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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Reprise de Capriccio de Richard Strauss mis en scène par Robert Carsen, sous la direction de Hartmut Haenchen à l'Opéra de Paris.

Un Caprice en demi-teinte
© Eric Mahoudeau

Solveig Kringelborn (la Comtesse)

Si la mise en scène du Capriccio de Richard Strauss par Robert Carsen au Palais Garnier n'a rien perdu de son charme ni de son efficacité, la distribution de cette reprise, nouvelle dans sa quasi totalité, se révèle plus inégale que celle de 2004, avec notamment la Comtesse assez décevante de Solveig Kringelborn.
 

Palais Garnier, Paris
Le 08/09/2007
Gérard MANNONI
 



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  • On attendait beaucoup de Solveig Kringelborn dans ce rôle mythique que marquèrent tant d'illustres cantatrices. Sans tenter une comparaison avec Elisabeth Schwarzkopf que personne n'a encore égalée dans ce qui fut l'un de ses plus grands rôles, le souvenir récent de Renée Fleming sur cette même scène est un excellent repère.

    Beauté, charme, perfection du style comme de la voix, la grande soprano américaine avait certainement fourni ce que la génération actuelle peut donner de mieux en la matière. Bouleversante Katerina Ismailova dans la version de concert de l'opéra de Chostakovitch au Châtelet la saison dernière, Solveig Kringelborn avait en principe tout pour assurer cette difficile relève. Belle, c'est incontestable, elle n'a pourtant pas su trouver ni scéniquement ni vocalement la spontanéité charmeuse et intelligente, le comportement raffiné et typique d'une civilisation un peu décadente mais si brillante dans ses préoccupations où culture et sensualité ne font qu'un.

    Même si Carsen situe l'action à l'époque de Strauss, la Comtesse voulue par les créateurs de l'oeuvre est une jeune femme de 27 ans de l'époque des Lumières, contemporaine de Diderot, de Rousseau et de Voltaire, une Madame d'Épinay en quelque sorte. Un vrai défi à relever pour toute interprète. Assez convenue dans sa gestuelle un peu trop précieuse, vocalement peu à l'aise malgré quelques jolis sons filés voire tubés, Solveig Kringelborn est trop pâle à bien des égards.

    Ses partenaires affirment des personnalités plus évidentes, entre l'excellent Flamand de Charles Workman, l'Olivier convaincant de Tassis Christoyannis et le remarquable La Roche du très intelligent Jan-Hendrik Rootering. Belle démonstration de chant à l'italienne des jeunes Elena Tsallagova et Juan Francisco Gatell, et c'est avec joie qu'on retrouve le Monsieur Taupe de Robert Tear, composition remarquable de ce chanteur-acteur exemplaire à la longue carrière.

    Jérôme Varnier est aussi un Haushofmeister sans reproche, mais on ne peut en dire autant de la Clairon de Doris Soffel, à la voix assez aigre et sans grande portée. Ce cher Olaf Bär, quant à lui, compose un Comte fort bien chanté mais un rien trop bonhomme pour un aristocrate raffiné, plus proche d'un bourgeois viennois que d'un châtelain de la région parisienne.

    Le point le plus fort de cette reprise est sans conteste la direction de Hartmut Haenchen. Tout comme au pupitre de Salomé, il trouve les accents, les inflexions, les contrastes les plus significatifs de cette partition si belle et si complexe, qui frôle souvent la musique de chambre et tisse une toile musicale d'une subtilité déconcertante, et dont seuls les plus grands chefs savent rendre à la fois la sensualité, les multiples reflets et l'efficacité théâtrale. L'Orchestre de l'Opéra était dans l'un de ses grands soirs.




    Palais Garnier, Paris
    Le 08/09/2007
    Gérard MANNONI

    Reprise de Capriccio de Richard Strauss mis en scène par Robert Carsen, sous la direction de Hartmut Haenchen à l'Opéra de Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Capriccio, conversation en musique en un acte (1942)
    Livret de Clemens Krauss et du compositeur

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Hartmut Haenchen
    mise en scène : Robert Carsen
    décors : Michael Levine
    costumes : Anthony Powell
    éclairages : Robert Carsen & Peter Van Praet
    chorégraphie : Jean-Guillaume Bart

    Avec :
    Solveig Kringelborn (Die Gräfin), Olaf Bär (Der Graf), Charles Workman (Flamand), Tassis Christoyannis (Olivier), Jan-Hendrick Rootering (La Roche), Hannah Esther Minutillo (Clairon), Elena Tsallagova (Eine italienischee Sängerin), Juan Francisco Gatell (Ein italienischer Tenor), Robert Tear (Monsieur Taupe), Jérôme Varnier (Der Haushofmeister).

     



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