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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Nouvelle production de Lulu de Berg à l'Opéra Théâtre de Metz.

Portrait extrĂŞme d'une femme
© Marc Royer

Pour sa quatrième mise en scène d'opéra, Danielle Ory, directrice de l'Opéra Théâtre de Metz a joué gros avec l'une des oeuvres les plus complexes du répertoire. Elle signe un spectacle qui a de la classe et que défend une distribution jeune d'excellente tenue.
 

Opéra-Théâtre, Metz
Le 30/05/2000
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Il Ă©tait sĂ»rement tentant pour la seule femme directrice d'opĂ©ra en France et de surcroĂ®t metteur en scène depuis 1998, de s'attaquer Ă  ce portrait extrĂŞme de la femme qu'est la Lulu d'Alban Berg. Diabolique sĂ©ductrice et cynique meurtrière ? Femme objet victime des hommes ? Toutes les facettes de la femme en une seule ? On a abondamment Ă©piloguĂ© sur ce qu'Ă©tait l'hĂ©roĂŻne de Wedekind et de Berg. Chaque metteur en scène a son approche. Danielle Ory a de toute Ă©vidence choisi celui de la fĂ©minitĂ© fragile, de la sĂ©duction presque inconsciente poussĂ©e toujours plus avant vers la dĂ©chĂ©ance, davantage fuite en avant pour Ă©chapper Ă  la situation prĂ©cĂ©dente que profonde perversitĂ©. PlutĂ´t qu'un monde d'emblĂ©e dĂ©cadent, c'est une sociĂ©tĂ© Ă©lĂ©gante et en apparence policĂ©e qu'elle exhibe. Les beaux dĂ©cors clairs et structurĂ©s de Philippe Fraisse sont le cadre raffinĂ© oĂą se dĂ©ploie idĂ©alement la sĂ©duction naturelle de Lulu incarnĂ©e par la belle et filiforme Rayanne Dupuis, voix fragile et sensuelle comme l'âme de son personnage. Bien sĂ»r, tout bascule au dernier acte dans un sordide meublĂ© londonien, mais jamais on ne tombe dans l'hyperrĂ©alisme glauque. La direction d'acteurs est subtile, prĂ©cise, bien dĂ©finie et mĂŞme si l'on aimerait parfois un peu plus de noirceur, on apprĂ©cie cette vision de l'oeuvre plus Ă  la Klimt qu'Ă  la Kokochka. Direction prudente mais bien en place de Jacques Lacombe qui tient en main une distribution de qualitĂ© menĂ©e par l'excellent Schön de Patrice Berger - un futur Wotan ? - par Gilles Ragon très convaincant en peintre - ici nommĂ© portraitiste, car il s'agit d'une photo- et par John Uhlenhopp, Alwa amoureux transi et victime indirecte du cycle infernal engendrĂ© par Lulu. Un spectacle de très bonne tenue pour une oeuvre aussi difficile.




    Opéra-Théâtre, Metz
    Le 30/05/2000
    GĂ©rard MANNONI

    Nouvelle production de Lulu de Berg à l'Opéra Théâtre de Metz.
    Lulu d'Alban Berg
    Philharmonie de Lorraine
    Direction musicale : Jacques Lacombe - Mise en scène : Danielle Ory - Décors : Philippe Fraisse - Costumes : Arthur Aballain.
    Avec Rayanne Dupuis (Lulu), Doris Lamprecht (la Comtesse Geschwitz), Alexandra Rivas (l'habilleuse, le groom, le lycéen), Patrice Berger (Docteur Schön, Jack), John Uhlenhopp (Alwa), Gilles Ragon (le portraitiste, le négre, le marquis), François Loup (Schigolch), Eric Martin-Bonnet (le dompteur, l'athlète), Bernard van der Meersch (le Prince, le valet de chambre, Aujust, le professeur de médecine), Isabelle Théobald (une décoratrice), Françoise Folschweiller (la mère), Czeslawa Kiciak (une fille de 15 ans), Jean-Sébastien Frantz (le banquier), Thomas Roediger (un serviteur), Lionel Voiry (le commissaire de police).

     


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