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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Récital du ténor Rolando Villazón accompagné par l'Orchestre Philharmonique de Prague sous la direction de Daniele Callegari dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Le retour du fils prodigue
© Ana Bloom

Le concert de Rolando Villazón au Théâtre des Champs-Élysées était d'autant plus attendu qu'il marquait la rentrée parisienne du ténor après six mois de repos vocal forcé. Des retrouvailles enflammées avec une personnalité, un musicien, une voix d'une générosité rare à notre époque, mais à laquelle nous confessons rester insensible.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 28/01/2008
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Que les admirateurs de Rolando Villazón qui n'ont pu assister au concert de rentrée, complet depuis des mois, de leur idole, soient rassurés, le ténor désormais franco-mexicain a recouvré ses moyens vocaux après six mois de repos forcé. Mais nous devons en toute subjectivité avouer notre totale imperméabilité à cette générosité qui transpire de la moindre note émise par ce fougueux gosier.

    Est-ce dû, dans le désordre, à ce timbre qui nous a toujours paru artificiellement assombri, et qui l'est davantage encore dans une première partie résolument vériste, composée d'airs dans lesquels se sont illustrés des ténors spinti à la vocalité naturellement plus musclée ? À ce legato à ce point coulé dans le bronze qu'il en devient asphyxiant ? À cette approche fulgurante du texte musical, et en définitive assez univoque jusque dans ses nuances, qui laisse à peine le temps de compatir aux maux dont souffrent des héros assurément torturés, pour peu qu'on les identifie, et encore moins de mesurer l'incontestable rareté de certaines pages débusquées par le ténor ? qui peut se vanter d'avoir entendu Il Figliuol Prodigo d'Amilcare Ponchielli et Fosca du brésilien Antonio Carlos Gomes, créée à la Scala en 1873, dans leur intégralité ?

    Trente-cinq minutes qui en paraissent dix, la première partie nous aura en somme laissé aussi admiratif devant des qualités dont on ne peut nier l'impact immédiat que dubitatif face à un personnage paradoxalement insaisissable dans son désir apparent de vouloir tout donner.

    Presque entièrement consacrée à Verdi, la deuxième partie restitue le ténor à des tessitures plus lyriques qui lui conviennent a priori davantage, mais révèle les tensions d'une émission sous pression. La couverture prononcée du médium, contrebalancée par quelques voyelles exagérément éclaircies, tend ainsi à diminuer l'éclat de l'aigu, d'une ardeur combative, mais jamais solaire.

    S'il manque de désinvolture vocale, le Questo e quella du Duc de Mantoue est détaillé avec l'art d'un vrai comédien, mais ce musicien d'instinct supérieur, jamais à court de nuances ? la mezza voce extatique de Quando le sere al placido ?, fait brûler Gabriele Adorno de Simon Boccanegra, Rodolfo de Luisa Miller, et Paolo de la Fosca de Gomez du feu d'une passion générique, ce que nous avons d'autant plus mauvaise grâce de souligner que le concert est une épreuve redoutable à cet égard, et que les vrais tempéraments sont rares en cette époque édulcorée.

    Don de soi

    Le timbre chaud, viril, juvénile de Rolando Villazón et ce don de soi, ce plaisir de chanter ne valent-ils pas cent fois mieux que les sourires crispés de Natalie Dessay la semaine dernière sur la même scène, avec en prime un Orchestre Philharmonique de Prague rutilant sous la baguette diligente de Daniele Callegari ?

    Le public ne s'y trompe pas, qui fait à son ténor favori un triomphe digne du cirque, avec force cris, l'un réclamant Werther, l'autre l'Élixir d'amour. Ce seront finalement Giunto sul passo estremo, extrait de Mefistofele d'Arrigo Boito, O Sole moi, et enfin Granada. Le Théâtre des Champs-Élysées se lève comme un seul homme, hormis quelques irréductibles insensibles dont nous regrettons sincèrement de faire partie.

    Avouons enfin notre lassitude de voir les chanteurs condamnés par les lois du marketing à reproduire en concert le programme de leurs disques récemment parus, ou à paraître. Le premier récital de Rolando Villazón chez Deutsche Grammophon sort début mars. Nous l'avons reçu la semaine dernière. Devinez le programme !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 28/01/2008
    Mehdi MAHDAVI

    Récital du ténor Rolando Villazón accompagné par l'Orchestre Philharmonique de Prague sous la direction de Daniele Callegari dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Amilcare Ponchielli (1834-1886)
    Prélude et Cielo e Mar, extraits de La Gioconda
    Francesco Cilea (1866-1950)
    Intermezzo, La dolcissima effigie, L'anima ho stanca, extraits d'Adriana Lecouvreur
    Ruggero Leoncavallo (1857-1919)
    Intermezzo, extrait de Pagliacci
    Amilcare Ponchielli
    Il Padre, extrait de Il Figliuol prodigo
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Sinfonia, extraite de Nabucco
    Questo e quella, extrait de Rigoletto
    O inferno, extrait de Simon Boccanegra
    Prélude, extrait de Rigoletto
    O fede negar potessi, extrait de Luisa Miller
    Antonio Carlos Gomez (1836-1896)
    Intenditi con Dio, extrait de Fosca

    Rolando Villazón, ténor

    Orchestre Philharmonique de Prague
    direction : Daniele Callegari

     


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