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CRITIQUES DE CONCERTS 28 septembre 2020

Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Pinchas Steinberg à la salle Pleyel, Paris.

Une Patrie germanisante

Parmi les premiers concerts suivant la traditionnelle trêve des confiseurs, l'apparition de Pinchas Steinberg à la tête de l'Orchestre de Paris aura été l'occasion de confirmer le regain de popularité du cycle symphonique Ma Patrie de Smetana. Une exécution qui, à défaut d'une vraie atmosphère Mitteleuropa, bénéficie d'une trame dramatique parfaitement huilée.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 09/01/2008
Yannick MILLON
 



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  • Dr√īle d'id√©e, en forme d'abondance de biens dans une p√©riode post-f√™tes g√©n√©ralement frugale, que d'avoir ajout√© √† l'unit√© d'un cycle Ma Patrie de Smetana se suffisant parfaitement √† lui-m√™me le Carnaval de Dvoř√°k, m√™me si ce dernier est sans doute id√©al pour d√©buter un programme symphonique et malgr√© son appartenance √† un triptyque, aux c√īt√©s des ouvertures Dans la nature et Otello.

    Brillant, rutilant m√™me, avec ses rythmes endiabl√©s, la fr√©n√©sie de son furiant qui en fait une danse slave √† grande √©chelle, ce Carnaval b√©n√©ficie en sa partie centrale de la belle individualisation des bois de l'Orchestre de Paris ¬Ė le cor anglais ¬Ė et d'un v√©ritable apaisement qui jamais ne rime avec alanguissement. M√™me si dans les √©pisodes survolt√©s, Daniel Klajner avait √©t√© √† notre sens plus loin dans l'exaltation en raison d'une finition orchestrale sup√©rieure, Steinberg se sort de l'exercice sans tapage inutile.

    Dans le manifeste national Má Vlast de Smetana, ultime chef-d'oeuvre d'un compositeur devenu totalement sourd et rongé par la maladie, le chef israélien, qui dirige de mémoire, ne cherche jamais la verdeur des sonorités tchèques typiques, les ambiances Europe centrale dont foisonne pourtant la partition, mais unifie la dramaturgie du cycle comme celle d'un opéra, avec une continuité toute germanique dans son arche, évoquant souvent le kaléidoscope sonore d'un Richard Strauss.

    Optique parfaitement d√©fendable au demeurant, qui ose m√™me de saisissants contrastes internes jamais nuisibles √† la trame d'ensemble ¬Ė Par les pr√©s et bois de Boh√™me ¬Ė, bien que l'on ait connu Vy¬öehrad aux harpes plus caressantes et √©vocatrices, ¬ä√°rka plus tenues dans leur course √† l'ab√ģme finale. De m√™me, le geste parfois crisp√© de Steinberg engendre une pr√©cision orchestrale trop souvent perfectible dans le d√©tail de la virtuosit√© sinon dans les blocs sonores en valeurs longues de T√°bor ou la sinuosit√© d√©licate des fl√Ľtes de la Moldau, mais l'ensemble poss√®de le souffle et la grandeur √©pique n√©cessaires.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 09/01/2008
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Pinchas Steinberg à la salle Pleyel, Paris.
    Anton√≠n Dvoř√°k (1841-1904)
    Karneval, ouverture op. 92 (1891)

    Bedřich Smetana (1824-1884)
    M√° Vlast, cycle symphonique (1882) :
    Vy¬öehrad
    Vltava
    Šárka
    Z česk√Ĺch luhů a h√°jů
    T√°bor
    Blaník

    Orchestre de Paris
    direction : Pinchas Steinberg

     


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