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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2019

Premier concert de l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise sous la direction de Mariss Jansons, avec la participation du violoniste Frank Peter Zimmermann au festival de Lucerne 2007.

Lucerne 2007 (2) :
De l'Enfer au Paradis

Le premier programme que propose le chef letton Mariss Jansons à la tête de son Orchestre de la Radio bavaroise démontre dans la Cinquième Symphonie de Mahler une prodigieuse maîtrise et une éloquence sans faille. Le même esprit souffle dans l'interprétation par Frank Peter Zimmermann du Concerto pour violon de Britten d'un lyrisme sublime et désespéré.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 24/08/2007
Michel LE NAOUR
 



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  • De personnalitĂ©s très diffĂ©rentes, Gustav Mahler et Benjamin Britten Ă©taient marquĂ©s, chacun Ă  leur manière, par le sentiment de l'angoisse et du dĂ©sespoir. D'ailleurs, le compositeur anglais n'a jamais cachĂ© son admiration pour les climats profonds des Kindertotenlieder ou des Lieder eines fahrenden Gesellen.

    Le Concerto pour violon de Britten, composé à l'orée de la Seconde Guerre mondiale, garde la trace des événements tragiques qu'abhorrait ce pacifiste convaincu. En première partie du concert avec l'Orchestre de la Radio bavaroise, comme à l'accoutumée, le violoniste allemand Frank Peter Zimmermann donne l'impression, par l'aisance ailée dont il pare son exécution, de s'élever au-delà des notes tant la souplesse, la fluidité, le naturel et l'intelligence conceptuelle embrasent cette page sombre où le drame s'efface derrière la méditation.

    Peu jouée au concert, cette partition, d'une écriture serrée et intense mais virtuose – la longue cadence qui précède la Passacaille finale –, lyrique mais aussi spectaculaire (Vivace) trouve, dans ce soliste d'exception superbement accompagné par un orchestre clair et engagé, l'interprète de référence adapté à cet univers touché par la grâce.

    Après l'entracte, avec la 5e symphonie de Mahler, Mariss Jansons plonge au plus profond de la force expressive et de la tension dramatique. Depuis la Marche funèbre introductive jusqu'à l'explosion de joie feinte qui clôt cette progression de l'Enfer à la Lumière, le chef d'orchestre contrôle tous les éléments – de la polyphonie à la recherche de la moindre couleur – avec un sentiment d'urgence et un engagement qui mobilisent tous les musiciens littéralement portés par cette direction sans concession d'une efficacité impressionnante.

    Souffle brûlant et glacé

    Moins viennoise et sereine que dans d'autres versions (Abbado) – mais tout aussi homogène que celle de Haitink, plus objective que Bernstein ou Barbirolli, moins tendre que Neumann –, sa vision tendue comme un arc dans les deux premiers mouvements – vigoureuse et exacte (Scherzo), peu portée aux alanguissements (Adagietto à la vocalité somptueuse) – traverse avec un souffle tout à la fois brûlant et glacé ce monde implacable tel une machine de guerre où chacun est possédé par le but à atteindre.

    La conclusion, véloce et d'une clarté absolue, met en évidence la beauté et la discipline de l'orchestre qui, sous une telle conduite, n'a rien à envier à la Philharmonie de Berlin – interventions remarquées du hautboïste Stefan Schilli, du flûtiste français Philippe Boucly ou du trompettiste Annes Läubin, cohésion des cordes. Avec la venue de Mariss Jansons, le festival de Lucerne a une fois encore frappé un grand coup musical, que l'acoustique idéale de la grande salle de concert due à Jean Nouvel restitue avec une perfection sonore inouïe.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 24/08/2007
    Michel LE NAOUR

    Premier concert de l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise sous la direction de Mariss Jansons, avec la participation du violoniste Frank Peter Zimmermann au festival de Lucerne 2007.
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Concerto pour violon op. 15 (1939)
    Frank Peter Zimmermann, violon

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 5 en ut dièse mineur (1902)

    Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise
    direction : Mariss Jansons

     


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