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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Voyage d'hiver de Schubert par le baryton Dietrich Henschel accompagné au piano par Fritz Schwinghammer à l'Auditorium du Louvre, Paris.

Désastreux voyage
© Patricia Wilenski

Énorme déception que ce Voyage d'hiver de l'Auditorium du Louvre, chanté par un Dietrich Henschel en très inquiétant état vocal et dans une interprétation en contradiction avec celle de son accompagnateur. Une soirée proche du désastre, où le baryton berlinois, d'un chant détimbré, privé de projection et d'harmoniques, ne trouve jamais le ton du cycle schubertien.
 

Auditorium du Louvre, Paris
Le 03/10/2007
Gérard MANNONI
 



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  • On pouvait attendre beaucoup de cette soirée où Dietrich Henschel aurait dû nous donner une exemplaire lecture du Voyage d'hiver de Schubert. Il n'y a pas si longtemps encore ? Cf. son Wozzeck à Lyon en 2003 ? il incarnait un certain art du chant typiquement germanique et remarquable à bien des égards, qui devait être chez lui dans ce répertoire. Que lui est-il arrivé depuis ?

    Dans sa critique des Maîtres chanteurs à Genève publiée dans nos colonnes, Yannick Millon écrivait déjà en décembre 2006 de son Beckmesser : « Dietrich Henschel, timbre et projection en pleine détresse, qui, s'il n'eut jamais une grande voix, affiche aujourd'hui un délabrement rédhibitoire
     ». Et bien, voilà exactement ce que l'on peut dire de son Voyage d'hiver à l'Auditorium du Louvre !

    Murmuré la plupart du temps, mais surtout détimbré dans une impression d'effort permanent, à peine juste souvent par manque d'harmoniques, son chant reste la plupart du temps confidentiel, lointain, sans couleurs ni expression. Quelques éclats viennent parfois rappeler que cette voix était aussi faite pour l'opéra, mais Henschel semble s'adresser essentiellement aux micros de France Musique, ou à sa cravate, si l'on veut être moins courtois.

    Tout est terne, uniforme, parfois à peine audible, effectivement sans projection. Bien sûr, ces pages furent écrites plus pour le salon que pour la salle de concert. Mais, sans hurler, il faut tout de même savoir faire passer quelque chose à un millier de personne et non à une douzaine. Tant d'autres ont su et savent encore le faire.

    Cette impression désastreuse est encore accentuée par l'approche pianistique de son partenaire, Fritz Schwinghammer. On dirait que les deux artistes ne se sont pas concertés. Tandis que le chanteur s'égare en plein brouillard, le pianiste caracole dans la lumière, avec un jeu net, bien frappé, aussi figuratif que possible, sans beaucoup de mystère ni de poésie.

    Contraste total qui rend encore plus cruelle l'impression que donne Henschel de chercher timbre, son, phrasé, couleur, sans jamais vraiment y parvenir. Il ne reste quasiment rien du climat fantasmagorique ni émotionnel de l'oeuvre, pas plus que de sa lente progression vers des mondes au-delà du désespoir et de la lucidité.

    Une soirée à oublier au plus vite, par respect pour Henschel
    et pour Schubert.




    Auditorium du Louvre, Paris
    Le 03/10/2007
    Gérard MANNONI

    Voyage d'hiver de Schubert par le baryton Dietrich Henschel accompagné au piano par Fritz Schwinghammer à l'Auditorium du Louvre, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Winterreise

    Dietrich Henschel, baryton
    Fritz Schwinghammer, piano

     


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