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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2018

Création française de Bintou Wéré, un opéra du Sahel, de Zé Manel Fortes, Koulsy Lamko et Wasis Diop au Théâtre du Châtelet, Paris.

Le premier opéra africain
© Marie-Noëlle Robert

Gros succès pour la création française au Théâtre du Châtelet de Bintou Wéré, un opéra du Sahel, premier opéra africain de l'Histoire dont Koulsy Lamko et Wasis Diop signent le livret et Zé Manel Fortes la musique. Un spectacle coloré, tonifiant, attachant, porteur de messages qui ne peuvent laisser indifférent.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 25/10/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Le Châtelet nous promène cet automne d'un continent à l'autre. Après la Chine de Monkey Journey to the West et avant l'Amérique de West Side Story, passage par l'Afrique avec cet opéra du Sahel initié par la Fondation Prince Claus des Pays-Bas. La République du Mali est coproductrice avec le Théâtre du Châtelet de ce spectacle dont la Fondation Opéra du Sahel assure la production, la tournée et l'exploitation.

    L'origine du projet remonte à 1996 lorsque le Prince Claus, grand connaisseur du Sahel, songea à mettre en jeu les magnifiques forces artistiques du pays pour la réalisation d'un opéra. Un concours fut organisé, dans le jury duquel figurait notamment Robert Wilson, qui en parla à Jean-Luc Choplin, lequel décida de lancer le Châtelet dans l'aventure. D'autres partenaires financiers néerlandais et maliens se joignirent à eux et la création fut annoncée pour 2006. Elle n'eut finalement lieu qu'en février dernier à Bamako, suivie en juin par des représentations au Festival de Hollande et maintenant par cette création française à Paris.

    Le Mali est par nécessité économique une terre d'émigration. C'est donc autour de ce thème que s'organise le livret. Ancienne enfant soldat très tôt victime des hommes, Bintou Wéré a une volonté aussi ferme que son langage est vert. Enceinte sans trop savoir de qui, elle va être l'âme d'un groupe de femmes et d'hommes de son village qui décident de confier leur sort à un passeur censé les mener à travers le désert jusqu'à la terre promise de Mellila, porte de l'Europe.

    Parcours initiatique en tous domaines, dur cheminement vers l'espoir, merveilleuse énergie de tous ces êtres mus par une même aspiration à connaître le bonheur dans un autre monde. Mais finalement, touchant au but, c'est à leur Afrique natale, à ses cieux immenses et ses arbres à palabre qu'ils resteront fidèles. Volontairement, malgré eux ?

    La fable est très belle, vraiment d'actualité par un curieux jeu de coïncidences. Son traitement littéraire, musical et scénique est beau, poétique, sobrement émouvant, plein de vie et de lumière, sans jamais accentuer un côté couleur locale qui serait ici déplacé. Il y a juste ce qu'il faut pour que l'on croie au désert, à la précarité, mais aussi à l'énergie vitale viscérale des héros, avec de beaux costumes, des danses superbes, une musique aux rythmes et aux harmonies irrésistibles. Volontairement un rien caricaturaux, certains personnages n'en sont pas moins attachants.

    Sonorisation équilibrée

    Les voix, qu'elles chantent ou qu'elles parlent, sont diverses, puissantes, expressives, dans une sonorisation très équilibrée ? un fait si rare à Paris qu'il vaut d'être souligné ! ? qui les met en valeur sans les dénaturer. Les instrumentistes nous régalent de sons pour nous très inhabituels mais qui nous touchent aussi directement que ceux d'un orchestre symphonique classique.

    Tous les interprètes, premiers rôles comme apparitions plus épisodiques, danseurs, choristes et chanteurs sont magnifiques de présence, d'investissement musical et dramatique, de talent. Ils nous entraînent dans ce qui serait un rêve dans un contexte moins dramatique, car ce voyage oscille entre l'irréel, le tragique, l'âpreté, la poésie et même l'humour, comme la brève mais aussi inattendue qu'hilarante intrusion du Paris-Dakar !

    Un spectacle exceptionnel pour une oeuvre hors du commun, sans aucun doute l'une des plus convaincantes tentatives d'opéra du XXIe siècle vues à ce jour.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 25/10/2007
    Gérard MANNONI

    Création française de Bintou Wéré, un opéra du Sahel, de Zé Manel Fortes, Koulsy Lamko et Wasis Diop au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Zé Manel Fortes
    Bintou Wéré, un opéra du Sahel, opéra en deux actes
    Livret de Koulsy Lamko et Wasis Diop

    Chanté en quatre langues : Wolof (Sénégal), Bambara (Mali), Malinké (Guinée), et Créole africain (Guinée-Bissau et autres anciennes colonies portugaises)

    Création française

    Ensemble de musiciens africains sur instruments traditionnels
    Danseurs de la compagnie Jant Bi
    directeur artistique et musical : Wassis Diop
    conseiller musical : Massambou W. Diallo
    metteur en scène : Jean-Pierre Leurs
    costumes et décors : Oumou Sy
    chorégraphie : Germaine Acogny & Flora Théfaine
    éclairages : Jacques Rouveyrolis
    son : Jérémy Darme
    chef des choeurs : Clément Zabsonné

    Avec :
    Djénéba Koné (Bintou Wéré), Ibrahim Loucard (Diallo), Kémoko Condé (Sergent Ndiaye), Abdoulaye Diabaté (Jéli Kouyaté), Yves Thiam (Fata Maya), Zandiougou Konaté (Dramane Zié).

     



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