© dans l'ex√©cution contre une finition plus capricieuse.

    Le point fort des deux formations, √† savoir leur parterre de cordes √† tomber √† la renverse, se d√©cline diff√©remment : de l'acier tremp√©, un jeu d'une extraordinaire densit√© contre une beaut√© plastique, une suavit√©, un soin infini de la couleur. Ce soir, les Berliner ne font pas exception √† la r√®gle, et commenter ne serait-ce que la prestation des cordes dans cette 9e de Mahler pourrait remplir des pages ¬Ė les raclements g√©niaux des seconds violons dans le L√§ndler, l'√©nergie tout en tension, la tenue du tapis de cordes dans le Finale.

    Et si, comme leurs homologues viennois deux jours auparavant, les Berliner laissent passer quelques couacs aux cuivres, mais aussi un piccolo incertain d'embouchure, ils n'en laissent pas moins une exécution de très haut vol. Sir Simon Rattle, dont on aime la clarté des textures, le fouillé de la polyphonie beaucoup plus que la volonté de faire différent pour faire différent, se montre ce soir d'une impressionnante hauteur de vue et affranchi de ses excentricités dans une symphonie qu'il a toujours réussie.

    Analytique, d'une lenteur excellemment tenue, l'Andante comodo initial bénéficie d'une ample respiration, en soupirs jamais larmoyants, en grincements des cuivres bouchés, en soudaines exaltations, avec une stabilité rythmique posée sur le motif introductif de la symphonie qui renforce le sentiment de l'inéluctable. On peut préférer, après le climax, désintégration plus graduelle du matériau, car les bois, qui ne sont pas ce que les Berliner ont de plus magnifique à faire entendre, ont tendance à jouer trop fort, à ne pas se perdre assez dans l'infiniment petit.

    En revanche, on aura rarement entendu bassons aussi goguenards dans un L√§ndler √† la succession de tempi g√©r√©e de main de ma√ģtre, aux pulsations appuy√©es bien au talon de l'archet. Comme nombre de ses coll√®gues, Rattle est parfois l√©g√®rement g√™n√© par la battue entre trois et un temps du Tempo II, et ne parvient en cons√©quence pas exactement √† lancer comme un Abbado une course √† l'ab√ģme lors de la derni√®re reprise du motif, mais il ne d√©m√©rite √† aucun moment, tout occup√© qu'il est √† ciseler les timbres.

    Engrenage rythmique

    De m√™me, il fait aujourd'hui partie des chefs qui servent le mieux le contrepoint d√©mentiel du Rondo-Burleske, avec pour particularit√© de refuser l'apaisement central du solo de trompette, encore sous le coup de l'engrenage rythmique, de la machine infernale qui cl√īt le mouvement en une grima√ßante danse de mort.

    Si l'on ajoute un Adagio terminal à aucun moment résigné, avec de vraies lueurs d'espoir, d'une prestance orchestrale jamais prise en défaut, on sera en droit de penser que sans forcément avoir assisté à la 9e du siècle, l'oeuvre était bien là, avec tout son essentiel. On attend avec d'autant plus d'impatience l'enregistrement qui doit suivre.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 27/08/2007
    Yannick MILLON

    9e symphonie de Mahler par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Sir Simon Rattle au festival de Salzbourg 2007.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n¬į 9 en r√© majeur

    Berliner Philharmoniker
    direction : Sir Simon Rattle

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com