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CRITIQUES DE CONCERTS 04 juillet 2020

3e symphonie de Mahler par le Lucerne Festival Orchestra sous la direction de Claudio Abbado au festival de Lucerne 2007.

Lucerne 2007 (1) :
Entre désertion et enchantement

© Priska Ketterer

Mahler par Abbado est maintenant un rendez-vous habituel très attendu par les festivaliers lucernois. Généralement inspiré dans ce répertoire, le chef italien ne convainc cependant qu'à demi avant de prendre en fin de concert son véritable envol. Chronique d'un Dieu Pan qui a déserté une grande partie de la 3e symphonie avant un Finale sous enchantement.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 19/08/2007
Benjamin GRENARD
 



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  • Particulièrement talentueux dans le rĂ©pertoire viennois du dĂ©but XXe siècle, Abbado est nĂ©cessairement très attendu dans Mahler. Un rendez-vous lucernois auquel il a du reste habituĂ© les festivaliers qui lui rĂ©servent toujours excellent accueil ; en 2004, l'exceptionnelle 5e symphonie suscitait une standing ovation en forme d'hommage chaleureux et spontanĂ©, alors que la puissance de l'esprit de la 6e symphonie faisait merveille l'Ă©tĂ© passĂ©.

    On retrouvera donc dans cette exécution de la 3e des constantes du chef italien : lecture cursive, dimension expressive du timbre et du sul ponticello en particulier, masse orchestrale ductile et lyrisme des lignes. L'immense bloc du mouvement initial est conçu dans une même coulée, avec des effets orchestraux bien sentis dans leur tranchant.

    Une pulsation interne trop soutenue empêche toutefois les solos de trombone de respirer calmement et leur fait perdre toute consistance, si bien que l'on passe à côté de leur atmosphère si particulière. Plus généralement, la tension reste modérée : aux soubresauts dionysiaques du réveil de Pan, Abbado préfère une contemplation apollinienne qui ne convainc qu'à demi.

    Le deuxième mouvement se révèle sous un jour lumineux, mis en relief par un orchestre hiérarchisé, qui se fait davantage mahlérien par son imitation de la nature, du chant des oiseaux aux bruissements. Une vision somme toute très pastorale, qui correspond bien à la lettre tout en demeurant assez lissée, et qui prédomine également dans le troisième mouvement, où encore une certaine ambivalence laisse sur sa faim.

    Car le lâcher prise qui aurait pu donner naissance à l'émerveillement n'est pas au rendez-vous, et les soli passent de manière anecdotique, la symphonie se déroule comme si l'enchantement de la nature pâtissait toujours d'un Pan dans les choux, n'habitant pas réellement la nature de sa présence.

    Anna Larsson, accompagnée par un tapis de cor parfois fragile, délivre un O Mensch tout en intériorité, jouant sur l'atmosphère lunaire au moyen d'un timbre charnel, tandis que Es sungen drei Engel sied plutôt bien à un choeur transparent et à un orchestre jouant de ses feux célestes.

    Un Finale de toute beauté

    C'est alors que la magie proprement mahlérienne se révèle avec un chef et un orchestre en état de grâce dans un Finale de toute beauté. Suavité des cordes, merveilleuse clarté de la polyphonie, vibrato idéalement jugulé, chaque pierre de ce mouvement-édifice dépouillé est parfaitement à sa place. La sonorité orchestrale prend une couleur plus travaillée, avec une belle homogénéité, les cuivres soutiennent idéalement la masse des cordes afin de rendre tout le lyrisme, la chaleur et la tension des lignes.

    À ce niveau, les imperfections se fondent dans la magie du discours : piccolo à la sonorité idoine en avance sur l'orchestre et cuivres manquant ponctuellement de rondeur n'entament à aucun moment la réussite de l'ensemble. En cohérence avec sa vision contemplative, Abbado gomme de la coda toute tension pour laisser s'épanouir dans l'espace les derniers accords d'un orgue virtuel.

    Après les fabuleuses 5e et 6e des années précédentes, cette 3e symphonie se situe indéniablement entre désertion et enchantement.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 19/08/2007
    Benjamin GRENARD

    3e symphonie de Mahler par le Lucerne Festival Orchestra sous la direction de Claudio Abbado au festival de Lucerne 2007.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 3 en ré mineur (1896)

    Anna Larsson, mezzo-soprano

    Damen des Arnold Schoenberg Chores Wien
    préparation : Erwin Ortner
    Tölzer Knabenchor
    préparation : Gerhard Schmidt-Gaden

    Lucerne Festival Orchestra
    direction : Claudio Abbado

     


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