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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

Reprise de l'Elektra de Strauss mise en scène par Stéphane Braunschweig, sous la direction de Daniel Klajner à l'Opéra du Rhin, Strasbourg.

Un suffocant huis clos
© Alain Kaiser

Janice Baird (Elektra) et Jadwiga Rappé (Clytemnestre).

Au coeur d'une saison musicale passionnante, l'Opéra du Rhin affiche la reprise de l'Elektra de Stéphane Braunschweig, débarrassée de tout oripeau expressionniste en faveur d'un huis clos suffocant qui sert au mieux le drame antique. Une solide distribution et la direction cinglante de Daniel Klajner participent à la réussite de l'ensemble.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 20/01/2008
Yannick MILLON
 



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  • DĂ©jĂ  largement commentĂ©e dans ces colonnes en 2002, l'Elektra de StĂ©phane Braunschweig n'a pas pris une ride. Sans outrances, dĂ©pouillĂ©e, Ă©purĂ©e, touchant Ă  la substantifique moelle de la dramaturgie de Sophocle et Hofmannsthal, la mise en scène atteint Ă  un souverain Ă©quilibre Ă  l'antique, loin de toute tentation expressionniste.

    Sur un dispositif scénique quasi nu, où la baignoire du meurtre d'Agamemnon et une chaise à l'avant-scène font écho à la chambre de Clytemnestre, dévoilée par l'éclairage et un tulle le moment venu au fond de scène, Braunschweig concentre avec un maximum d'acuité la suite de confrontations à deux personnages qui tisse le fil conducteur du livret.

    Les éclairages rasants et latéraux, un décor noir bakélite, le pan de mur de la chambre nuptiale dans un rouge Jugendstil et le somptueux costume d'Égisthe tout droit sorti de Klimt participent à une scénographie on ne peut plus efficace, où la direction d'acteurs à la fois vivante et économe du Français a pleine latitude pour s'affirmer.

    © Alain Kaiser

    Parfaite réponse à la partie scénique, la direction cursive, exceptionnellement vive de Daniel Klajner atteint à la même unité de progression dramatique dans un parfait équilibre, à l'aide de timbres cinglants et d'une cohorte de détails d'orchestration fuyants, mis en valeur en surimpression de la fresque d'ensemble. De son côté, l'Orchestre philharmonique de Strasbourg confirme, comme à la salle Pleyel dans Salomé, qu'il est nettement plus à son aise dans Strauss que dans Wagner.

    La distribution est quant à elle d'un bon niveau global. Confirmant le début d'usure des moyens entrevu en princesse de Judée, Janice Baird demeure d'une présence magnétique, bête de scène qui fait corps avec la tragédie, bouge avec aisance et sait captiver d'un seul regard. Et si l'on a connu Elektra plus vulnérables, elle reste parfaite dans le caractère blindé, monomaniaque du rôle-titre. Malheureusement, le matériau vocal, de moins en moins souple, affiche certaines défaillances à force d'une fréquentation trop lourde de rôles inhumains.

    Une Elektra qui a perdu en souveraineté

    Il faut ainsi à l'Américaine une bonne demi-heure pour se libérer d'une émission contrainte et rentrée, d'une diction pâteuse et d'aigus péniblement émis trop bas – le monologue initial. De même, la nuance piano la voit presque systématiquement en difficulté, et elle ne tente plus aujourd'hui le si aigu final qu'elle dardait naguère à Toulouse avec la rage d'une Astrid Varnay. Une interprétation à l'arrachée, toujours aussi impressionnante mais qui a perdu en souveraineté vocale.

    Nancy Weissbach fait valoir en Chrysothémis une belle accroche, mais l'aigu, souvent écourté et préparé par de micro respirations, reste par trop déconnecté de la couleur globale et trop vrillant pour emporter l'adhésion et affirmer une véritable personnalité. Loin des furies, Jadwiga Rappé campe une Clytemnestre tout sauf monstrueuse, personnage complexe qu'on sent rongé par le remords, chantant toutes les notes – et jamais en Sprechgesang – d'une partie à laquelle elle confère une rare humanité, avec une couleur de beau mezzo d'antan.

    Côté masculin enfin, Jason Howard est un Oreste au matériau avantageux, définition même du grand baryton-basse, sans doute encore un rien vert mais surtout relativement glacé, privilégiant l'autisme d'un personnage solitaire face à un destin chargé, et Wolfgang Ablinger-Sperrhacke réussit un Égisthe proche de la perfection, au timbre idéal d'acuité et à la diction très accrocheuse.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 20/01/2008
    Yannick MILLON

    Reprise de l'Elektra de Strauss mise en scène par Stéphane Braunschweig, sous la direction de Daniel Klajner à l'Opéra du Rhin, Strasbourg.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Elektra, tragédie en un acte (1909)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal d'après Sophocle

    Orchestre philharmonique de Strasbourg
    direction : Daniel Klajner
    mise en scène et décors : Stéphane Braunschweig
    costumes : Thibault Vancraenenbroeck
    Ă©clairages : Marion Hewlett

    Avec :
    Janice Baird (Elektra), Nancy Weissbach (Chrysothemis), Jadwiga Rappé (Klytämnestra), Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Aegisth), Jason Howard (Orest), Yves Ernst (Der Pfleger von Orest), Sophie Angebault (Die Aufseherin), Agnieszka Slawinska (Die Vertraute), Mayuko Yasuda (Die Schleppträgerin), Edmundas Seilius (Ein junger Diener), Jesús de Burgos (Ein alter Diener), Marie-Noële Vidal (Erste Magd), Clara Hendrick (Zweite Magd), Karine Motyka (Dritte Magd), Laure Delcampe (Vierte Magd), Marie-Paule Dotti (Fünte Magd).

     



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