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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2020

Récital du ténor Jonas Kaufmann accompagné au piano par Helmut Deutsch au Grand-Théâtre de Bordeaux.

L'irrésistible ascension de Jonas Kaufmann

Avec ce triomphal récital au Grand-Théâtre de Bordeaux, le jeune ténor allemand Jonas Kaufmann vient de confirmer face au public français le tournant que connaît sa carrière internationale. Un immense moment de chant et de musique, à même de rappeler les prestations en récital de certains monstres sacrés de la scène lyrique des années 1950-1960.
 

Grand-Théâtre, Bordeaux
Le 26/11/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Bien sûr, le Grand Théâtre n'était pas plein pour cette première apparition de Jonas Kaufmann à Bordeaux. D'ailleurs, avant les Traviata du Palais Garnier en juin, et hormis le public de Toulouse et de Strasbourg, qui connaissait vraiment en France le ténor allemand dont la carrière atteint pourtant aujourd'hui un développement comparable à celui des Alagna, Alvarez et autres Villazón ?

    À preuve ses engagements pour 2008, qui le mèneront au Metropolitan Opera de New York, à la Scala de Milan, à la Royal Opera House de Covent Garden, à l'Opéra de Chicago, à ceux de Vienne, de Berlin et de Paris, sans oublier Zurich, son port d'attache. Et pour y chanter aussi bien dans la Traviata que la Bohème, Don Carlo que Manon, Fidelio que Carmen, avec le premier choix des partenaires : Anna Netrebko, Natalie Dessay ou Vesselina Kasarova.

    Il devrait même y avoir en 2009 à Munich un premier Lohengrin, sans oublier qu'il a déjà chanté à Zurich ou au Festival d'Edimbourg des rôles lourds comme Parsifal, Walter des Maîtres Chanteurs ou Max du Freischütz. Ce rappel pour dire qu'il est grand temps de s'apercevoir en France de son existence, au-delà de quelques autres apparitions sporadiques.

    Tous ceux, public normal comme professionnels, qui assistaient à ce récital bordelais consacré à Schubert, Britten et Strauss, en sont ressortis sous le choc. On n'avait certainement rien entendu de semblable depuis la grande époque des années 1950-1960, celle des Fischer-Dieskau, Schwarzkopf, Seefried ou Wunderlich, époque où seuls les chanteurs d'opéra sachant comment se chante la mélodie osaient aborder ce répertoire très spécifique.

    Jonas Kaufmann est dans cet héritage. La voix est belle, on le savait, puissante, on le savait aussi, mais surtout absolument malléable, répondant avec la plus absolue fidélité aux moindres intentions de l‘interprète, passant des sons les plus ténus aux plus puissants, utilisant au besoin la voix de tête sans pour autant détimbrer, avec une aisance et un naturel confondants.

    Dès lors, la traduction des univers aussi variés que ceux de la trop rare Bürgschaft de Schubert, des Sept Sonnets de Michel-Ange de Britten et d'un choix de Lieder de Richard Strauss nous est donnée dans sa totalité, texte, musique, avec un comportement scénique en permanence expressif sans la moindre touche de sophistication ni d'artifice. Kaufmann semble arriver sur scène pour nous raconter des histoires, comme si c'était la chose la plus aisée et la plus facile du monde, comme un ami vous faisant partager ses émotions.

    C'est à la fois émouvant, exceptionnel et assez phénoménal. Alors, devant un art aussi accompli ajouté à ce physique de jeune premier romantique que Paris découvrit en Alfredo-Théo Sarapo, on comprend très bien comment et pourquoi le calendrier du ténor est si avantageusement rempli dans les mois et les années qui viennent.

    Ajoutons encore qu'il avait pour partenaire l'un des princes du monde des accompagnateurs en la personne de Helmut Deutsch, présence à la fois fondamentale et complémentaire, qui fut notamment – ce ne peut être un hasard – l'accompagnateur d'Irmgard Seefried et est encore celui de toutes les plus grandes voix actuelles.




    Grand-Théâtre, Bordeaux
    Le 26/11/2007
    Gérard MANNONI

    Récital du ténor Jonas Kaufmann accompagné au piano par Helmut Deutsch au Grand-Théâtre de Bordeaux.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Die Bürgschaft, D. 246

    Benjamin Britten (1913-1976)
    Michelangelo-Sonette, op. 22

    Richard Strauss (1864-1949)
    Schlichte Weisen (extraits des cinq Lieder op. 21)
    Sehnsucht
    Nachtgang
    Freundliche Vision
    Ich liebe dich
    4 Lieder op. 27 :
    Heimliche Aufforderung
    Ruhe meine Seele
    Morgen
    Caecilie

    Jonas Kaufmann, ténor
    Helmut Deutsch, piano

     


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