altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Requiem de Verdi sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.

Toulouse triomphe à Pleyel

Avec une brillante interprétation du Requiem de Verdi, l'Orchestre national du Capitole de Toulouse et son chef Tugan Sokhiev, ainsi que le célèbre choeur espagnol Orfeón Donostiarra ont remporté un beau triomphe salle Pleyel. Une grande soirée qui est aussi l'occasion d'une révélation : celle de la soprano russe Tatiana Serjan.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 16/12/2007
Gérard MANNONI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Demi-fresque

  • Carnage light

  • Construire un toit

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Malgr√© sa popularit√© et aussi √† cause d'elle, le Requiem de Verdi est une oeuvre pi√®ge. De celle que l'on a si souvent entendues d√©fendues par les plus grands interpr√®tes, que chacun a reconstitu√© dans sa propre m√©moire une sorte d'interpr√©tation id√©ale, amalgame par exemple entre Sabata, Giulini, Karajan et Muti au pupitre, sans parler des parties de solistes marqu√©es par les plus incroyables voix du XXe si√®cle.

    Il faut donc beaucoup de courage et de talent pour s'y imposer vraiment, surtout devant un public parisien aussi nombreux que celui qui emplissait dimanche en matinée la salle Pleyel. Mission remplie par les musiciens toulousains et leurs complices, le choeur Orfeón Donostiarra, grand spécialiste de cette partition qu'il chante partout dans le monde, ainsi qu'un quatuor vocal de qualité bien qu'un peu inégal.

    Le premier artisan de cette r√©ussite est le chef Tugan Sokhiev, d√©cid√©ment une belle trouvaille de Nicolas Joel qui lui a confi√© les destin√©es de l'Orchestre national du Capitole sous le label de ¬ę chef principal invit√© et conseiller musical ¬Ľ. C'est fou ce que l'on aura invent√© comme termes ces derni√®res ann√©es pour ne pas reconna√ģtre qu'aujourd'hui un chef de grand talent ne peut plus se consacrer enti√®rement √† une seule formation ni √† un seul th√©√Ętre ! Alors on tourne autour des termes, pour n'empi√©ter ni sur la libert√© du chef ni sur les pr√©rogatives du directeur. Et cela est vrai dans une majorit√© de maisons d'op√©ra de par le monde. Bref, Tugan Sokhiev a encore confirm√© sa forte personnalit√©.

    Trahi seulement par l'acoustique si sonore de la salle qui donne par instant trop de prépondérance à l'impact des choeurs, ceux-ci étant situés derrière mais bien au-dessus de l'orchestre, il sait ménager les solistes, mettre en relief tout ce qui est subtil dans cette partition, modeler les phrasés, trouver les bonnes inflexions, les bons accents et jouer très intelligemment avec les contrastes de rythme et de dynamique, le tout dans une grande lisibilité et une vraie clarté.

    C'est un très beau travail d'analyse, animé d'un élan dont la vigueur ne nuit jamais à la sensibilité. L'orchestre le suit avec une confiance et une concentration remarquables, ce qui n'est pas une surprise de la part de cette toujours excellente formation. Qui n'a pas un jour entendu l'Orfeón Donostiarra dans le Requiem de Verdi ? C'est la spécialité de ce choeur illustre qui y déploie des splendeurs sonores et une précision difficilement égalables.

    C√īt√© solistes, on d√©couvre avant tout la tr√®s belle voix de la soprano p√©tersbourgeoise Tatiana Serjan. Timbre clair, franc, √©mission stable sur toute la tessiture et si bien en place que le son passe en toutes circonstances sans que les moyens soient pour autant ceux de ce que l'on appelle une grande voix. Musicalit√©, sens de l'interpr√©tation, tout y est.

    Dolora Zajick sait quant √† elle tr√®s bien contr√īler l'ampleur d'une voix √† qui l'on a parfois reproch√© dans les grands r√īles de mezzo verdien un certain manque de subtilit√©. Ici, elle n'abuse jamais de sa puissance naturelle, ni de la voix de poitrine, trouvant au contraire de tr√®s belles nuances mezzo-forte ou piano.

    Le t√©nor am√©ricain Stuart Neill a beaucoup de facilit√©s en tous domaines et domine sa difficile partie sans effort, m√™me si l'on peut pr√©f√©rer un timbre plus ensoleill√© et un type de phras√© un peu plus affin√©. D√©ception en revanche avec la basse italienne Carlo Colombara, voix terne et sans assez de projection pour exister √† c√īt√© de pareils partenaires. Dommage !

    Un Requiem de fort tenue néanmoins, exemplaire du remarquable travail musical effectué à Toulouse.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 16/12/2007
    Gérard MANNONI

    Requiem de Verdi sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Messa da Requiem

    Tatiana Serrjan, soprano
    Dolora Zajick, mezzo-soprano
    Stuart Neill, ténor
    Carlo Colombara, basse

    Choeur Orfeón Donostiarra
    Orchestre national du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com