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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Daniel Barenbo√Įm au festival de Lucerne 2007.

Lucerne 2007 (7) :
Héritage et tradition

© Georg Anderhub

Pour ce programme de grand r√©pertoire au festival de Lucerne, Daniel Barenbo√Įm se fait le h√©raut de la tradition dans une 5e symphonie de Schubert du plus parfait classicisme viennois et dans une Romantique de Bruckner dans la droite lign√©e de l'h√©ritage furtw√§nglerien. Du grand art, par-del√† les modes, port√© par un incontestable savoir-faire.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 11/09/2007
Yannick MILLON
 



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  • Nettement plus probant √† la t√™te du Philharmonique de Vienne ce soir qu'hier au piano dans un 1er concerto de Bart√≥k d'une digitalit√© douteuse, Daniel Barenbo√Įm appara√ģt sous son meilleur jour dans un programme qui lui permet d'illustrer √† l'envi tout son savoir-faire et sa g√©n√©rosit√© sonore.

    Petit moment d'apesanteur d'abord avec une 5e symphonie de Schubert miraculeuse, viennoise au-del√† de l'imaginable, tout en l√©geret√©, en vivacit√© des tempi, en id√©alit√© des dosages, et survol√©e par la fl√Ľte de la plus belle sveltesse de Dieter Flury. Si le mouvement lent laisse parfois filtrer un sfumato pr√©-brahmsien, l'orchestre, en √©tat de gr√Ęce, donne l'impression de dominer la partition de son alpha √† son om√©ga.

    Apr√®s une pause qui permet, dans la douceur de la fin d'√©t√©, de profiter sur la terrasse du KKL de l'air frais du lac des quatre cantons, on aborde la 4e symphonie de Bruckner en toute confiance. Comme dans son jardin, le chef isra√©lien se fait ici l'ap√ītre, l'h√©ritier direct des lectures de Furtw√§ngler, dont il reprend jusqu'√† certaines sp√©cificit√©s ¬Ė tel accent forte des basses, telle suspension inattendue.

    Du grand ma√ģtre allemand, Barenbo√Įm a surtout retenu un Bruckner ultra-mouvant d'agogique, de perp√©tuelle avanc√©e, comme sur des plaques tectoniques, d'une conception organique g√©n√©ralement d√©laiss√©e par les chefs d'aujourd'hui pour une pulsation plus stable et de minimes variations de tempo. On en retrouve aussi les accelerandi dans les transitions rythmiques, dans les tutti r√©p√©titifs, et l'alanguissement, le calando, l'√©l√©vation spirituelle des passages √† orchestration plus t√©nue.

    Surtout, les Viennois reconqui√®rent les qualit√©s de ce Bruckner en voie de disparition en deux coups d'archets et s'illustrent dans des soli de toute beaut√©. On retiendra tout particuli√®rement la prestation d'un nouveau jeune corniste qui a toutes les chances d'obtenir sa titularisation √† l'issue de sa p√©riode d'essai, tant son appel introductif sonne limpide, souverain d'embouchure, avec cette suavit√© des attaques, cette douceur du timbre qui pourrait √™tre d'un cornet √† bouquin, et cette pl√©nitude du fortissimo qui n'appartient qu'aux ma√ģtres du cor √† piston viennois.

    √Čpop√©e litt√©raire

    De la cantil√®ne des altos dans le mouvement lent √† la chasse chauff√©e √† blanc du Scherzo, des √©vocations de la nature haut-autrichienne du Trio aux myst√®res de la for√™t du Finale, de l'ampleur celibidachienne du th√®me de choral √† des interventions d'un groupe de cuivres ac√©r√© et bien en dehors, des sph√®res sonores des fl√Ľtes et hautbois √† la pr√©sence discr√®te et toujours sous-jacente, parfois inqui√©tante des contrebasses, on suit cette Romantique passionnante d'un bout √† l'autre comme une √©pop√©e litt√©raire.

    La derni√®re fois que nous avions entendu Barenbo√Įm diriger dans cette salle √©tait d√©j√† un 11 septembre, celui, tristement c√©l√®bre, de 2001, quand le chef isra√©lien √©tait venu conduire le Chicago Symphony dans une 7e de Mahler finalement jou√©e malgr√© les √©v√©nements de New York. L'ambiance mortif√®re de cette ex√©cution pr√©c√©d√©e, √† la demande des musiciens, par l'hymne am√©ricain et une minute de silence, est encore tr√®s pr√©sente dans l'esprit de ceux qui l'ont v√©cue. Par d√©cence, nous n'avions pas souhait√© √©crire sur ce concert.

    Six ans plus tard, nous sommes heureux de retrouver dans des circonstances purement musicales le fondateur du West-Eastern Divan Orchestra, √† la m√™me date et dans les m√™mes lieux, pour une prestation de la plus belle qualit√©, m√™me si, immanquablement, la ville charmante de Lucerne et son auditorium id√©al garderont √† jamais pour Barenbo√Įm comme pour nous une ind√©l√©bile amertume.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 11/09/2007
    Yannick MILLON

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Daniel Barenbo√Įm au festival de Lucerne 2007.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Symphonie n¬į 5 en sib majeur, D. 485 (1816)

    Anton Bruckner (1825-1896)
    Symphonie n¬į 4 en mib majeur WAB. 104, ¬ę romantique ¬Ľ (1878)
    Version de 1878-1880

    Wiener Philharmoniker
    direction : Daniel Barenbo√Įm

     


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