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CRITIQUES DE CONCERTS 22 mai 2018

Requiem de Verdi sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.

Toulouse triomphe à Pleyel

Avec une brillante interprétation du Requiem de Verdi, l'Orchestre national du Capitole de Toulouse et son chef Tugan Sokhiev, ainsi que le célèbre choeur espagnol Orfeón Donostiarra ont remporté un beau triomphe salle Pleyel. Une grande soirée qui est aussi l'occasion d'une révélation : celle de la soprano russe Tatiana Serjan.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 16/12/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Malgré sa popularité et aussi à cause d'elle, le Requiem de Verdi est une oeuvre piège. De celle que l'on a si souvent entendues défendues par les plus grands interprètes, que chacun a reconstitué dans sa propre mémoire une sorte d'interprétation idéale, amalgame par exemple entre Sabata, Giulini, Karajan et Muti au pupitre, sans parler des parties de solistes marquées par les plus incroyables voix du XXe siècle.

    Il faut donc beaucoup de courage et de talent pour s'y imposer vraiment, surtout devant un public parisien aussi nombreux que celui qui emplissait dimanche en matinée la salle Pleyel. Mission remplie par les musiciens toulousains et leurs complices, le choeur Orfeón Donostiarra, grand spécialiste de cette partition qu'il chante partout dans le monde, ainsi qu'un quatuor vocal de qualité bien qu'un peu inégal.

    Le premier artisan de cette réussite est le chef Tugan Sokhiev, décidément une belle trouvaille de Nicolas Joel qui lui a confié les destinées de l'Orchestre national du Capitole sous le label de « chef principal invité et conseiller musical ». C'est fou ce que l'on aura inventé comme termes ces dernières années pour ne pas reconnaître qu'aujourd'hui un chef de grand talent ne peut plus se consacrer entièrement à une seule formation ni à un seul théâtre ! Alors on tourne autour des termes, pour n'empiéter ni sur la liberté du chef ni sur les prérogatives du directeur. Et cela est vrai dans une majorité de maisons d'opéra de par le monde. Bref, Tugan Sokhiev a encore confirmé sa forte personnalité.

    Trahi seulement par l'acoustique si sonore de la salle qui donne par instant trop de prépondérance à l'impact des choeurs, ceux-ci étant situés derrière mais bien au-dessus de l'orchestre, il sait ménager les solistes, mettre en relief tout ce qui est subtil dans cette partition, modeler les phrasés, trouver les bonnes inflexions, les bons accents et jouer très intelligemment avec les contrastes de rythme et de dynamique, le tout dans une grande lisibilité et une vraie clarté.

    C'est un très beau travail d'analyse, animé d'un élan dont la vigueur ne nuit jamais à la sensibilité. L'orchestre le suit avec une confiance et une concentration remarquables, ce qui n'est pas une surprise de la part de cette toujours excellente formation. Qui n'a pas un jour entendu l'Orfeón Donostiarra dans le Requiem de Verdi ? C'est la spécialité de ce choeur illustre qui y déploie des splendeurs sonores et une précision difficilement égalables.

    Côté solistes, on découvre avant tout la très belle voix de la soprano pétersbourgeoise Tatiana Serjan. Timbre clair, franc, émission stable sur toute la tessiture et si bien en place que le son passe en toutes circonstances sans que les moyens soient pour autant ceux de ce que l'on appelle une grande voix. Musicalité, sens de l'interprétation, tout y est.

    Dolora Zajick sait quant à elle très bien contrôler l'ampleur d'une voix à qui l'on a parfois reproché dans les grands rôles de mezzo verdien un certain manque de subtilité. Ici, elle n'abuse jamais de sa puissance naturelle, ni de la voix de poitrine, trouvant au contraire de très belles nuances mezzo-forte ou piano.

    Le ténor américain Stuart Neill a beaucoup de facilités en tous domaines et domine sa difficile partie sans effort, même si l'on peut préférer un timbre plus ensoleillé et un type de phrasé un peu plus affiné. Déception en revanche avec la basse italienne Carlo Colombara, voix terne et sans assez de projection pour exister à côté de pareils partenaires. Dommage !

    Un Requiem de fort tenue néanmoins, exemplaire du remarquable travail musical effectué à Toulouse.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 16/12/2007
    Gérard MANNONI

    Requiem de Verdi sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Messa da Requiem

    Tatiana Serrjan, soprano
    Dolora Zajick, mezzo-soprano
    Stuart Neill, ténor
    Carlo Colombara, basse

    Choeur Orfeón Donostiarra
    Orchestre national du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev

     


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