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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2018

Reprise de Tosca de Puccini dans la mise en scène de Werner Schroeter, sous la direction de Nicola Luisotti à l'Opéra de Paris.

Une Tosca sans drame
© Eric Mahoudeau

Catherine Naglestad (Floria Tosca)

Septième reprise à la Bastille pour la production de 1994 sans grand intérêt de Tosca par Werner Schroeter, avec cette fois une distribution sans homogénéité et très inégale. L'opéra de Puccini a connu des soirées plus stimulantes à l'Opéra de Paris. Espérons que la deuxième distribution donnée en alternance saura provoquer un frisson pour l'heure totalement absent.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 24/10/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Est-ce la peine de donner Tosca à l'Opéra de Paris si l'on ne peut rehausser une production laide et confuse par une distribution qui ait des chances de réveiller le spectacle ? L'actuel directeur de l'institution n'a jamais caché que Puccini ne comptait pas parmi ses compositeurs de prédilection. Alors, pourquoi ne pas le laisser carrément de côté ? On le lui pardonnerait volontiers après une reprise aussi peu gratifiante.

    Qui peut-on sauver ? Certainement Catherine Naglestad dans le rôle-titre, car c'est une excellent chanteuse et une fine musicienne. Elle l'a déjà prouvé dans les mêmes lieux, en particulier dans Salomé. Est-elle pour autant une Tosca ? La voix est belle, parfaitement menée, avec des aigus vaillants, puissants, faciles. Elle chante l'illustrissime prière du deuxième acte sans chercher l'effet, tout en finesse, en nuances, sur le fil du souffle. Un vrai moment de musique. Mais on ne peut nier que le médium et le grave disparaissent vite derrière les décibels de l'orchestre, car ils n'ont pas la couleur naturelle qui pourrait leur permettre de passer en toutes circonstances.

    L'interprétation y perd en force dramatique, même si, une fois encore, les aigus jaillissent avec éclat. Catherine Naglestad n'atteint ainsi jamais une vraie dimension tragique. Elle n'est pas une grande amoureuse, une grande jalouse ni une grande passionnée, d'autant que son jeu dramatique chargé de trop de mimiques, de regards effarés, de moues et autres minauderies en fait plus une midinette en perdition qu'une héroïne mythique capable de meurtre et de suicide.

    Les vraies Tosca avaient une tout autre dimension : Callas naturellement, mais aussi Tebaldi, Vichnevskaïa, Crespin, Rysanek, Price et bien d'autres. Même si personne ne peut aujourd'hui les égaler, elles peuvent toujours servir de référence, de but à atteindre, de direction à prendre.

    Face à cette belle musicienne un peu fragile, Vladimir Galouzine est un Mario hurlant à plein gosier, avec une telle constance qu'il connaît au troisième acte quelques craquages révélateurs. Sans nuances, monolithique, sans intentions musicales ni théâtrales, voilà bien l'un des Cavaradossi les plus linéaires et massifs que l'on ait entendus depuis longtemps. Aucune fusion n'est possible avec sa partenaire au chant totalement opposé.

    Entre eux, Franck Ferrari tente vainement d'imposer un Scarpia dont il n'a ni les moyens vocaux ni la stature. Cet excellent chanteur, applaudi si souvent sur nos scènes et ailleurs, n'est qu'une ombre de méchant, au chant trop joli et pas assez percutant, passant peu un orchestre très puissant. Bien difficile de croire un seul instant au drame se jouant entre ce trio improbable !

    D'autant que la mise en scène de Werner Schroeter est toujours aussi plate, aussi peu inventive, avec juste quelques idées inutiles et absconses, dans un décor toujours aussi laid, même si on quand même remplacé l'épouvantable Marie-Madeleine d'origine. Le chef Nicola Luisotti aurait pu, aurait dû parvenir à créer et à gérer une certaine osmose vocale et musicale. Il s'est contenté de mener l'orchestre de manière brillante, voire fracassante, ne ménageant pas les chanteurs, comme s'il accompagnait uniquement les décibels de Galouzine.

    Alors, malgré les incontestables qualités de Catherine Naglestad, malgré des seconds rôles très bien tenus, l'émotion n'est pas au rendez-vous. Avec une partition comme Tosca, c'est quand même une gageure ! Peut-être la deuxième distribution qui alterne, réunissant Sylvie Valayre, Marcus Haddock et Samuel Ramey, sera-t-elle plus apte à nous donner le grand frisson. Comme dit Carmen : « il est permis d'attendre, il est doux d'espérer ».




    Opéra Bastille, Paris
    Le 24/10/2007
    Gérard MANNONI

    Reprise de Tosca de Puccini dans la mise en scène de Werner Schroeter, sous la direction de Nicola Luisotti à l'Opéra de Paris.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Tosca, melodramma en trois actes (1900)
    Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d'après la pièce de Victorien Sardou

    Maîtrise des Hauts-de-Seine / Choeur d'enfants de l'Opéra national de Paris
    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Nicola Luisotti
    mise en scène : Werner Schroeter
    décors et costumes : Alberte Barsacq
    éclairages : André Diot
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Catherine Naglestad (Floria Tosca), Vladimir Galouzine (Mario Cavaradossi), Franck Ferrari (Scarpia), Wojtek Smilek (Cesare Angelotti), Christian Jean (Spoletta), Jean-Philippe Marlière (Il Sagrestano), Yuri Kissin ( Sciarrone), Christian Tréguier (Un Carceriere).

     



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