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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2019

Deuxième concert de l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise sous la direction de Mariss Jansons au festival de Lucerne 2007.

Lucerne 2007 (3) :
Sommets incandescents

© Priska Ketterer

Le second programme de l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise à Lucerne juxtapose deux compositeurs contemporains, Richard Strauss et Jean Sibelius qui, dans Ainsi parlait Zarathoustra pour l'un et la 2e symphonie pour l'autre, auront permis à Mariss Jansons de porter ces partitions jusqu'aux limites de l'incandescence.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 25/08/2007
Michel LE NAOUR
 



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  • Malgré leurs divergences de conception, Richard Strauss et Jean Sibelius se connaissaient et s'appréciaient. Peu après avoir rencontré le compositeur allemand au festival de Heidelberg, de retour dans son pays, Sibelius s'attela à sa 2e symphonie qui, lors de sa création en 1902, par son caractère nordique et patriotique devint, avec Finlandia, l'emblème du sentiment national finlandais.

    Depuis les enregistrements sibéliens de Mariss Jansons – dont une insurpassable version de la suite Karelia avec l'Orchestre Philharmonique d'Oslo – on connaissait les liens qui unissent le chantre musical de la Finlande au chef letton. Son interprétation de la 2e symphonie donnée en seconde partie de concert avec son Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise développe une rhétorique tantôt brisée, tantôt unifiée, d'une tenue stylistique parfaite où la violence sous-jacente s'accorde au lyrisme proche de Tchaïkovski par l'appel aux états d'âme parfois panthéistes, mais sui generis par la tension et l'énergie éruptive qui annoncent le Sibelius de la maturité.

    Comme la veille, les instrumentistes munichois adhèrent avec une discipline consentie à cette ascension large et puissante – le hautbois tendre et charmeur de Stefan Schilli illumine le trio du Scherzo, les cuivres éclatent de jubilation dans la coda hymnique finale, le cor mordoré et assuré de Johannes Ritzkowsky perce la trame orchestrale. Le déferlement d'optimisme contagieux sur lequel se conclut la symphonie, par l'effet physique obtenu, réussit même à donner le frisson.

    En première partie, le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, déjà entendu au Théâtre des Champs-Élysées de Paris le 17 juin par les mêmes interprètes, profite de l'acoustique moins réverbérée de la Konzertsaal du Kultur und Kongresszentrum. Sans se départir d'une certaine objectivité propice à la précision du dessin, sans jamais se laisser tenter par la boursouflure ou la luxuriance gratuite, Jansons atteint une volupté – l'intervention du violon solo invité Anton Barachovsky est une splendeur dans la valse viennoise qui introduit le Chant de la danse –, une efficacité dans la plasticité qui se rapprochent de l'élégance de Rudolf Kempe plus que de l'ivresse somptueuse de Karajan.

    Sous une telle baguette, les huit séquences constitutives de l'oeuvre semblent se dérouler d'une seule coulée et le sentiment de redite que l'on peut parfois éprouver s'efface par cette volonté de ne pas se laisser griser par la seule opulence sonore. Les bis – une Valse triste de Sibelius d'une flexibilité inouïe et la délirante 2e suite de valses extraite du Chevalier à la rose de Richard Strauss, plus bavaroise que viennoise – déchaînent l'enthousiasme d'un public médusé par ce grand art de la direction aujourd'hui parvenu à son sommet.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 25/08/2007
    Michel LE NAOUR

    Deuxième concert de l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise sous la direction de Mariss Jansons au festival de Lucerne 2007.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Also sprach Zarathoustra, poème symphonique op. 30 (1896)

    Jean Sibelius (1865-1957)
    Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 43 (1902)

    Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise
    direction : Mariss Jansons

     


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