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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Monkey, Journey to the West de Chen Shi-Zheng au Théâtre du Châtelet, Paris.

Un petit singe facétieux et irrésistible
© Marie-Noëlle Robert

Le petit singe jaune doit bien ricaner de la farce qu'il fait au public parisien en l'interloquant avec un spectacle inclassable. Opéra pop, ballet kitsch, comédie musicale, BD de mangas japonais mêlés d'images virtuelles, conte féerique et acrobatique : Monkey, Journey to the West est tout cela à la fois, sur fond de culture chinoise.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 27/09/2007
Nicole DUAULT
 



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  • Le déroutant ovni scénique Monkey, Journey to the West attire les foules, puisque le Châtelet a dû ajouter trois représentations aux quinze prévues. Tiré d'un classique de la littérature chinoise, Xi You Ji (les Pérégrinations vers l'ouest), l'histoire raconte les aventures du Roi Singe qui accompagne le moine Tripitaka dans son voyage à la recherche de manuscrits sacrés.

    La légende originale décrit également le cycle de la transformation de l'animal à l'homme, jusqu'au Bouddha. Elle est à la fois un conte philosophique et une quête spirituelle. On peut y voir encore une allégorie de l'enfant qui grandit. Dans une mise en scène sans temps mort se succèdent des tableaux époustouflants et très cinématographiques, depuis la naissance du singe qui sort d'un ?uf jusqu'au grand Bouddha du final qui occupe toute la scène du Châtelet.

    Le singe s'élance sur un nuage magique, descend jusqu'au fond de la mer, se bat sur la paume gigantesque d'un Bouddha dont les cinq doigts sont les piliers de la sagesse. Le petit animal n'est pas le seul à bondir : une cinquantaine d'acrobates, de chanteurs, de danseurs volent dans les airs, jonglent avec des assiettes, se contorsionnent comme il est de tradition dans le cirque chinois, glissent à roller, se battent dans des combats dignes de Star Wars ou encore dans de formidables assauts de Kung-Fu. Pendant ce temps, des dessins animés apparaissent en superposition. Ils sont dus à une vedette de la BD, Jamie Hewlett, créateur de l'esthétique virtuelle de Gorillaz.

    © Marie-Noëlle Robert

    À l'heure de la mondialisation, le petit singe offre le visage sympathique d'un télescopage de cultures. Le metteur en scène est le Chinois de New York, Chen Shi-Zheng, naguère auteur inspiré du Pavillon aux pivoines qui, par sa lente méditation, nous avait éblouis d'émotion retenue. Guère d'émotion toutefois dans les trépidantes aventures du petit singe, c'est par là que pèche le spectacle. Il reste un pur divertissement très superficiel, fantaisiste et plein d'humour. La spiritualité du récit initial est bien loin des préoccupations des maîtres d'oeuvre. Ce n'est pas leur propos.

    La musique est due elle aussi à une vedette de la pop anglaise, Damon Albarn, leader du groupe Blur, connu en France puisque jadis Françoise Hardy chanta avec lui. Le musicien anglais a imaginé une composition éclectique qui mêle des percussions chinoises, des rythmes de tribus africaines, de la musique électronique ainsi que des sons inspirés par la circulation automobile.

    Mais Albarn est resté en-deçà de son inspiration, sans grande invention et très répétitif. « Help ! Si c'est ça, la pop anglaise d'aujourd'hui, rendez-nous les Beatles ! » maugréait un spectateur à l'issue de la première représentation. On passe pourtant deux heures ? sans entracte ? agréables en sachant que le petit singe a de l'avenir puisqu'il va se rendre en Allemagne et a des perspectives en Chine.

    Une petite réserve : cette création est une coproduction initiée par Jean-Luc Choplin. Bravo, mais bien qu'elle soit chantée en mandarin, réalisée par une équipe américano-anglaise, n'aurait-on pu, pour son passage à Paris, lui donner un titre français ?




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 27/09/2007
    Nicole DUAULT

    Monkey, Journey to the West de Chen Shi-Zheng au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Monkey, Journey to the West, opéra en neuf tableaux d'après le classique de la littérature chinoise Xi You Ji de Wu Cheng'en

    Coproduction avec le Manchester International Festival et le Staatsoper unter den Linden Berlin

    conception et mise en scène: Chen Shi-Zheng
    musique : Damon Albarn
    concept visuel, décors et costumes : Jamie Hewlett
    direction musicale : André de Ridder
    dramaturgie : David Greenspan

    Acrobates, interprètes d'arts martiaux, chanteurs d'opéra chinois, choeur et orchestre de Damon Albarn.

     


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