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CRITIQUES DE CONCERTS 10 juillet 2020

Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach, avec la participation du violoncelliste Yo-Yo Ma à la salle Pleyel, Paris.

Le vent en poupe
© Eric Brissaud

En accueillant dans le c√©l√®bre Concerto de Dvoř√°k le subtil violoncelliste Yo-Yo Ma et en ressuscitant la rare Symphonie en mi b√©mol de Hindemith sous la direction engag√©e de Christoph Eschenbach, l'Orchestre de Paris manifeste √† nouveau, comme dans la Symphonie Titan de Mahler il y a une semaine, une sant√© musicale r√©confortante.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 17/10/2007
Michel LE NAOUR
 



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  • Le concert de l'Orchestre de Paris du 10 octobre avec le sensuel Concerto pour violon de Korngold sous les doigts agiles de Philippe A√Įche et la 1re symphonie de Mahler, dramatique et expressionniste √† souhait sous la direction de Christoph Eschenbach, avait d√©j√† prouv√© la fra√ģcheur de la phalange parisienne.

    Une semaine plus tard, l'√©tat de gr√Ęce semble mutatis mutandis se reproduire bien que, dans le Concerto pour violoncelle de Dvoř√°k au ton lyrique et altier, le jeu √©pur√© de Yo-Yo Ma soit parfois proche de la musique de chambre (Adagio ma non troppo) et contraste avec l'ex√©cution tr√®s solide, voire germanique du chef (tutti de l'Allegro initial).

    Pourtant, chaque intervention soliste ¬Ė la clarinette de Pascal Moragu√®s, la fl√Ľte de Vincent Lucas ¬Ė apporte cette satisfaction sonore dont est capable, dans ses grands jours, l'Orchestre de Paris. Les deux bis accord√©s g√©n√©reusement par Yo-Yo Ma ¬Ė deux extraits des Suites pour violoncelle de Bach ¬Ė, entretiennent ce sentiment de d√©cantation musicale comme hors du monde que veut obtenir dans son intonation le virtuose chinois, y compris quand il s'empare d'un autre instrument, celui d'√Čric Picard, le soliste de l'Orchestre, pour le second bis.

    La densit√© p√©remptoire de la Symphonie en mib de Hindemith donn√©e en deuxi√®me partie prend, sous la baguette d'Eschenbach, des accents quasi bruckn√©riens. Cr√©√©e √† Minneapolis en 1941 par Dimitri Mitropoulos, alors que le compositeur avait √©migr√© depuis un an aux √Čtats-Unis, l'oeuvre, malgr√© son caract√®re volontiers composite, influenc√©e par le rythme de la musique am√©ricaine, voire du jazz, garde le lyrisme des symphonies romantiques allemandes mais int√®gre une tradition d'outre-atlantique ¬Ė Ives, Copland.

    Dans ce matériau complexe en fusion, l'interprétation du chef allemand et de son orchestre s'affirme à la fois énergique, puissante, charpentée, sans éviter toutefois une certaine surcharge qui est le péché mignon de Hindemith et le rend souvent si impénétrable au public français. Quoiqu'il en soit, la péroraison fracassante du mouvement final (Mässig schnelle Halbe) est impressionnante à en provoquer la chair de poule.

    Décidément, ce mois d'octobre aura été particulièrement faste à un Orchestre de Paris sur le point de s'envoler pour une tournée de trois semaines en Asie.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 17/10/2007
    Michel LE NAOUR

    Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach, avec la participation du violoncelliste Yo-Yo Ma à la salle Pleyel, Paris.
    Antonin Dvoř√°k (1841-1904)
    Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op. 104 (1896)
    Yo-Yo Ma, violoncelle

    Paul Hindemith (1895-1963)
    Symphonie en mi bémol majeur (1941)

    Orchestre de Paris
    direction : Christoph Eschenbach

     


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