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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2019

Hervé Niquet dirige Didon et Enée à l'Auditorium des Halles, Paris.

Enterrement de seconde classe pour Didon
© Eric Sebbag

Pour sa première lecture du chef-d'oeuvre d'Henri Purcell, Hervé Niquet se paye un joli contresens dramatique.
 

Auditorium des Halles, Paris
Le 07/06/2000
Philippe VENTURINI
 



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  • C'était pourtant indiqué sur le programme, il suffisait de le lire : Didon et Enée, opéra dramatique sur un livret de Nahum Tate. Hervé Niquet a manifestement mal interprété ou oublié le qualificatif. Bien malin en effet qui pouvait suivre, dans cette version de concert, la courbe dramatique descendante de l'opéra de Purcell ou qui pouvait deviner cette tragédie de l'amour blessé qui s'achève par la mort de l'héroïne. Pas un frémissement, pas un soupçon d'angoisse. Pas un nuage ne vient obscurcir le ciel de Carthage. Hervé Niquet et ses musiciens ont préféré au drame une lecture imperturbable, colorée de quelques gags : les sorcières du deuxième acte, les marins du troisième. Mais ces interventions, au lieu de faire basculer le récit vers l'obscurité, ne font que distraire et amuser le public. Contresens absolu. L'humour a naturellement sa place Didon et Enée mais comme aiguillon du drame pas comme décoration burlesque.
    Si Niquet imprime une certaine noblesse dans sa conduite orchestrale, l'acoustique implacablement sèche de l'auditorium ne manque à souligner aucun défaut de justesse et de cohésion d'ensemble (manque de répétition ?). Dans ce lieu, l'absence de contrebasse -fidèlement à l'orchestre de Purcell- se traduit par un son plutôt aigre et dépourvu d'assise. La distribution vocale est boiteuse faute d'une Didon d'une envergure dramatique suffisante. Elle semble aussi concernée par sa mort que d'autres à la lecture de la rubrique des chiens écrasés dans un quotidien. Salomé Haller, radieuse de voix comme de tempérament et l'intéressant contre-ténor Canadien Matthew White ne suffisent pas à rétablir l'équilibre. Le choeur est lui aussi d'une excellente tenue, mais cela ne suffit pas à sauver ce Didon obséquieux mais peu funeste.




    Auditorium des Halles, Paris
    Le 07/06/2000
    Philippe VENTURINI

    Hervé Niquet dirige Didon et Enée à l'Auditorium des Halles, Paris.
    Henry Purcell
    Come ye Sons of Art, ode pour le trente-troisième anniversaire de la reine Mary II
    Marie-Louise Duthoit (soprano), Matthew White, Frédéric Betous (contre-ténors), Ronan Nédelec (baryton)
    Didon et Enée, opéra dramatique sur un livret de Nahum Tate
    Laura Pudwell (Didon), Ronan Nédelec (Enée), Salomé Haller (Belinda et la première sorcière), Marie-Louise Duthoit (la deuxième dame et la deuxième sorcière), Nicolas Maire (le marin), Matthew White (l'esprit), Le Concert Spirituel, Hervé Niquet (direction).

     


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