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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoűt 2019

Concert de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly au festival de Lucerne 2007.

Lucerne 2007 (5) :
Tout en rondeur

Après un concert des Wiener qui ont démontré plus que jamais leur connivence avec l'esprit populaire, retour à l'une des phalanges les plus emblématiques d'Allemagne pour sa tradition savante. Le Gewandhaus de Leipzig, fondé par Mendelssohn, se révèle toute en rondeur et en ductilité dans un programme consacré à son fondateur et à Brahms.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 09/09/2007
Benjamin GRENARD
 



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  • InsĂ©rer des pièces contemporaines dans les grands programmes symphoniques est une initiative Ă  encourager : après Atmosphères par les Wiener, le Gewandhaus de Leipzig ouvre son concert sur une pièce de Franke Ă©crite en 2006 et dĂ©diĂ©e Ă  Hans Werner Henze. La dĂ©dicace ne serait qu'anecdotique si l'oeuvre n'Ă©tait pas pourvue d'une citation du dĂ©dicataire et si le matĂ©riau n'Ă©tait pas tirĂ© de son nom.

    Quoi qu'il en soit, CUT VIII pour orchestre, en dépit de procédés d'écriture largement éprouvés par l'histoire musicale – pédales, structuration à partir de la répétition, atmosphère et mélodies néo-modales – fait son effet. Un côté debussyste, voire proche de Dutilleux, emporte l'adhésion d'autant que l'engagement et le talent de ses interprètes ne sont pas à démontrer.

    L'approche de Chailly et du Gewandhaus dans Mendelssohn comme dans Brahms se distingue par une image sonore toute en rondeur. La Symphonie italienne du fondateur de l'orchestre se situe dans un compromis naturel entre un classicisme vivant, spontané et un sens solide de l'architecture musicale, et une pâte sonore raisonnablement romantique, habilement mesurée, avec des timbres ductiles, notamment dans les bois.

    Chailly se révèle un lecteur hors pair dans le jaillissement qui sous-tend toujours la musique de Mendelssohn : lyrisme du chant, étagement et cohésion de l'orchestre, mise en relief fort pertinente de quelques notes tenues, l'ensemble est mené avec une intelligence remarquable. On est loin de l'inconsistance dénervée de certaines lectures mendelssohniennes ; tout sonne avec un métier exceptionnel avec un juste équilibre entre la charpente et le lyrisme.

    Grand moment de ce concert et mĂŞme approche intelligente, la 4e symphonie de Brahms rĂ©vèle cette mĂŞme sensibilitĂ© Ă  un discours fluide. L'image sonore de l'orchestre paraĂ®t presque molletonnĂ©e, ouatĂ©e. Chailly dĂ©pouille Brahms de tout l'aspect « hĂ©naurme Â» et sirupeux dans lequel on l'a trop souvent cantonnĂ© sans pour autant tomber dans le pĂ©chĂ© vĂ©niel d'une inconsistance post-baroque.

    Un Brahms on ne peut plus digeste

    L'orchestre brahmsien a rarement sonné de manière aussi digeste tout en conservant une réelle ampleur. Habile et subtil doseur, le chef italien cultive une magnifique dialectique entre l'aspect chambriste du mouvement initial et le côté plus dense et dramatique de certains passages. Le discours est tout du long géré avec une remarquable intensité. L'Allegro giocoso s'impose avec éclat dès les premières attaques des cordes tout en contrastant avec l'extraordinaire finesse de la petite percussion.

    Construite avec force dramaturgie, la lecture se fait de plus en plus tragique, le matériau sonore de plus en plus consistant : si le choral initial de l'Allegro energico est joué sans dramatisme inutile, il se construit pierre par pierre avec une intensité jamais démentie de bout en bout pour une passacaille tout simplement admirable.

    En somme, Chailly a assimilé toutes les données du style brahmsien : la filiation schubertienne, fondatrice du Brahms lyrique et mélodique, et la filiation beethovénienne, plus charpentée, dramaturgique et téléologique. Il donne incontestablement ici une grande leçon de direction, celle de l'ampleur sans la lourdeur, celle de l'intensité sans la démesure, celle du lyrisme sans l'emphase.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 09/09/2007
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly au festival de Lucerne 2007.
    Bernd Franke (*1959)
    CUT VIII for Hans Werner Henze (2006)

    Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)
    Symphonie n° 4 en la majeur op. 90, « italienne Â» (1833)

    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 4 en mi mineur op. 98 (1885)

    Das Gewandhausorchester Leipzig
    direction : Riccardo Chailly

     


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