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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2018

Nouvelle production de Véronique de Messager mise en scène par Fanny Ardant et sous la direction de Jean-Christophe Spinosi au Théâtre du Châtelet, Paris.

Pimpante Véronique
© Marie-Noëlle Robert

Dietrich Henschel (Florestan) et Amel Brahim-Djelloul (Véronique).

L'heure est aux redécouvertes. Après l'Étoile de Chabrier à l'Opéra-Comique, Véronique de Messager nous entraîne dans une musique légère, d'un adorable brio rétro. Même si le résultat n'est pas toujours à la hauteur des espérances, bravo aux directeurs de la salle Favart et du Châtelet pour ressusciter ces trésors enfouis dans nos mémoires.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 21/01/2008
Nicole DUAULT
 



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  • Elle va, chemine, elle va trottine, cette Véronique. Sans âne, sinon une image vidéo dans le lointain de la scène, mais avec une inévitable escarpolette, elle nous fait fondre de charme. Fanny Ardant, dont c'est la première mise en scène d'opéra, a joué la modestie. Rien de spectaculaire, et l'on aimerait d'ailleurs que les mouvements de foule soient moins attendus.

    L'actrice française s'est réfugiée derrière des décors et costumes magnifiques, qui réinventent l'oeuvre comme l'a ressuscitée le romancier, journaliste et critique Benoît Duteurtre, en la situant non pas à la fin du XIXe siècle mais dans les années 1950. Robes somptueuses de la magnificence de Dior, de Balmain, de Givenchy, de Chanel enrichissent les décors splendides de l'Américain Ian Falconer, collaborateur de David Hockney et illustrateur de livres pour enfants, dont le célèbre Olivia.

    Il s'amuse d'innombrables clins d'?il à Watteau ? l'Embarquement pour Cythère ?, à la peinture impressionniste, à Bonnard. On pense encore aux illustrateurs mondains tel Boldini. Il joue de trompe-l'?il qui nous enchantent. Ainsi voit-on lors du bal à l'Opéra des images de personnages dévalant l'escalier de Garnier qui entrent en scène quelques secondes plus tard.

    © Marie-Noëlle Robert

    Tout cela est très joliment réalisé, avec des interprètes d'une élégante vivacité. Les femmes surtout : la ravissante Amel Brahim-Djelloul prête sa silhouette de tanagra et sa voix adorable à Véronique. Était-il -il indispensable de lui apporter un soutien acoustique ? Drolatique, Ingrid Perruche est une épatante Agathe Coquenard, tandis que Doris Lamprecht (Ermerance de Champ d'Azur) montre un abattage de grande comédienne. Du côté des hommes, Gilles Ragon (Jacques Loustot) est égal à lui même. Quant à Dietrich Henschel, on l'aimerait plus enjoué et en voix moins défaite en Florestan.

    La vraie déception vient toutefois de l'orchestre un Ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi à la fois trop présent et souvent absent mais surtout en perpétuel décalage. On avait aimé sa contribution au succès de la reprise d'Alcina de Haendel au Palais Garnier, où il semblait dans son élément. Mais de toute évidence, la musique légère de Messager n'est pas pour lui.

    Il ne sait pas mettre en valeur cette pièce d'allégresse qui se joue, apparemment, comme on respire. Sans prétention mais avec rigueur et esprit. En cette soirée de première se trouvait un spectateur particulièrement attentif, fan de Messager, le grand ténor de caractère Michel Sénéchal. Ravi d'entendre cette Véronique, il songeait à une autre oeuvre de Messager, l'adorable Fortunio, d'après Musset, qui possède bien plus de consistance musicale.

    Alors, M. Choplin, directeur du Châtelet, quand monterez-vous Fortunio, autre pièce d'un patrimoine en péril ?




    Théâtre du Châtelet, jusqu'au 31 janvier.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 21/01/2008
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de Véronique de Messager mise en scène par Fanny Ardant et sous la direction de Jean-Christophe Spinosi au Théâtre du Châtelet, Paris.
    André Messager (1853-1929)
    Véronique, opéra-comique en trois actes
    Livret d'Albert Vanloo et Georges Duval, adapté par Benoît Duteurtre

    Choeur du Théâtre du Châtelet
    Ensemble Matheus
    direction : Jean-Christophe Spinosi
    mise en scène : Fanny Ardant
    décors : Ian Falconer
    costumes : Dominique Borg
    éclairages : Roberto Venturi
    chorégraphie : Natalie van Parys

    Avec :
    Amel Brahim-Djelloul (Véronique (Hélène de Solanges)), Dietrich Henschel (Florestan de Valaincourt), Ingrid Perruche (Agathe Coquenard), Doris Lamprecht (Ermerance de Champ d'Azur), Laurent Alvaro (Evariste Coquenard), Gilles Ragon (Loustot), Sébastien Guèze (Séraphin), Catherine Hosmalin (Tante Benoît).

     



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