altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 13 décembre 2019

Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Gustavo Dudamel, avec la participation du pianiste Leif Ove Andsnes Ă  la salle Pleyel, Paris.

Graine de star
© Mathias Bothor / DG

Attendu comme le dernier Messie de la direction d'orchestre, le jeune Vénézuélien Gustavo Dudamel, face au Philharmonique de Radio France, prouve dans une 7e symphonie de Beethoven architecturée et énergique que l'on a eu raison de croire en lui. À ses côtés, dans le 2e concerto de Brahms, Leif Ove Andsnes affirme une hauteur de vue d'une densité minérale.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 05/10/2007
Michel LE NAOUR
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Mazel Tov !

  • Demi-fresque

  • Mort Ă  Munich

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Public des grands soirs Ă  Pleyel pour dĂ©couvrir la nouvelle coqueluche du monde de la direction d'orchestre, Gustavo Dudamel, adoubĂ© par Abbado et Rattle et qui a dĂ©jĂ  fait une apparition remarquĂ©e au Festival de Saint-Denis en juin dernier dans la 5e symphonie de Mahler – qu'il a d'ailleurs enregistrĂ©e pour Deutsche Grammophon.

    En première partie, le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes affronte sans frémir le 2e concerto de Brahms, l'un des vaisseaux les plus redoutables du répertoire pour clavier, qui demande non seulement des doigts et de la pensée, mais aussi de l'estomac ! Concentré, plus attaché à une dimension chambriste qu'à une déclamation puissante, Andsnes, avec maîtrise des nuances et autorité intellectuelle, semble accorder davantage de prix au jansénisme interprétatif.

    Le chef, plus sanguin, voire emporté dans le final – Allegro grazioso –, ménage dans les tutti, en particulier dans l'Allegro non troppo initial, des élans passionnés parfois en contradiction avec les intentions du soliste. La démonstration, d'une plastique sonore tout à fait convaincante, offre un climat in fine plus lumineux que dramatique.

    La 7e symphonie de Beethoven est un passage obligé qui permet d'évaluer la maturité d'un chef tant l'exécution qu'il en donne détermine sa capacité à fédérer les contraires. D'entrée, la prise en mains qu'effectue Gustavo Dudamel ne laisse pas de doute sur ses intentions impérieuses – transition entre le Poco sostenuto et le Vivace –, sur sa propension à faire naître la tension et à construire un corps homogène sans cesse en expansion.

    Le tempo relativement rapide de la « marche funèbre Â» – mais c'est bien en fait un Allegretto – n'enlève rien Ă  l'intensitĂ© et au lyrisme ; le Scherzo, dont le Trio paraĂ®t souvent rĂ©pĂ©titif sous d'autres baguettes, possède une Ă©vidence ponctuĂ©e par les remarquables interventions des cuivres, d'une nettetĂ© d'intonation peu courante chez les orchestres français.

    Un Allegro con brio final panique

    La fameuse « apothĂ©ose de la danse Â» de l'Allegro con brio final est d'une panique enflammĂ©e, Ă©lectrique, enivrante, au point parfois de se rompre tant les respirations sont gommĂ©es au profit de l'urgence de la ligne directrice. Pourtant, cette projection enthousiaste, qui correspond aussi Ă  la gestique, relayĂ©e par un Philhar' en pleine possession de ses moyens, rejoint par d'autres voies les rĂ©ussites du premier Abbado, de Schuricht et plus encore de Beecham.

    André Boucourechliev, clairvoyant exégète de l'oeuvre beethovénien, prétendait que le sens de la 7e symphonie ne peut apparaître que dans la fugitive rencontre d'un interprète et de son public. Mission accomplie pour ce jeune chef de 26 ans aux dons éclatants et auquel, sans être pythonisse, on peut d'ores et déjà prédire un avenir prometteur.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 05/10/2007
    Michel LE NAOUR

    Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Gustavo Dudamel, avec la participation du pianiste Leif Ove Andsnes Ă  la salle Pleyel, Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Concerto pour piano et orchestre n° 2 en sib majeur op. 83 (1881)
    Leif Ove Andsnes, piano

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 7 en la majeur op. 92 (1813)

    Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : Gustavo Dudamel

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com