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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2019

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Gustavo Dudamel, avec la participation du pianiste Daniel BarenboĂŻm au festival de Lucerne 2007.

Lucerne 2007 (6) :
Éclosion d'un phénomène

© Mathias Bothor / DG

Déjà largement célébré outre-Atlantique comme l'un des plus indiscutables prodiges de la direction d'orchestre, le tout jeune Vénézuélien Gustavo Dudamel, 26 ans, directeur de l'Orchestre des Jeunes de son pays natal depuis 1999, vient se confronter pour la première fois au Philharmonique de Vienne dans une 1re symphonie de Mahler assez phénoménale.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 10/09/2007
Yannick MILLON
 



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  • Encore rare il y a quelques annĂ©es, le phĂ©nomène des « baby conductors Â» tend aujourd'hui Ă  se rĂ©pandre, et le grand circuit international compte de plus en plus de chefs n'ayant pas encore atteint la trentaine. Une mode comme une autre sans doute, Ă  une Ă©poque oĂą l'on cherche le record Ă  tous les coins de rue, encouragĂ©e par des maisons de disques Ă  l'affĂ»t du dernier petit gĂ©nie.

    La tendance n'est pas sans danger, si l'on repense aux débuts fracassants de Daniel Harding, vite assombris par quelques enregistrements catastrophiques – symphonies de Brahms, Don Giovanni. Abreuvé de direction d'orchestre depuis le berceau, directeur depuis huit ans d'une formation respectable – l'Orchestre des Jeunes Simón Bolívar –, Gustavo Dudamel attire depuis quelques mois les projecteurs.

    Son passage à Lucerne pour ses débuts à la tête des Wiener Philharmoniker revêt donc des allures d'exécution test. On reste dans un premier temps sur sa faim dans le 1er concerto pour piano de Bartók, mais plutôt en raison du clavier balourd et englué de Daniel Barenboïm, dont la grosse patte ne parvient plus à traduire les martèlements rythmiques du maître hongrois, et dont l'utilisation insensée de pédale sur les croches répétées noie jusqu'au moindre sentiment de trépidation.

    De son côté, Dudamel offre une gestique et des changements de mesure absolument limpides, mais dans l'immobilisme un peu autiste du mouvement lent, le balancier de croches est trop scrupuleux pour vraiment retenir l'attention. Après de nombreux rappels, Barenboïm concède enfin en bis un Nocturne op. 27 n° 2 de Chopin aussi invraisemblable pour succéder à Bartók que magnifiquement rêveur et délicat.

    La deuxième partie permet de se concentrer sur l'essentiel de ce concert lucernois : la prestation d'un jeune maestro dans un ouvrage périlleux du répertoire, la 1re symphonie de Mahler, la même qu'avait massacrée il y a deux ans dans la même salle et avec les mêmes musiciens à coups de tape-à-l'œil et d'esbroufe un Daniele Gatti autrement plus installé dans la carrière et qui, parenthèse, vient d'être nommé à la tête du National de France pour succéder à Kurt Masur.

    © Priska Ketterer

    Rien de tel chez Dudamel, Ă  qui l'on pourra reprocher au pire une « soltisation Â», une tendance au sur-Ă©clat dans les codas des premier et dernier mouvements, lĂ©ger pĂ©chĂ© de jeunesse quoique sans jamais franchir la limite du bon goĂ»t. Car l'ensemble de l'exĂ©cution force le respect, principalement en raison d'une immense qualitĂ© : la confiance en la partition. Ainsi, jamais le texte n'est dĂ©formĂ© au profit de l'insolite ou de l'original Ă  tout prix, et ses rouages, son dĂ©roulement formel et organique sont parfaitement respectĂ©s.

    Le jeune Vénézuélien empoigne à bras le corps les cordes rustiques du Ländler, avant de les propulser comme auparavant avec un intense souffle de liberté les pizz qui lançaient l'Allegro du mouvement liminaire. Mieux, il se paie le luxe de climats raréfiés dans les transitions qu'on n'avait pas entendus aussi inspirés depuis Bernstein, profitant de la palette dynamique infinie de Viennois parfaitement gagnés à sa cause.

    Incroyable si l'on pense que ce petit bonhomme haut comme trois pommes, la tête rentrée dans les épaules, qui trottine nerveusement entre la coulisse et son podium, qui a l'air tout gêné devant les applaudissements, n'a pas encore soufflé sa vingt-septième bougie ! Standing ovation dès le premier rappel, avalanche de bravi et de cris d'encouragement, jamais on n'avait vu le très digne public suisse se lâcher ainsi.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 10/09/2007
    Yannick MILLON

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Gustavo Dudamel, avec la participation du pianiste Daniel BarenboĂŻm au festival de Lucerne 2007.
    BĂ©la BartĂłk (1881-1945)
    Concerto pour piano et orchestre n° 1, Sz 83 (1926)
    Daniel BarenboĂŻm, piano

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 1 en rĂ© majeur, « Titan Â» (1888)

    Wiener Philharmoniker
    direction : Gustavo Dudamel

     


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