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CRITIQUES DE CONCERTS 18 avril 2019

Albert Herring de Britten à l'Opéra National de Lyon.

Un grand prix de vertu
© G. Ansellem

L'Opéra National de Lyon donne une vision rafraîchissante et réjouissante de la comédie lyrique de Britten. Seul le rôle titre manque un peu de carrure.
 

Opéra national, Lyon
Le 21/05/2000
Gérard CORNELOUP
 



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  • Albert Herring occupe une place à part dans la production lyrique de Britten : cette adaptation anglicisée d'une amusante nouvelle de Maupassant (" Le rosier de Madame Husson ") brode sur une histoire de (vrai) jeune homme un peu niais. Lors d'une élection de Rosière (1), des notables le choisissent comme "Rosier" faute de jeune fille. C'est pour Britten et son librettiste Eric Crozier, l'occasion de railler la pruderie, la petitesse et les travers habituels de la bonne petite bourgeoisie anglaise. Britten procède avec une plume fine, incisive et variée mais qui reste néanmoins un peu trop souvent en surface et s'étire un brin. Du moins contient-elle de très beaux moments, à commencer par les traditionnels interludes et plusieurs ensembles superbement conduits. L'autre versant de cet ouvrage, concentré dans le dernier acte, détaille la fugue d'Albert qui refuse ce "sacre virginal", fait une fugue et, revenant complètement changé, en profite pour dire son fait à chacun, à commencer par sa mère abusive. L'adolescent est devenu un homme.
    La réussite du travail scénique réalisé par le jeune Lyonnais Michel Raskine - qui aborde là pour la première fois le théâtre lyrique- est d'avoir su traiter ces deux aspects de l'ouvrage avec la même aisance et le même soin, sans hiatus aucun. En un premier temps, dans les décors délicieusement rétros d'Antoine Dervaux - l'intrigue se situe dans l'Angleterre de 1953, toute occupée à couronner sa nouvelle reine -, il trace un portrait décapant mais plein d'humour de ce Clochemerle made in England. Dans une seconde période, il apure son trait, aiguise son regard et enveloppe l'intrigue dans un horizon aussi clos que dénudé et grisâtre, d'où seule surnage la silhouette des jeunes gens du village, alors que les "notables" ont disparu. Tout cela fonctionne à merveille sous la baguette élégante et racée de Laurent Gay à la tête de l'orchestre maison en grande forme, et d'une distribution juvénile puisant largement dans la troupe. Mis à part de rôle éponyme supporté par de trop frêles épaules, tous les jeunes artistes s'avèrent aussi bons chanteurs qu'excellents comédiens. Un moment de réel bonheur, même s'il ne s'agit pas là d'un Britten de première magnitude.




    Opéra national, Lyon
    Le 21/05/2000
    Gérard CORNELOUP

    Albert Herring de Britten à l'Opéra National de Lyon.
    Albert Herring de Benjamin Britten (en version française)
    orchestre de l'Opéra National de Lyon
    Direction : Laurent Gay
    mise en scène : Michel Raskine
    décors : Antoine Dervaux
    costumes : Josy Lopez
    Avec Michèle Lagrange (Lady Billows), Fabrice Dalis (Albert), Philippe Georges (Mister Gedge), Stéphane Degout (Sid), Christophe Fel (Budd), Hélène Le Corre (Miss Wordsworth), Sophie Haudebourg (Emmie).

     


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