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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

West Side Story de Jerome Robbins, Arthur Laurents, Stephen Sondheim et Leonard Bernstein, sous la direction de Donald Chan au Théâtre du Châtelet, Paris.

New York au Châtelet
© Marie-Noëlle Robert

David Curry (Tony) et Davinia Rodriguez (Maria).

Doigts qui claquent et ces airs que tout le monde fredonne : West Side Story donne au Châtelet un air de Broadway. Un succès assuré. Cinquante ans après sa création, la plus emblématique des comédies musicales américaines n'a pas pris une ride. À l'heure de l'embrasement des banlieues, son message de fraternité et de tolérance n'a jamais été aussi actuel.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 20/11/2007
Nicole DUAULT
 



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  • Voilà vingt-cinq ans, West Side Story triomphait déjà au Châtelet et Jean-Albert Cartier, alors directeur de la salle, faisait monter sur scène un petit homme à la crinière blanche : Leonard Bernstein. Mardi soir, point de Bernstein, disparu en 1990, mais un tonnerre d'applaudissements pour accueillir cette production 2007.

    Annoncée comme une reprise de la version originale de 1957, un fidèle copié-collé de la comédie musicale, elle en diffère à plus d'un titre. Par le décor déjà, qui s'ouvre sur d'immenses photos en noir et blanc des rues new yorkaises, des gratte-ciels entourés de ces passerelles et échelles de métal typiques de la cité américaine. Les costumes aussi ont été remis au goût du jour.

    La production s'écarte également du célèbre film de Robert Wise, qui déplaisait d'ailleurs au chorégraphe Jerome Robbins (disparu en 1998), qui reprochait au réalisateur d'avoir sacrifié une partie de ses ballets. Sur la scène du Châtelet, ils sont bien là et ont été reconstitués à l'identique, réadaptés par l'un de de ses élèves, Joey McKneely.

    La modernité de la chorégraphie de Robbins, avec des ensembles époustouflants de dynamisme, d'énergie maîtrisée et de beauté formelle, notamment dans les batailles entre les Jets et les Sharks, frappe toujours autant. On se rend compte d'ailleurs à quel point la danse de notre époque s'en est inspirée. Rappelons que c'est Jerome Robbins qui fut à l'origine de West Side Story, rejoint ensuite par Leonard Bernstein, le librettiste Arthur Laurents et le parolier Stephen Sondheim. Ce dernier a écrit un texte d'une extraordinaire concision, et là encore d'une étonnante modernité.

    © Marie-Noëlle Robert

    Voilà cinquante ans, West Side Story avait apporté du sang neuf à la comédie américaine alors enlisée le plus souvent dans des thèmes d'une mièvrerie affligeante. Son sujet tranchait par son originalité, se souvient l'impresario Paul Szilard, aujourd'hui âgé de 95 ans : « Pensez donc à l'arrivée de West Side dans l'univers rose bonbon de Broadway, on ne comptait pas moins de trois meurtres dans la première partie, et la comédie musicale ne se terminait même pas par un happy end ! » L'oeuvre fut d'abord accueillie d'une manière mitigée et avec un brin de circonspection avant de devenir un succès planétaire.

    La production du Châtelet est également placée sur l'orbite du succès jusqu'au 1er janvier. En ce soir de première, elle ne trouve pas immédiatement son rythme et la sonorisation trop forte ne met pas les voix en évidence. Un problème de réglage qui devrait trouver assez vite une solution. Les héros de l'histoire ont été pour la première distribution choisis en raison de leurs qualités vocales.

    Tony est David Curry, chanteur canadien qui a notamment interprété le rôle de Tom Rakewell dans le Rake's Progress de Stravinsky et chanté Hoffmann dans les Contes d'Offenbach. Sa voix colle bien au personnage, mais sans doute est-il, à 35 ans, un peu trop mûr pour cette histoire d'adolescents. Élève de Teresa Berganza, l'Espagnole Davinia Rodriguez est une Maria émouvante. Mais celle qui brûle les planches est l'Anita de Lana Gordon. Cette panthère noire vient de la compagnie de danse Alvin Ailey. Elle est une familière de Broadway où elle a participé au Roi Lion.

    L'autre distribution, plus jeune, devrait davantage jouer sur le rythme. L'orchestre, aux très belles cordes, rend justice à la partition de Bernstein. Et l'on surprend entre swing et mambo déchaînés bien des spectateurs entendre le chant mélancolique de la nostalgie.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 20/11/2007
    Nicole DUAULT

    West Side Story de Jerome Robbins, Arthur Laurents, Stephen Sondheim et Leonard Bernstein, sous la direction de Donald Chan au Théâtre du Châtelet, Paris.
    West Side Story, d'après une idée originale de Jerome Robbins (1957)
    Livret d'Arthur Laurents, paroles de Stephen Sondheim, musique de Leonard Bernstein

    The West Side Story Orchestra
    direction : Donald Chan
    mise en scène et chorégraphie : Jerome Robbins (remontées par Joey McKneely)
    décors : Paul Gallis
    costumes : Renate Schmitzer
    éclairages : Peter Halbsgut
    son : Rick Clarke

    Avec :
    David Curry (Tony), Davinia Rodriguez (Maria), Lana Gordon (Anita), Spencer Howard (Riff), Gabriel Canette (Bernardo).

     



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